‹ Hygiène colonialeChapitre 25 sur 194 · MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION · texte numérisé non relu

MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION

Perméabilité à Vair et à l’eau. — La maison respire par ses murs. — Le renouvellement de l’air par les pores même des matériaux formant les murs n’est pas à nég-lig-er- La quantité d’air qui peut ainsi pénétrer en i heure pour un mur de om. 72 est de 2 m. c. 82 à travers la pierre calcaire ; de 2,83 à travers la brique cuite; de 5 m. c. 12 à travers la brique crue (Marker).

Mais la perméabilité à l’air entraîne la perméabilité à l’eau qui engendrera l’humidité de la maison avec ses conséquences: détériorations, odeurs désagréables, rhumatismes, diarrhées, cause d’attraction pour les moustiques et de prédilection pour la fièvre jaune.

L’isolement du sol par le mode de construction préservera la maison de l’humidité par ascension de l’eau, tandis que l’isolement de l’atmosphère par les vérandahs préservera scs murs de l’eau de pluie. — L’imperméabilisation des murs par des enduits aurait l’inconvénient de supprimer la perméabilité à l’air.

La quantité d’eau absorbée diffère beaucoup d’une subslance à l’autre (de 5o décimètres cubes pour le bois de sa- * pin à 120 ou 335 pour les calcaires) avec de grandes varia- Ç* tiens pour une même substance suivant sa provenance ou B son mode de fabrication.

^ Matériaux usuels. — Les matériaux les plus usuellement ^employés pour les constructions permanentes sont le bois, le fer, la brique, la pierre, seuls ou combinés. Nous laissons de côté le torchis, le pisé, la paille, bons seulement pour des constructions de courte durée.

Bois. — Le bois, qui se prête aux constructions rapides, entre fréquemment dans la construction des maisons coloniales, soit pour la charpente, soit pour les aménagements intérieurs ou même pour les murs.

Il a V inconvénient de se désagréger rapidement sous l’influence de riiumidité, de la chaleur et des termites (coupiiis). Après un temps variable suivant l’essence, la cellu-

HABITATION PRIVÉE

lose se putrifie et disparaît. La partie lig*neuse seule per-' siste, creusée de cavités, de sillons où s’accumulent les poussières, les microorganismes. Parmi les champignons qui désagrègent les maisons en bois, il faut citer le mérulius lacrymans et le polypohis vaporarius (dont les spores peuvent engendrer une broncho-pneumo-mycose.) — Le bois perd ainsi toute résistance et la maison peut s’effondrer.

Le bois offre cependant un certain nombre d’avantages tels que rapidité de construction et possibilité de fabriquer des baraques démontables et transportables au loin dans des régions sans ressources ou encore inexploitées. En outre ce genre de maisons protège bien contre la chaleur.

D’autre part, on trouve dans bon nombre des pays chauds des bois très durs, à peu près inaltérables, propres à la construction :

L’acajou très commun aux Antilles ;

L’ébénier, le bois de fer, le dinh, le cho, le trac, le gô, le teck, très répandus en Indo-Chine ;

Le niaouli, le kauri, et un grand nombre d’autres essences abondent dans les îles du Pacifique;

Le moabi (baillonella), l’ocoumé, le cynometra, le coula edulis (kumunu des Loangos), le mangi, le kondjo (ficus), l’oba, le pendji, l’okura, le dina, le bounzi, sont partout au Congo Poskin).

Le vivoano, le natte, le rangy, le mahorazany, l’amboramenaleigo , le hazandrano , le voamboano , l’hazomeno, etc., etc., sont fournis en abondance par Madagascar (i).

A défaut de bois débités sur place on se sert de madriers et de planches expédiés d’Europe. Le pin et le pitchpin sont préférés. Le sapin est défectueux en raison de son envahissement rapide par les champignons. On peut employer aussi des bois quelconques injectés de substances préservatrices.

(i) Consulter à ce sujettes travaux de MM. Grandidier et Sully.

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