MADAGASCAR. — ASSISTANCE MÉDICALE INDIGÈNE
ment les soins ainsi que les médicaments nécessaires à tous les malades qui recourraient à leur consultation. C'était là l’'ébauche de la future assistance médicale indigène, puisqu'il était possible de compter, comme centres médicaux pour les populations, les hôpitaux militaires et les ambulances, dont le nombre était de 15 en 1899 et que, dès cette même année, le chiffre des gens traités pouvait atteindre 250 000.
L'École de médecine, dont l’organisation est restée la même depuis la création, comprend un enseignement autant que possible beaucoup plus pratique que théorique. L'enseignement gratuit est d’une durée de cinq années pour les médecins et de deux années pour les sagesfemmes. Il est donné par des médecins européens et un médecin indigène. Un stage hospitalier est rigoureusement obligatoire pour les élèves et s'effectue dans les services de l'hôpital indigène de Tananarive, où l'internat et l’externat fonctionnent comme dans nos hôpitaux métropolitains.
Le recrutement de l'École a été exclusivement opéré dans les provinces de l’'Émyrne et l'élément Hova, à l'exception de quelques rares Betsiléos, et a pour ainsi dire seul fourni jusqu'à ce jour des médecins indigènes. Cependant, des écoles administratives indigènes fonctionnant dans différentes régions éloignées, il sera indispensable d'ici peu de faire appel aux meilleurs élèves de ces écoles; car, retournant se fixer dans leur pays d’origine, ils y auront une plus grande influence que le Hova et surtout résisteront mieux au climat. L'École de médecine doit théoriquement former et des médecins libres et des médecins de colonisation. Pratiquement, elle ne forme que des médecins de colonisation, c'est-à-dire des médecins qui prennent l'engagement renouvelable de servir l'administration pendant cinq ans et touchent une solde annuelle très suffisante pour un indigène. Agents rétribués de la colonie, ils dépendent administrativement du chef de la circonscription dans laquelle, sur la proposition du directeur du service de santé, ils sont appelés à servir. En {ant que fonctionnaires de l'assistance médicale, ils relèvent des médecins inspecteurs de la circonscriplion qui les notent concurremment avec l'administrateur. Ils doivent obtempérer aux réquisitions des autorités administrative et judiciaire, donner des soins gratuits aux indigents, aux enfants des écoles, aux différents fonctionnaires ainsi qu'aux malades des hôpilaux. Ils doivent opérer des vaccinations gratuites.
Outre le corps des médecins de colonisation, existe le corps des sages-femmes de l'assistance médicale indigène, qui font leurs études soit à l'École de médecine de Tananarive, soit à l'hôpital de Fianarantsoa. De même qu'il y a des médecins libres, il y a des sagesfemmes libres.
b. De 4899 à 4902. — Le 20 avril 1899, un arrêté organisa l'assistance médicale dans les provinces de l'Imerina. Le 19 mars 1901, un nouvel
arrêté l’étendit aux provinces Betsiléos. Enfin, le 13 juillet 1903, un troisième arrêté, refondant les premiers, donna à celte institution son organisation définitive. A la fin de 1901, sept provinces étaient pourvues d'hôpitaux et de médecins; c'élaient pour l’Imerina : Ankazobe, Miarinarivo, Tananarive, Manjakandriana et Betafo; pour le Betsiléo : Ambositra et Fianarantsoa.
c. De 1902 à 4905. — En mars 1904, l'assistance fut créée dans les provinces de Maroantsetra, Fenerive, Tamatave, Andevorante, Vatomandry-Mahanoro, dans le district de Fetraomby et dans le cercle de Fort-Dauphin. Enfin, en janvier 1905, ce furent dans le nord-ouest le cercle d'Analalava, les provinces de Majunga et de Mandrilsara, le cercle de Maevatanana ; dans la zone intermédiaire le district de Beforona et dans le sud-ouest la province de Tuléar.
Chacun de ces groupes est dirigé par un médecin inspecteur européen avec un nombre plus ou moins grand de médecins de colonisation sous ses ordres, les uns répartis dans les hôpitaux, les autres ambulants. Ce sont provisoirement des médecins du corps de santé des colonies qui ont été détachés dans ces fonctions, en attendant que les places soient données à des médecins civils.
Le nombre des indigènes susceptibles de recevoir des soins subit donc une marche progressive.
HÔPITAUX ET MATERNITÉS. — En 1901, les hôpitaux étaient au nombre de 14; en 1902, de 42; en 1903, de 71 ; en 1904, de 109. Il doit y en avoir 129 cette année. Dans ces chiffres sont compris les maternités, les dispensaires et les postes médicaux répartis ainsi que l'indique la carte de la planche IT.
LÉPROSERIES. — Organisées el inslallées ainsi que nous l'avons dit au moment où nous avons traité de la lèpre, l'importance et le nombre des léproseries sont indiqués dans les deux tableaux des figures 40 et 41 : l’un indiquant la marche suivie dans leur création, l'autre comparant les divers établissements suivant leur importance.
Tananarive a une assistance médicale plus perfectionnée que partout ailleurs dans la colonie. Chargé par l'administrateur Maire de l'organiser moi-même, voici ce qui a élé fait. Ayant à ma disposition un groupe de médecins, la plupart docteurs en médecine de France et établis à Tananarive depuis plusieurs années, il a été facile de choisir les meilleurs d’entre eux, de les nommer médecins inspecteurs indigènes de l'Assistance médicale de la ville de Tananarive et de leur