‹ Hygiène colonialeChapitre 87 sur 194 · CX.ntcüx>icdwfi noima · texte numérisé non relu

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Fig. 3G. — Amélioration de la salubrité par les filtres à sable.

234 ALIMENTATION. — LES BOISSONS

critérium ordinaire de la valeur des eaux de boisson en Europe (comme les statistiques de mortalité dysentérique ou cholérique devraient être le critérium adopté dans les pays chauds) est encore plus concluant lorsqu’il s’applique à 2 périodes successives de l’existence d’une même ville, l’une pendant laquelle cette ville est alimentée en eaux de surface brutes et l’autre pendant laquelle ces mêmes eaux sont filtrées :

Mortalité typhique [moyenne de 5 années).

Avant la construction Après la construction

Villes. des filtres à sable. des filtres à sable.

Lawrence (Etats-Unis)

Hambourg (Allemagne)

ii3

Zurich (Suisse)

Banlieue de Paris (20 localités).

Moyenne

Amélioration. 8i p. loo.

h) Filtres en pierre à batteries. — Plusieurs constructeurs ont cherché à condenser dans des pierres artificielles tous les éléments filtrants qui constituent les filtres à sable, de manière à réaliser des appareils d’un volume restreint et d’un nettoyag'e facile.

Un appareil de ce g*enre, dit de Fischer, a été installé à Worms. L’élément filtrant est formé de sable fin de rivière bien homog-ène, ag-g-lutiné en plaques au moyen d’un silicate. Ces plaques étant réunies deux à deux constituent une espèce de caisse très plate, de i mètre de haut et autant de large. L’appareil étant immergé dans l’eau, celle-ci arrive

travers les parois dans l’espace vide intérieur, d’où elle est conduite au dehors et collectée. On peut réunir des éléments en batteries aussi considérables qu’il est nécessaire. Pour la ville de Worms, on a construit un bassin de 272 m. carrés de surface contenant 178 éléments. D’après Fraenkel, ni le petit, ni le grand modèle ne possèdent une supériorité

sur le filtre à sable habituel au point de vue bactériolog-ique(i).

Le système Kurka (fig*. 87) est analog-ue au précédent. L’élément filtrant est un tuyau fait d’une pierre à bâtir, facile à tailler, résistante aux intempéries. Ce tuyau est à fond fermé, la partie supérieure en chapiteau est ouverte. Sa long-ueur est de i m.

20. L’âme de l’élément a 9 centim. de diamètre et l’épaisseur de la paroi fil trante est de 7 centim. Les éléments sont disposés verticalement, reliés les uns aux autres par leurs chapiteaux à l’aide d’un mortier fait de la même matière. On les réunit par g-roupes dans une chambre fermée. L’eau à filtrer arrive par la partie inférieure sous la pression d’un mètre, traverse la paroi des tubes, arrive épurée dans l’âme des tubes et se déverse par la partie supérieure dans le bassin découvert à eau épurée placé au-dessus.

Chaque élément, après son curag-e, fournit 2 litres d’eau filtrée par minute pendant les G premières heures de travail et i litre par minute après 24 heures, à condition que l’eau à filtrer ne soit pas trop impure. Ces filtres sont d’un nettoyag-e facile, mais sont

sujets à des fissures qui compromettent la valeur de la filtration.

(i) Ilygienische Bundschau, Baiid X, 1900, p. 817. Analysé par E. Arnould, Rev. d'hygiène^ septembre 1901.

ALIMENTATION. — LES BOISSONS

Filtres en porcelaine à batterie. — Les filtres Chamberland peuvent être réunis en batterie pour l’épuration en

Fig. 38c — Filtre Kurka. Eléments en batterie.

g-rand. L’installation de Daarjeling (Hindoustan) est un modèle du genre. Nous y reviendrons plus loin.

2° Filtration individuelle ou à domicile. — En expédition, dans les établissements agricoles et aussi dans les nombreuses localités coloniales dépourvues d’eau de source authentique et aussi de tout système d’épuration en grand, la filtration à domicile ou individuelle s’impose comme un procédé d’épuration rapide, commode et donnant une suffisante sécurité.

Les filtres employés peuvent être partagés en 2 catégories principales :

a) Appareils à filtration mécanique :

a) A pierre poreuse naturelle ou artificielle;

b) Au charbon ;

c) En biscuit.

. b) Appareils à filtration mécanico-chimique.

