‹ hygiene colonialeChapitre 89 sur 251 · MADAGASCAR. — PESTE · texte numérisé non relu

MADAGASCAR. — PESTE

rappeler que la fièvre typhoïde existe à Madagascar dans les grands centres et que l'ébullition de l'eau est sa meilleure sauvegarde.

DIARRHÉES. DYSENTERIE. ABCÈS DU FOIE. — Diarrhées et dysenterie ont de tout temps été signalés parmi les maladies de la grande île. Mais aucune recherche sérieuse n'a été faite jusqu'ici pour différencier ces affections intestinales. Pour le moment, on ne peut qu'aturer Lout particulièrement l'attention des médecins d’une part, des habitants de l’autre, sur la fréquence de ces affections et aussi sur leur augmentation croissante et parallèle à celle de l'hépatite suppurée, ainsi que sur les précautions à prendre, précautions générales indiquées en d’autres articles du Traité (1).

PESTE. — Quatre épidémies de peste se sont produites : trois à Tamatave, une à Majunga.

1° À TAMATAVE. — a. En 1898, elle dura du 23 novembre au 3 février, et les patentes nettes furent délivrées le 2 mars. Il y eut 307 cas déclarés et 206 décès, soit une mortalité de 66 p. 100 atteignant surtout les Chinois, les Hindous et les Malgaches. Les formes furent la forme foudroyante et la forme ambulatoire;

b. En 1899, du 24 juillet au 26 novembre. Ce fut une véritable reviviscence de la première, et là encore ce furent les créoles, les Chinois, les Indiens et les Malgaches qui furent frappés. Il y eut 50 cas avec une mortalité de 80 p. 100;

c. En 1900, du 31 août au 2 novembre. Ce ne fut plus une épidémie, mais des cas isolés. Il y eut 12 cas avec 8 morts, soit une mortalité de 66 p. 100.

Chaque fois l'épidémie eut lieu en saison sèche et se termina au retour des pluies, comme c’est la règle. Elle fut toujours précédée d'une grande mortalité sur les rats.

Depuis, aucun autre cas n’a été constaté à Tamatave. Les mesures prises consistèrent : 1° à localiser la maladie dans son foyer primitif ; 2 à l'empêcher de se répandre soit par terre, soit par mer. Un cordon sanitaire fut établi dans un rayon de 10 kilomètres sur terre, et l’isolement fut assuré d’une manière effective sur mer. On fit incinérer sur la plage les immondices répandus partout dans la ville. Les locaux infestés de peu de valeur et les cases indigènes furent brûlés; ce qui permit de tracer dans tout le quartier contaminé de larges rues. Les marchandises contenues dans des récipients faciles à désinfecter furent seules admises, et on ne laissa débarquer que les quantités nécessaires à la consommation locale. La population créole élant misérable, on s'opposa au débarquement des créoles de la Réunion et de Maurice qui ne justifiaient pas de moyens d'existence. Il fut interdit à tout indigène de pénétrer dans la zone contaminée. Toutes les marchandises en cours de route et parties de Tamatave

(1) Voy. fase. XVII du Trailé d'hygiène.

les jours précédant l'épidémie furent arrêtées et subirent une quarantaine de dix jours. Ensuite elles furent désinfectées et munies d’un laissez-passer. Les Antaimoronas travaillant sur la route furent licenciés. Les Européens désireux de sortir de la zone contaminée durent faire une quarantaine de cinq jours et se présenter ensuite aux postes sanitaires échelonnés sur la route de Tamatave à Tananarive.

29 À MasunGa. — En 1902, à Majunga, du 19 mai au 17 juillet, il y eut 191 cas avec 141 décès, soit une mortalité de 73,8 p. 100. Les moins éprouvés furent les Européens etles Sénégalais. Le traitement par le sérum de Yersin fit tomber la mortalité de 73 p. 100 à 58,31 p. 100 et même 16,1 p. 100, suivant sa plus ou moins grande ancienneté. On l’employa aussi à titre préventif.

À Majunga comme à Tamatave, de très sévères mesures de désinfection furent prises.

En 1903, 1904 et 1905, il ne se produisit aucun cas, ni à Tamatave ni à Majunga.

Les différentes enquêtes n'ont jamais pu élucider, d'une manière certaine, le mode de contamination des deux villes.

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