LA RÉUNION
partager la surveillance des différents quartiers de la ville au point de vue de l'hygiène, des épidémies et de la constatation des décès. Ils se sont, en outre, chargés d'examiner chaque mois les enfants et les femmes enceintes qui consentaient à répondre à leur appel dans le quartier et à donner à tous les meilleurs conseils d'hygiène, insistant surtout sur la nécessité du traitement prolongé des accidents syphilitiques, sur leur contagion, donnant auxindigents des bons de médicaments. C'est ce que nous avons déjà vu à propos de la syphilis.
Cette organisation est complétée par : 1° l'hôpital municipal indigène d'Ankadinandriana, qui, devantservir aux cliniques de l'École de médecine, peut recevoir des malades étrangers à la ville; 2° le dispensaire de l'hôpital ; 3° le dispensaire municipal, spécialement affecté au traitement des maladies vénériennes (hommes, femmes et enfants); 4° la maternité privée du D: Villette, qui reçoit, pour les soins à donner aux indigents, une subvention municipale. Le D' Villette, chargé de la clinique obstétricale de l'École de médecine, utilise en plus son établissement privé pour l'instruction des élèves sages-femmes.
La planche III représente toutes les formations sanitaires de Madagascar.
Il a donc été fait beaucoup, mais il y a à faire encore plus. Il faut que les formations sanitaires soient employées surtout à lutter contre le paludisme. Il y aurait intérêt à avoir des médecins européens à demeure dans chaque province, de façon qu'ils connussent bien leur territoire et puissent, par «leur influence personnelle sur les indigènes, obtenir ce que l’on n'obtient pas par ordre ; avoir, en d'autres termes, un corps de médecins spécial pour l'assistance médicale indigène. Les Instituts coloniaux de France sont tout indiqués pour fournir ces médecins auxquels la colonie devrait assurer un traitement suffisant et une retraite, ainsi qu'un projet avait été préparé, en ce sens, pour être soumis au ministre des Colonies. Il est à souhaiter qu'il reçoive rapidement son approbation.
Il est inutile, je pense, d'ajouter que chaque médecin devraitavoir à sa disposition le petit laboratoire nécessaire pour procéder aux recherches extemporanées, recherches qui pourraient être complétées à l'École de médecine et à l'Institut Pasteur de Tananarive, ainsi que dans les différents laboratoires de France.
Il == "LA RÉUNION
La Réunion, autrefois appelée ile Bourbon, est silrée entre le 20° 51/ 19” (Pointe des Jardins) et le 21° 22’ (Pointe de l'Angevin) de latitude Sud d'une part, le 52° 55’ (Pointe des Aigrettes) et le 53° 34
(1) De nombreuses données de cet article sur la Réunion proviennent de renseignements dus à l’obligeance des Drs Rigaud, Lafont et Aubert.
(Pointe des Cascades) de longitude cst de l’autre. Sa superficie est de 2 512 kilomètres carrés. D'origine volcanique, elle offre encore un volcan en pleine activité et des sources thermales variées. Sa forme générale est celle d'un conoïde elliptique dont la base s'arrondit au niveau de la mer et dont le sommet formé par le Piton des Neiges domine à 3069 mètres le plateau central de Salazie (1).
1, — MILIEU l. — SOL ET EAUX.
Essentiellement volcanique et tourmentée, la Réunion jouit d’un climat délicieux, car, si les côtes sont très chaudes et humides, l’altitude à laquelle on peut rapidement s'élever (800 à 1 000 mètres à trois ou quatre heures de la côte et plus de 3000 mètres au Piton des Neiges) forme de tout le centre de l'île un véritable sanatorium malheureusement inutilisé faute de routes pour y accéder. Le Brüûlé de Saint-Denis est à 790 mètres d'altitude et Saint-François à 636 mètres.
La population est dense sur les côtes malsaines et rare dans le centre sain et montagneux.
Eaux thermo-minérales. — C'est dans le centre que se trouvent nombre de sources hydrominérales, bien étudiées par Reland, pharmacien des troupes coloniales, et par le D'° Mac-Auliffe. Les principales sont celles d'Hell-Bourg {Salazie), de Cilaos, de Mafatte, du Bras-Cabot (Plaine des Palmistes), toutes dans des points très salubres et des plus pittoresques.
La source du Bras-Cabot, peu minéralisée, est une eau de table fort agréable.
Les trois autres sont fortement minéralisées.
Cilaos, altitude 1200 mètres.
a. Source froide. — Un litre renferme :