‹ Hygiène colonialeChapitre 121 sur 194 · MORTALITÉ · texte numérisé non relu

MORTALITÉ

Européens 27 42 3o

Indigènes 12 i4 26 12

Nous avons déjà cité les statistiques de l’expédition duÇf Dahomey. ^

Lors des missions d’études du chemin de fer de Lang-? biang(Indo-Chine) en 1900, la mortalité fut si considérable^ chez les Européens et même chez les indigènes que ceux-ciS désertèrent à plusieurs reprises, entravant ainsi les opéra-* tions. Dans la première brigade d'études, sur 22 Européensjj 4 étaient morts et 7 entrés à l’hôpital trois mois après le^ départ. Cinq mois après, quand la mission rentra à Saigon,"* il ne restait que 9 Européens, tous épuisés par le paludisme,* sur lesquels i est mort et 2 ont été rapatriés dans la suite, ^ soit un déchet total de 17 sur 22. Quant aux indigènes, le» déchet était de 80 p. 100. Or ces missions d’études n’avaient V. pas eu à faire des terrassements. Les explorations exposent, en effet, à bien des dangers les individus qui y participent ^ et le premier de ces dangers est le paludisme.

Les indigènes ont eux-mêmes besoin de soins éclairés 1; pour être en état de rendre les services qu’on en attend. Il importe de ne pas les transporter trop loin de leur pays •'> d’origine, dans un milieu trop dissemblable. Un recrutement trop hâtif de ces auxiliaires donne de grand déboires, car il ne permet pas de procéder à une sélection sévère.

Il ne suffit pas de prendre des gens sains physiquement; il faut aussi pour une exploration s’enquérir du côté moral et ne prendre que des hommes bien équilibrés mentalem'ent. L’âge le plus favorable est compris entre 26 et 35 ans. Les individus sélectionnés doivent être pourvus d’une force morale capable de leur faire accepter l’éloignement, les dangers incessants et nouveaux, la lutte contre la forêt, le désert, les marécages.

A leur tête devra être un chef bon autant qu’énergique,

PROFESSION AGRICOLE

sachant s’éclairer des avis du médecin, de l’ing-énieur, de l’administrateur, qui seront ses principaux collaborateurs et auront dû préparer avec lui tous les détails de l’expédition militaire.

Nous avons dit dans les premiers chapitres de cet ouvrag'e quelles étaient les conditions d’aptitude physique à exig-er des coloniaux.

b) Saisons. — Les époques d'arrivée^ déjà indiquées pour les différentes subdivisions de la zone tropicale, seront les mêmes s’il s’agit d’entreprendre une expédition :

Dans la zone tropicale Nord, vers la fin de novembre (Tonkin); dans la zone équatoriale Nord, vers la fin de décembre (Ashantis, Dahomey) ; dans la zone équatoriale Sud, vers la fin de mai à commencement de juin (Gabon); dans la zone tropicale Sud, vers la fin de mai à commencement de juin (Madagascar).

Si une épidémie de fièvre jaune, de peste, de choléra menace le pays, l’expédition sera retardée, car aucune mesure de préservation ne serait suffisante et souvent une épidémie (fièvre jaune) sommeillant est brusquement réveillée par l’arrivée de nouveaux contingents.

Le débarquement du corps expéditionnaire aura lieu avant 9 heures du matin ou après 4 h. du soir, sur un point choisi loin des fonds marécageux. Des magasins, des abris, des appontements, de l’eau potable auront été préparés en ce lieu par une avant-garde de troupes et de travailleurs indigènes. Les troupes, débarquées à l’aide d’embarcations recouvertes de tentes, ne séjourneront pas sur le littoral, foyer ordinaire du paludisme, de la fièvre jaune, de la dysenterie et seront dirigées sans retard vers l’intérieur, sur les hauteurs plus fraîches et plus salubres, s’il y en a, et par les voies les plus rapides et moins pénibles, comme les cours d’eau, le long d’une ligne d’étapes pourvue de gîtes et de magasins échelonnés par les soins de l’avant-garde. Le débarquement sera retardé jusqu’à l’a-

36o PROFESSIOxNS, TRAVAUX ET EXERCICES

chèvementde ces préparatifs et jusqu’au moment de l’action décisive.

a) Costiim.e. — Le costume de l’explorateur sera composé suivant les principes énoncés dans le chapitre VII. — Il suffit de rappeler que les vêtements de toile cachou remplacent pendant le jour les vêtements de toile blanche et que la protection contre le soleil doit être très complète. Des voiles seront joints au casque ; une serviette ou une épong'e mouillée au fond de la coiffure^ des lunettes noires seront nécessaires. Une ombrelle même sera le complément oblig'é pour ceux qui, ne faisant pas partie d’une troupe en armes, sont oblig-és de circuler au soleil.

Un vêtement, pèlerine ou couverture, imperméabilisé à l’acétate d’alumine ou avec du suint en solution dans le pétrole, est indispensable pour se mettre à l’abri des pluies torrentielles ou pour recouvrir le sol du campement et se protég'er contre ses émanations et son humidité. Le caoutchouc doit être rejeté.

b) Charges. Marche. Campement. Porteurs. — L’Européen ne doit ni marcher, ni porter de lourds fardeaux, ni travailler au soleil, ni remuer la terre.

Soumis à ces funestes oblig'ations, il n’échappera pas au paludisme sous ses formes les plus g*raves et les moindres dangers qu’il encourra seront l’épuisement ou l’insolation. Il doit se borner à diriger et à surveiller les travaux exécutés par les indigènes : il est V instrument supérieur et perfectionné de combat.

Charges. — Moyens de transport. — Dans les expéditions à faibles effectifs les Européens seront tous pourvus d’une monture (de préférence un mulet plus résistant au paludisme) ou portés en hamacs, en fîlanzanes. Dans les expéditions à gros effectifs, les Européens, encadrant les troupes indigènes ou les brigades de travailleurs, seront portés ou montés. Les autres, obligés de mai'cher, ne porteront jamais un poids supérieur à i5 kilogr., y compris les

Page 1