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C. — MALADIES ÉPIDÉMIQUES

VARIOLE. VARICELLE. — La variole fut autrefois très répandue et causa une mortalité énorme par ses épidémies en quelque sorte constantes. Elle a, à l'heure actuelle, cédé en tous points. Dans les grandes villes comme Tananarive, où chaque année l'on comptait de très nombreux décès par variole, elle a totalement disparu. Le mérite en revient d'abord à l’Institut Pasteur de Tananarive et à la station vaccinogène de Diégo, ensuite au zèle des médecins inspecteurs européens et indigènes de l'assistance médicale indigène.

L'Institut Pasteur de Tananarive fournit de vaccin toutes les provinces centrales, Le pare vaccinogène de Diégo fournit du vaccin aux postes de la côte desservis par les bateaux à vapeur. À Tananarive, on inocule chaque année de 80 à 100 génisses. On inocule une première génisse avec un mélange de pulpe de génisse et de pulpe de lapin (procédé de Calmette). Avec la pulpe de la première génisse, on en inocule une seconde. La troisième est inoculée avec un mélange de pulpe de génisse et de pulpe de lapin, et ainsi de suite, c’est dire que l’on fait un passage par lapin pour deux passages de génisse. On fail passer directement le vaccin du lapin à la génisse; mais on n'ulilise le vaccin de génisse, soit pour le lapin, soit pour d’autres

MADAGASCAR. — ROUGEOLE. RUBÉOLE. 44-235

génisses, qu'après un séjour de quinze jours dans la glycérine.

Les statistiques de l’Institut Pasteur de Tananarive, basées sur les rares renseignements qui lui sont parvenus, donnent les résultats suivants :

Statistiques.

VACCINATIONS. REVACCINATIONS.

NOMBRE — ne — - A i POUR- A x POUR A NNÉES. de re VÉRIFIÉES. Et es SRE VÉRIFIÉES. Rae tubes. total. EE à des {otul. FT En des Succès. |Insuccès.| succès. Succès. | Insuccès.| succès. p. 100. p. 400.

1899 1 000 6 416| 4848 4 195 Ss0 510 179 250 42 1900 192247 » » » » » » » »

En 1900 et en 1901, il n’y a eu aucun renseignement. On peut toutefois affirmer que, depuis 1899, 1 800000 indigènes au moins ont été vaccinés, et les états fournis par les médecins vaccinateurs signalent dans leur ensemble 1 200 000 inoculations pratiquées avec succès.

Le parc vaccinogène de Diégo produit un vaccin qui ne le cède en rien à celui de Tananarive. Les succès varient de 60 à 90 p. 100, et sur 370 000 indigènes vaccinés depuis 1902, on compte 245 000 succès. C’est un résultat important ; car le vaccin de Diégo peut

. alimenter facilement les régions côtières et y être transporté dans les glacières des vapeurs touchant à Diégo, évitant ainsi la déperdition de virulence que fatalement subit le vaccin pendant son parcours jusqu’à la côte. Il est à noter, cependant, que Neiret, cette année, a obtenu à Tananarive du vaccin assez virulent pour pouvoir garder ses qualités non seulement jusque sur les côtes malgaches, mais jusque sur celles d'Afrique et dans les îles avoisinantes.

La varicelle (nendram boalavo) existe, mais elle est rare et bénigne.

ROUGEOLE. RUBÉOLE. — La rougeole, que les Malgaches dénomment ktlrotro, est une rareté. Elle se caractérise par sa bénignité. C’est le plus souvent d'ailleurs à la rubéole que l’on a affaire, car cetle affection est extrêmement répandue sur les hauts plateaux.

La rubéole (bontbony) éclate très régulièrement chaque année à la même époque, en mars et en avril, à la fin de la saison des pluies, avant les premiers froids, frappant surtout les Malgaches et, parmi eux, les enfants, en donnant comme proportion successivement décroissante la suivante : population infantile malgache, métisse, créole, blanche.

En 1901, eut lieu à Tananarive une épidémie, el un questionnaire

envoyé à chacun des directeurs d'école de la ville m'a permis de recueillir les renseignements suivants (1) :

Le nombre total des enfants des écoles présents pendant le temps de l'épidémie était de 5208 garçons et 2492 filles, soit un total de 7699 enfants. Il y a eu 1 835 garçons et 1496 filles atteints; ce qui donne une morbidité globale de 42 p. 100 et une morbidité partielle de 35,23 p. 100 pour les garcons et 60,05 p. 100 pour les filles. Les rechutes ont été de 4,5 p: 100. Les récidives ont été nombreuses : 14,19 p. 100 des enfants avaient la rubéole pour la deuxième fois et 0,57 p. 100 l'avaient eu déjà au moins deux fois. La durée moyenne de la maladie a été de cinq jours. Rarement elle se prolongea huit à dix jours. La contagion se fit directement. Les 3331 cas n'ont occasionné aucun décès ni aucune complication sérieuse. C'est dire qu'il n'y à à prendre aucune mesure spéciale; si ce n’est, lorsque les cas sont très nombreux, de licencier les écoles.

COQUELUCHE. — La coqueluche est fréquente surtout sur les hauts plateaux, et elle y est grave à cause des brusques changements de température et de la virulence du pneumocoque. Les décès par coqueluche ont été à Tananarive de 22 en 1902 et de 54 en 1903. Cette maladie infectieuse ne présente d’ailleurs aucun caractère particulier, et elle est justiciable de toutes les mesures prises en Europe pour enrayer sa propagation.

DIPHTÉRIE. — Inconnue ou du moins peu répandue jusqu'en 1901, où elle a sévi à Tananarive, puis de là en quelques rares points de l'Émyrne, sous forme épidémique; la diphtérie depuis ce jour est restée implantée dans la capitale, où de temps à autre se manifestent : des cas sporadiques. Elle semble ne pas exister dans les autres points de Madagascar. Il y eut, en 1901, 83 cas et 12 décès. C’est donc une maladie à surveiller à Madagascar, où sa propagation serait facile.

FIÈVRE TYPHOÏDE. — La fièvre typhoïde est rare. On a même tenté de nier son existence. Cette opinion n'est pas acceptable, quelques cas des plus nets au point de vue clinique ayant subi le contrôle du séro-diagnostic et de l’autopsie. La vérité est que lindigène semble résister particulièrement bien à l'infection typhique, alors que l'Européen, au contraire, y est très sensible ; aussi, à Tananarive, la population blanche est-elle, comparativement à la population malgache, beaucoup plus éprouvée. Il y a là une question de race. Le tissu adénoïdien des races noires et surtout des races jaunes est extrêmement résistant à l'infection, ce qui expliquerait l'absence pour ainsi dire absolue chez les indigènes de l'appendieite, des amygdalites infectieuses, des végétalions adénoïdes et partant de la surdité, ainsi que la très grande rareté et, en tout cas, la bénignité de la fièvre typhoïde. Il est bon toutefois pour l'Européen de se

(1) Fonroynowr, La rubéole sur les hauts plateaux de Madagascar. Gazelte des maladies infantiles, n° 24, 1903.

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