Le nombre de ces appareils est considérable. Nous ne citerons que les plus usités.

a) Appareils a filtration mécanique. — a) Filtres à pierre poreuse naturelle ou artificielle. — Les plus connus sont les appareils en pierre volcanique de l’Afrique Occidentale; les appareils Dujf en pierre siliceuse àonnant une bonne épuration, mais ayant un débit très lent.

Les filtres Fischer^ les filtres Kurka ont été déjà cités.

i PROCÉDÉS D’ÉPURATION OU DE CORRECTION 287

On peut rapprocher de ces appareils le filtre Bourrjeoise,

; formé d’une caisse en tôle contenant 2 boîtes de tôle cylindriques à fond grillag'é, sur lequel reposent en couches I superposées un feutre, une couche de g'rès concassé et des épongées fines.

b) Filtres au charbon. — Les filtres au charbon et à l’amiante ont joui d’une grande vogue. Une des formes les

I plus simples est représentée par un cône d’amiante placé I la base en bas dans un vase en grès. On verse d’abord de la j poudre de charbon d’os finement porphyrisée, puis du noir I animal en grains fins au-dessous, plus gros en dessus et en haut. L’eau filtre à travers ce charbon et l’amiante, abandonnant au noir animal les microbes et les sels qu’elle CO ntient.

Les petits filtres portatifs au charbon sont encore très employés. Mais il est reconnu aujourd’hui que les phosphates contenus dans le charbon favorisent la multiplication des microbes.

Le filtre «Marcaire», composé d’une urne en fonte à robinet inférieur, remplie de bas en haut de charbon de bois, de grès concassé, de feutre et d’éponges fines, est un résumé des 2 systèmes précédents.

Ces filtres sont surtout des clarificateurs.'Ils s’encrassent rapidement.

c) Filtres en porcelaine, biscuit, cellulose, etc. — Le nombre de ces appareils, faits de substances poreuses diverses plus ou moins comprimées, est considérable. Ils sont loin de réaliser tous cette épuration parfaite qui est seulement idéale, mais irréalisable en pratique. Parmi ceux qui donnent une épuration suffisante on peut citer Vaéri-fltre Mallié en porcelaine d'amiante (fig.Sq), le filtre Chabrier en porcelaine et charbon, etc...

Il est trois filtres qui méritent d’être mentionnés comme capables de donner une sécurité suffisante à l’égard des germes pathogènes :

238 alimentation, — LES BOISSONS ^

i<* Le filtre Breyer consiste en une couche d’arbeste (ou d’amiante) très finement pulvérisée, répandue à la surface d’un ling'e tendu sur une toile métallique qui forme le fond d’un récipient.

Les pores de cette matière sont assez fins pour retenir les bactéries. Si la couche d’arbeste est renouvelée fréquemment, on prévient l’obstruction par le limon et le débit est maintenu suffisant.

2" Le filtre Chamberland (fig*. 4o)

est essentiellement représenté par une

boug-ie en porcelaine (kaolin) dég-our-

die, creuse et fermée partout. Son

extrémité inférieure effilée est percée

d’un trou qui est l’orifice de la cavité

intérieure. L’eau filtre de dehors en

dedans. Les impuretés sont arrêtées à

la surface externe. Pour que l’eau

Fig. 3p. - Aéri-filtre puisse pénétrer à travers la porce-

Mallié, en porcelaine laine dure, elle doit être soumise à d’amiante (iL . . . ,

une certaine pression qui ne doit pas

dépasser 2 atmosphères. Pour cela, elle est incluse dans

un tube métallique dont la fermeture est hermétique. L’eau

arrive dans l’espace laissé libre entre l’armature métallique

et la surface externe de la boug-ie. Cet appareil exig-e une

amenée d’eau sous pression. Si la pression est insuffisante

ou nulle, on sesert de boug'ies en porcelaine moins dure,

assemblées en plus ou moins g*rand nombre, en batteries,

reliées à un collecteur commun : l’écoulement continu se

fait par un tube qu’on amorce comme un siphon.

La filtration en g-rand avec des filtres Chamberland a été

installée à Darjeeling-, ville de l’Inde située au pied dé

r Himalaya. L’eau de source venant des montag'nes entre

(1) Rue du Faubourg-Poissonnière.

Ghoom et Sonada, à 3 ou 4 kilomètres au Sud, arrive dans 2 réservoirs d’une contenance totale de i5.ioo mètres cubes. Sous unhang-ar, à 4 kilomètres de la ville, on a dis-

Fig. 4o. — Filtre Chamberland,

posé 38 c\dindres formant 4 rang-ées. Chaque cylindre contient 25o boug’ies Chamberland. Au total 9.600 boug-ies.

