MADAGASCAR. — TUBERCULOSE
à remarquer que l'enfant malgache ne prend jamais d'autre lait que celui de sa mère. Il est à remarquer aussi que le seul point, région sud vers Analalava, où la tuberculose humaine semble assez fréquente (D' Escande de Menières), est celui où la tuberculose des bovidés est la plus répandue.
2 Cnez LES Européens. — En étudiant les statistiques établies par le Service de santé de la colonie pour ses différents hôpitaux, on constate que la tuberculose chez les Européens est très rare, et cela pour tous les groupements : colons, militaires, fonctionnaires. Cette division en catégories n'est pas nécessaire d’ailleurs pour la tuberculose, car tous les individus qui les constituent sont dans chacune d'elles le résultat d'une sélection ; les faibles et les débiles, c'est-àdire les candidats à la tuberculose, n'étant généralement pas envoyés aux colonies.
Morbidité et mortalité générales des Européens dans les hôpitaux. — Morbidité et mortalité des Européens par tuberculose (Dr Crarac).
TOTAL TOTAL EUROPÉENS DÉCÈS ANNÉES, HÔPITAUX. des des traités pour d'Européens hospitalisations. décès. tuberculose.|par tuberculose. ATanananvesr ee. 1013 23 33 (1) 2 1900 \Diégo-Suarez....….. 1 823 104 9 3 Majtneaeere re 1238 10 1 0 Ramafave---e. cr 691 1 31 3 2 Tananarive........ 1 224 22 10 (2) 1 1901 \Diégo-Suarez...…... 1617 53 17 2 )Majunga ae Co 810 13 2 2 Lamatave "cer 1610 38 2 2 MAnADATIVe.--- 7e 1 429 17 19 2 1909 \Diégo-Suarez....….. 1 279 38 12 »
/Majunga. ee 809 22 » »
UDAMAPAVE SE 0e 1071 34 D) 2 HEananarive. 2 1 228 17 19 (3) 2 1903 \Diégo-Suarez...... 1 246 49 5 2 AIRES nipusoñeo. 769 28 - 5 2 “HHamabave.-c..e.e- 666 15 16 4 Totaux 2er 18 549 521 155 28 (1) Dont 28 douteux.
(2) Dont 8 douteux.
(3) Dont 10 douteux.
3° CHEZz LES CRÉOLES. — La plupart des créoles à Madagascar sont
constitués par des personnes originaires de la Réunion ou de Maurice. Is fournissent une proportion relativement considérable de cas à la tuberculose. C'est ainsi que, pendant les quatre années écoulées de 1899 à 1902, le contingent militaire de la Réunion a fourni à lui seul 35 tuberculeux pulmonaires pour le seul hôpital de Diégo sur un effectif moyen de 400, ce qui fait près de 10 p. 100. Nous sommes loin du chiffre de 6 p. 1 000 que nous avons vu chez les indigènes. Cette fréquence de la tuberculose chez les Réunionnais correspond d’ail-
leurs avec la fréquence de cette affection dans leur pays. Aussi est-1l indispensable que tous les hommes suspects de tuberculose soient sévèrement réformés par les conseils de revision de la Réunion.
Adoptant les conclusions de Clarac, nous dirons avec lui que la tuberculose à Madagascar :
1° Considérée chez les Européens, est, d'une façon générale, beaucoup moins fréquente qu'en Europe, aussi bien sur les hauts plateaux qu'à la côte ; qu'elle y est moins grave et évolue plus lentement qu'en Europe; à part quelques exceptions, qu'elle est moins grave et évolue moins rapidement sur les hauts plateaux qu'à la côte;
2 Considérée chez les indigènes, elle est beaucoup moins fréquente qu'en Europe. Elle est, d'une façon générale, moins répandue sur les hauts plateaux qu'à la côte (région sud-ouest). Elle est plus grave el évolue plus rapidement sur la côte que sur les hauts plateaux. Certaines races indigènes sont à peu près indemnes de tuberculose ;
3° La tuberculose pulmonaire est la forme la plus commune. Les tuberculoses chirurgicales sont rares. Nous ajouterons que le problème social de la tuberculose ne se pose pas à Madagascar impérieux comme en Europe; que la tuberculose bénéficiera de toutes les mesures prises en vue de l'hygiène générale; mais qu'il n'y a pas nécessité à engager contre elle la lutte comme dans les autres parties du monde; à Madagascar, les deux fléaux sociaux élant le paludisme d’abord, la syphilis ensuite.