MADAGASCAR. — TUBERCULOSE
À chaque léproserie est attenant un périmètre de terrains suffisants pour permettre à tous les malades valides de travailler la terre et de s'occuper. Chaque lépreux est tenu d'assurer les divers services intérieurs et de travailler à la culture des rizières et des terrains de la léproserie. C'est d'ailleurs un véritable village avec la même administralion indigène que tout autre. Les lépreux nomment parmi eux leur gouverneur et leur mpiadidy chargés de les représenter auprès du chef de la circonscription dans laquelle se trouve comprise la léproserie,
Le médecin européen, inspecteur de l'assistance médicale de la province, est chargé de tout ce qui n’est pas administratif. Il vient de temps en temps inspecter la léproserie que dirige un médecin indigène y résidant, et assisté d'un nombre variable d’infirmiers recrutés parmi les lépreux valides.
La léproserie se compose d’une série de cases du pays dont les murs sont blanchis à la chaux. Dans un coin de la case, un soubassement de briques recouvert d’une natte sert de lit. Fréquemment les nattes sont brülées et les murs reblanchis. La modicité du prix de la construction permettra de détruire souvent les cases par le feu pour les reconstruire de même. L'adduction d'eau potable est assurée dans chaque établissement, et son éloignement de tout centre habité fait que les eaux résiduales ne risquent pas de contaminer les voisins. L'idéal serait de pouvoir désinfecter ces eaux. Malheureusement c’est‘chose impossible dans un pays aussi peu outillé industriellement. La question est toutefois à prévoir et devra être étudiée en son temps.
TUBERCULOSE. — La clinique et le laboratoire démontrent l'existence réelle de la tuberculose à Madagascar: mais elle y est beaucoup plus rare qu'en Europe. Connue detout temps des indigènes, on la rencontre dans toutes les régions, peut-être cependant avec une fréquence plus grande en Émyrne que dans les autres points, parce que la population y est plus dense que dans les autres parties de l'île. Il n'y aurait d’ailleurs rien d'étonnant à ce que Tananarive offrit à l'évolution de cette maladie le terrain propice que constituent toutes les grandes agglomérations urbaines.
Contrairement à une opinion qui a été quelquefois soutenue, le paludisme, si fréquent et si grave à Madagascar, est un facteur aggravant.
Nous l'étudierons successivement chez les indigènes, chez les Européens et chez les créoles.
1° CHEZ LES INDIGÈNES. — Si nous consultons les statistiques de l'hôpitalindigène d'Ankadinandriana, nous voyons que la tuberculose, depuis quelques années, semble rester à l'état stationnaire. Le pourcentage par rapport aux autres maladies varie de 2,6 p. 100 à 4,35 p. 100, chiffres concordant avec ceux des statistiques de la ville
montrant une mortalité pour la tuberculose, par rapport aux autres causes de décès, de6,5 p. 100 à 3,9 p. 100. Il semblerait même, suivant les statistiques de Tananarive, que la maladie est en voie de décroissance.
Mortalité par la tuberculose dans la ville de Tananarive.
MORTA- TUBERCU -| MÉNIN- |[TUBERCU-| AUTRES TOTAL LITÉ OR D des décès |due à S GITE LOSE TUBERCU- due à toutes tubercu- |sans indica- par tuber- les pulmonaire. leuse. tions, LOSES. culose. maladies réunies.
POURCEN-