LE VÊTEMENT CHEZ L'ES INDIGÈNES
une ceinture à frang-es flottantes qui est une manifestation d’un sentiment de pudeur, mais non une protection pour le corps.
Sur la côte de Guinée, dans le pays des Soussous, le costume traduit les effets du voisinage des Européens. Dans les bois et dans leurs villages les Bagahs-Forehs, hommes et femmes sont nus : un morceau d’étoffe, passé entre les cuisses, cache les parties génitales. Il est large de 2 doigts chez les femmes et s’appelle fartâ(i). Sur le littoral, les Soussous sont déjà pourvus d’un costume qui se compose du « boubou », longue blouse descendant jusqu’aux pieds, avec de larges manches, d’un petit pantalon s’arrêtant au genou et d’un, petit bonnet d’étoffe. Les femmes se drapent le tronc avec des écharpes de couleurs voyantes, et couvrent le bas du corps de pagnes noués à la ceinture. La tête est couverte d’un foulard. Un costume réunissant les 3 couleurs, bleu, rouge et jaune, constitue un luxe recherché, qui est complété chez les riches par des ceintures de perle, de corail ou çles boules de bois odorant.
Les habitants de cette région qui s’étend au nord de la forêt de la côte d’ivoire et qu’on nomme le Baoulé ont dans leurs vêtements la même simplicité primitive des peuplades qui n’ont pas encore été en contact journalier avec les Européens. Ces noirs (nommés Agnis), de la grand famille des Ashantis (appelés Bushmen), n’ont comme costume qu’une ceinture en cotonnade sur laquelle se fixe une bande de même nature passant entre les jambes. Les femmes n’ont pas d’autre vêtement. Cependant, lorsqu’elles ont eu un enfant, elles prennent définitivement un pagne qu’elles fixent à la ceinture. Les hommes ont pour coiffure leurs cheveux, qu’ils laissent pousser très longs et qu’ils ramènent sur la tête en forme de touffe, de cimier, mode qui
(1) D' Drevon, le Pays des Soussous (Archives de médecine navale et coloniale. 1894, page 428).
294 LE COSTUME ET L’HYGIÈNE DE LA PEAU
a beaucoup d’analogie . avec celle des Canaques. Les femmes sont privées de cet ornement. Elles ont les cheveux coupés courts ou la tête rasée.
Cependant ces Baoulés (Agnis) paraissent avoir un grand soin de leur peau qu’ils lavent, savonnent et frottent plusieurs fois par jour. Habitude étrange, pour travailler aux plantations ils se couvrent de pagnes en écorce de « fou » qu’ils enlèvent au retour (i).
Parmi les peuples indigènes de la zone intertropicale, arrivés depuis longtemps à un degré avancé de civilisation , on trouve encore clés diflerences graduées dans le costume cjuand on passe des villes ahx campagnes ou aux montagnes.
Tous les Malgaches sont loin de ressembler à ces Hpvas, portant redingote et chapeau de sole et à ces femmes hovas qui vont aux bals de la cour en robe de soie décolletée. La plupart des habitants, de races si divei'ses, de la grande île portent un costume plus simple et moins coûteux : une bande de toile (le salaka) passant entre les jambes et serrée •autour des reins, une chemise (akanyo), en rabane ou en toile commune et un carré de toile (le lamba) dans lequel ils se drapent avec fierté et non sa^ns grâce. Les pieds sont nus, mais le costume est complété par une toque en joncs tressés ou un chapeau en paille de riz. Les femmes ont un costume semblable complété quelquefois par un jupon très court. Au lieu de coiffure elles portent leurs cheveux tressés et noués de mille manières. Quant aux enfants ils sont nus, ou à peu près jusqu’à l’âge de lo ans.
En Indo-Chine on trouve encore dans les régions montagneuses et dans les bois (Laos) des tribus sauvages à peine vêtues de quelques pièces d’étoffes sans formes. Mais dans toutes les parties du pays où la domination annamite s’est établie avec sa civilisation raffinée, le vêtement est non seu-
Ci) D'' Lasnet, Mission du Baoulé {Annales d’hyjiène et de médecine coloniales. 3« trimestre 1898).