‹ Hygiène colonialeChapitre 26 sur 194 · MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION · texte numérisé non relu

MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION

La maison en bois sera nécessairement élevée sur des fondations en pierre et les murs seront à double parois.

Pierre. — Les constructions en pierre offrent l’avantag-e de protég’er très bien contre la chaleur. Les pierres de g’rès, de granit, de tuffeau, de calcaire dur sont particulièrement recommandables. Les pierres trop poreuses s’effritent trop facilement sous l’influence alternante des pluies abondantes et des chaleurs excessives.

Les pierres seront réunies par un mortier à la chaux qui a l’avantage d’accroître la protection contre l’humidité et les variations de température (i).

Les constructions en pierre ont l’inconvénient de sécher lentement.

Briques. — La terre argileuse pétrie et séchée au soleil sous formes de briques crues ne peut servir que dans les pays où il ne pleut jamais, comme le Sahara. Le jointage et le revêtement à la chaux ou le revêtement avec des briques cuites ou au ciment, ainsi qu’on le fait dans l’Inde et qu’on le faisait à Babylone, permettent d’utiliser ces briques crues pour la construction de murs épais.

Vargile cuite au four sous la forme et les dimensions voulues, briques pleines, tubulaires, coudées, etc., pour les murs, tuiles de formes variées plates, en gouttières, etc., etc., pour la couverture de la maison, forme une sorte de pierre peu poreuse, légère en même temps que très résistante. Cette fabrication peut être faite sur place dans la généralité des pays chauds, où les terrains argileux couvrent d’immenses surfaces.

Les briques se prêtent à tous les modes de construction, lorsqu’on les combine avec une charpente en fer qui est légère et de longue durée. C’est d’après ce système qu’ont été construites les plus belles maisons, les casernes et les hôpitaux de Saigon.

Les murs construits en briques possèdent une perméabi- (1) Spennrath, Reu. scientifique^ 29 mai 1897.

HABITATION PRIVEE

lité à l’air qui contribue à leur entretien et leur donne une haute valeur sanitaire par l’oxyg-énation des g-ermes pathogènes, par l’assèchement qu’elle maintient. D’autre part, faits à double paroi avec circulation d’air, ils peuvent servir à la ventilation de la maison.

Les briques en laitier (scories des usines métallurgiques triturées avec de la chaux) sont très solides, mais moins poreuses et très lourdes.

Fer. — Le fer est surtout utilisé pour la charpente des maisons. Il permet de faire, avec la brique ou avec la pierre, des constructions très vastes, solides et gracieuses à la fois. Il a l’avantage d’un montage rapide, de tenir peu de place, et d’être moins sujet aux altérations que les fermentations, les champignons et principalement les termites font subir aux charpentes en bois.

Cependant les piliers de fer seraient rapidement rongés par les oxydations si leurs pieds n’étaient embrassés dans un massif de maçonnerie.

En général, les métaux étant bons conducteurs de la chaleur leur emploi doit être limité à la charpente, et ne peut servir ni pour la toiture, ni pour les murs.

Les toitures en zinc et en tôle ondulée sont de plus en plus en usage dans les constructions coloniales. C’est une pratique détestable. Ces toitures ont le grave inconvénient de donner une température suffocante pendant le jour et d’occasionner un refroidissement excessif pendant la nuit.

Que dire des baraques complètement construites, murs et toitures, avec de la tôle ondulée, ainsi qu’on l’a fait à Tamatave, à Diego-Suarez, à Nouméa. Ce sont des étuves où l’on meurt lentement, épuisé par les chaleurs, quand on ne meurt pas subitement asphyxié.

Chacun des matériaux que nous venons de passer en revue peut entrer pour une part dans l’édification d’une maison complète : le bois dans les aménagements intérieurs, le fer dans les charpentes, le béton dans les fonda-

ISOLEMENT DU SOL, BLINDAGE, FONDATIONS 3i

lions. Tous ont des avantag’es ou présentent des inconvénients suivant la partie de l’habitation dans laquelle ils seront employés.

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