24o alimentation. — LES BOISSONS

Chaque groupe de bougies peut être isolé pour le nettoyage. 3® Le iWlYQ Berkenfeld Qst construit sur le même principe.

Mais la substance de la bougie est faite de terre d’infusoires calcinée (fîg.

Il est bon de faire précéder le passage de l’eau sur le filtre en porcelaine par une décantation et une filtration grossière sur des couches de sable et de gravier.

d) Nettoyage des filtres. — Le nettoyage de ces filtres est délicat.

Le procédé le plus simple est l’essuyage ou le Fig. l\i. — Filtre Berkenfeld. brossage des bougies à la

main. La stérilisation n’est pas suffisante. S’il est possible, il faut les mettre dans une étuve à vapeur.

On peut aussi plonger la bougie pendant 5 minutes dans l’eau bouillante et on obtient en 24 heures de l’eau abondante, parfaitement pure, et contenant tous ses sels en dissolution. Cette eau peut être mise en bouteilles et conservée au frais. Cette opération peut être renouvelée aussi souvent qu’il y a besoin.

Toutes les semaines (plus souvent si l’eau est impure) faire une stérilisation à froid avec une solution de permanganate de potasse à i p. 1000.

Trois ou quatre fois par an, faire un nettoyage à froid en usant successivement du permanganate de potasse à 5 p. i.ooo et d’une solution de bisulfite de soude à i p. 20.

(i) Voy. Arnould, Nouveaux éléments d'hyyiène, 1902, p. ii3.

PROCÉDÉS D’ÉPDRATION OU UE CORRECTION s4i

A Darjeling' le nettoyag-e des boug-ies se fait àl’aide d’une pompe actionnée par une machine à vapeur. On les lave au savon, puis on les plonge pendant i heure ou deux dans

Fig'. 42. — Filtre avec nettoyeur mécanique André.

une solution de chlorure de chaux, puis d’acide chlorhydrique à 10 p. 100 (procédé de Gasser et Couton reconnu préférable à la stérilisation à la vapeur).

Pour les appareils formés de bougies en batterie, on se sert du nettoyeur mécanique André. Il est constitué en principe par des brosses en caoutchouc qui, par un mécanisme spécial, viennent frotter la surface des bougies filtrantes. De plus, en introduisant dans le liquide qui baigne la bougie un corps pulvérulent, de la poudre siliceuse (dont G. Reynaud. Hygiène coloniale. II. — i4

le type le plus recommandé est le kiéselg-urt) on détache cette couche glaireuse qui forme une sorte d’enduit protecteur.

Ces appareils, ainsi complétés et rendus portatifs, ont été utilisés dans plusieurs expéditions. Au Dahomey (i) les types mis en service ont été.

Les types n° i à nettoyeur André à 26 bougies.

— — n° 3 (dits de campagne pour troupes en marche à i5 bougies.)

Les filtres n° i pesaient de 72 à 76 kilos, poids beaucoup trop élevé pour une marche en pays chaud où le poids d’un appareil ne doit pas dépasser le total de 3o kilos, qui représente la charge d’un porteur. D’autre part, les frotteurs en caoutchouc, du nettoyeur André, ne tardent pas, sous l’efïét de la température excessive des régions tropicales, à perdre leur cohésion et leur élasticité et, par suite, n’agissent plus efficacement sur les bougies. Le nettoyeur est, en outre, la partie la plus fragile du filtre ; l’axe supérieur, les petits tubes qui supportent les frotteurs se brisent facilement. Si le nettoyeur avarié est enlevé il n’est plus possible de pomper et de faire arriver l’eau avec pression sur les bougies parce qu’il n’y a plus de matelas d’air.

Les pompes de l’appareil ont été aussi rapidement hors de service.

Enfin le démontage est trop long.

De récentes modifications tendent à corriger ces défectuosités.

Le type n° 2 n’a que la supériorité de la légèreté plus grande. Il peut être porté par un seul homme.

Le type no 3, du poids de 5o kilos, disposé sur un brancard, est destiné à être porté par 2 hommes. Sa

(i) Remarques sur les filtres Chamberlatid, par M. Molinier, pharmacien de la Marine. — Archives de médecine navale et coloniale, 1894, p. 469.

