LE VÊTEMENT CHEZ LES INDIGÈNES
lement une oblig-ation, mais est aussi l’objet d’un luxe recherché et varié suivant les saisons et les classes de la société.
D’ailleurs les costumes des Chinois et des Annamites, s parfaitement appropriés aux climats chauds, ont servi de modèles pour la confection des costumes des Européens dans les mêmes pays. Composés essentiellement d’un larg-e pantalon flottant (ké-kouan) en cotonnade ou en soie, d’une veste non ajustée à larg-es manches, très échancrée au col (le ké-hao), d’une longue blouse fendue sur un côté, d’un large chapeau de forme conique, très évasé (le salako), de sandales, ce costume est des plus commodes pour supporter les fortes chaleurs.
Il suffit de changer la nature des tissus, de compléter par quelques vêtements de dessous ou superposés, comme le font les Chinois dans le nord du Tonkin, pour en faire une excellente protection contre le froid.
Dans l’Inde, le costume des femmes et aussi des hommes présente une complexité, un luxe et une grâce qui excitent l’admiration. Rien de plus gracieux que les costumes de femmes avec l^urs pagnes multicolores élégamment drapés autour de la taille, avec leurs vestes courtes brodées de soie, d’or ou d’argent, avec leurs écharpes de soie chatoyante jetées sur le buste. Les hommes, plus sobrement ornés, ont des vêtements qui couvrent tout le corps. Un turban complète ce costume. Faits d’étoffes flottantes, légères, drapées sur le corps, ils protègent assez contre les intempéries et laissent l’air circuler librement.
Ainsi àmesureque les populations natives des pays chauds s’éloignent de l'état sauvage, on les voit se préoccuper déco besoin nouveau pour elles,* l’habillement, et rechercher des vêtements de formes disparates plus encore comme des objets de luxe que comme des moyens de protection contre le milieu ambiant. Puis lorsqu’on pénètre dans ces vieilles civilisations de l’Inde et de l’Extrême-Orient, on trouve
296 LE COSTUME ET L’HYGIÈNE DE LA PEAU
alors des peuples dotés depuis de long-s siècles des costumes les plus parfaitement appropriés au climat sous lequel ils vivent, immuables dans leurs formes qu’un sûr instinct leur a sug'g'érées, fabriqués, disposés et ornés parfois avec un art merveilleux que l’Européen a pu emprunter et non dépasser.