PROCÉDÉS D’ÉPURATION OU DE CORRECTION a43

construction, plus robuste, sa fermeture, très simple, analog-ue à celle de l’autoclave Chamberland, sa pompe très simple à piston plong’eur, son nettoyag’e simplifié par une brosse spéciale constituent autant d’avantag'es sur les deux autres types. C’est celui qui devra être préféré pour les expéditions coloniales, lorsqu’il aura subi quelques modifications dans les supports, le mode de suspension et les brancards.

Ces appareils Chamberland ou Berkenfeld réalisent un prog-rès considérable, mais il reste encore comme défectuosités leur frag-ilité, la possibilité de fissures, ou une porosité trop considérable par suite d’un défaut dans la fabrication et, par suite, la possibilité de laisser passer des microorga. nismes dans l’eau filtrée.

D’un grand nombre d’expériences faites avec ces filtres il résulte que le passage direct des germes à travers les bougies, conséquence de quelque fissure ou défaut, devait être soigneusement distingué du passage indirect, conséquence du développement graduel des bactéries à travers les espaces lacunaires de la matière filtrante. Les bacilles de la fièvre typhoïde ne sauraient se développer à travers les parois d’une bougie Pasteur-Chamberland, et si les précautions sont prises pour empêcher le passage direct des germes, ce filtre donne de l’eau absolument pure de B. typhique.

Au contraire, d’après le Dr W. Horrocks, le bacille typhique se développerait (i) à travers les parois des bougies Berkenfeld, ce qui est dû probablement aux plus grandes dimensions desespaces lacunaires. Le temps nécessaire pour laisser passer le bacille d’Eberth varie entre 4 et 1 1 jours et paraît surtout influencé par les éléments nutritifs contenus dans les eaux à filtrer.

(i) Dr W.Horroks., The Dritish nied. journal, i5 juin 1901, p. i47- Reproduit par Revue d'hygiène, septembre 1901.

ALIMENTATION. - LES BOISSONS

Les meilleurs filtres se laissent traverser, il est vrai, par les microbes, au bout d’un temps plus ou moins long*, suivant la nature de l’eau et sa température. Avec de l’eau à basse température, ce temps peut être de 1 5 jours et plus. La pullulation des microbes est arrêtée par le froid et accé" lérée parla chaleur. D’où l’indication de soustraire les fdtres à l’action de la chaleur dans les régions tropicales. Mais il faut savoir que, même après un long voyage, si les filtres Chamberland et Berkenfeld peuvent laisser passer des microbes banaux, dans les circonstances ordinaires, on na pas constaté la présence des bacilles typhique et cholérique, car ces microbes se cultivent difficilement dans l’eau (i).

Avec les appareils à filtration en grand de Darjeling on a constaté qu’avant la filtration l’eau contient i5 colonies microbiennes après 4 jours, i8 après 6 jours. L’eau filtrée après nettoyage ne contenait pas de colonie après 6 jours.

Chaque jour, de nouveaux appareils viennent s’ajouter à ceux déjà connus. Il en est quelques-uns, parmi ceux qui ont figuré à l’Exposition d’hygiène de 1900, qui se sont rapprochés de cet idéal du filtre portatif : stériliser effectivement pendant un temps suffisant, à bon marché et avec un appareil d’un maniement aisé.

Parmi eux, il faut citer le filtre en porcelaine de cellulose où la substance filtrante est représentée par une plaque serrée entre 2 calottes de fonte vernissée dont l’une reçoit l’eau à filtrer sous pression, l’autre reçoit l’eau pure. Les plaques sont changées tous les 8 jours, mais peuvent durer davantage; chaque plaque de rechange, parfaitement stérilisée, est conservée dans une enveloppe close. Avec une pression de 3o mètres, le débit est d’environ 3 litres à

(i) G. Sims Woodhead et G.-E. Cartwrigt, in Bristih med. journal (1894-1895) ; — F. de Frcndenreicli {1892) etD‘‘ Miquel (1898). Annales de micrographie. Cités par M. Chamberland, Soc. de méd. publique et hygiène, 24 avril 1901.

PROCÉDÉS D’ÉPURATION OU DE CORRECTION a45 l’heure. L’appareil peut aussi fonctionner sans pression. Il peut être installé en batteries (fig-. 43 et 44)-

piur 43 — Filtre en porcelaine de cellulose. — A, Calotte recevant

Peau à filtrer. E, Calotte recevant l’eau filtrée. F, Arrivée de 1 eau a filtrer./?, Robinet servant: i<>à chasser l’air contenu dans la calotte A, au moment de la mise en marche; 2“ à puiser de 1 eau non fillree pour les besoins courants autres que la boisson.fi et Z) Gril les portant diacune un bracelet de caoutchouc. O, Sortie de l’eau filtree.//. Plaque filtrante imperméabilisée sur sa périphérie. JI, Diamètre de 1 appareil lo centim. 1/2.

Firr 44 — Filtre en porcelaine de cellulose.

Véden-filtre a son élément filtrant^ formé par une] pas-

tille de cellulose et de charbon, fréquemment renouvelable et contenu dans une armature métallique où l’eau arrive avec ou sans pression (fig. 45).

Les essais pratiqués avec l’un et l’autre filtre ont montré qu’ils étalent capables d’arrêter les microbes pathogènes tels que ceux du choléra et de la fièvre typhoïde. Le changement fréquent et facile de l’élément filtrant est un avantage appréciable.

Fig. 47.— Filire pasteurisant.

Pr modôle (coupe).

Fig. 48. — Filtre Maignen.

Nouveau modèle (coupe).

h) Appareils a filtration mécanique et action chimique COMRINÉES.

Le filtre Maignen peut être rangé dans cette catégorie. Les matières filtrantes employées sont :

ALIMENTATION. — LES BOISSONS

I® L’amiante; V

2*^ Une poudre de charbon et de chaux;

3“ Du charbon animal en grains lavé avec de l’acide chlorhydrique.

La disposition de l’appareil est la suivante :

Dans un récipient quelconque est un châssis filtrant ou ; un vase percé de trous sur lequel est étalée une couche d’amiante. C’est un diaphragme filtrant. Dans la première eau à filtrer on verse un paquet de poudre carbo-calcis qui vient ■ s’appliquer d’elle-même sur le tissu d’amiante. L’eau passe , à travers le diaphragme et la poudre reste àla surface. C’est sur cet ensemble que vont s’arrêter les impuretés de l’eau (fig. 47)-

Les formes et les dimensions des appareils varient suivant les usages auxquels ils sont destinés. On a ainsi :

I O Les filtres à grand débit ;

2^ Les filtres utilisables pour un groupe d’individus (filtres à baquets (i), filtres cylindriques);

3® Les filtres individuels, filtres touristes, filtre-bidon, filtre-montre, fort usités par les Anglais (Stanley, Woolseley, colonel Buttler).

Les filtres Maignen ont comme avantages de donner une eau limpide, d’être d’un débit rapide, d’un nettoyage facile, de ne pas contenir de substances susceptibles d’altération ; mais la stérilisation est imparfaite.

Le filtre Lutèce est la mise en pratique du procédé de purification des eaux par le permanganate de potasse associé au manganèse, proposé par MM. Bordas et Girard. Le filtre portatif se compose de 2 récipients en tôle émaillée de forme cylindrique qui s’emboîtent l’un dans l’autre, de telle sorte que l’eau ne puisse passer d’un récipient dans l’autre

(i) Le filtre à baquet a été utilisé parles troupes du général Woolseley en Egypte, sur le Nil. Chacun des 800 bateaux du convoi avait un filtre à baquet pour i5 ou 20 hommes; le poids était de 8 kilogr., le débit de 40 litres environ par heure.

te). Composé d’un cylindre -épurateur Lutèce et d’un tube de caoutchouc, le tout dans une boîte en carton.

sans traverser un bloc de bioxyde de manganèse et de charbon aggloméré et comprimé. L’eau mise dans le récipient supérieur est additionnée de quelques gouttes de solution de permanganate de chaux pur et tend par son poids à passer dans le récipient inférieur, à travers le bloc de manganèse (fig. 4g)-

Le récipient inférieur est le réservoir d’eau pure.

Le filtre Lapeyrère, plus simple, pouvant s’adapter au bidon ordinaire des soldats, se compose d’un morceau de laine imprégnée Lutèce (Trouet d’oxyde de manganèse, sur laquelle on verse l’eau en même temps qu’une mesure de poudre alumino-calcaire au permanganate de potasse.

Filtres improvisés. — A défaut de ces appareils perfectionnés de filtration, on peut improviser des filtres capables de rendre des services en réduisant le danger ou en faisant un dégrossissage de l’eau avant l’ébullition .

Une pièce de toile ou mieux une couverture de laine dont les coins sont fixés à 4 pieux plantés en terre constituent un filtre dont l’action sera complétée efficacement par une couche de sable qui garnira le fond du cône formé parla pièce de toile ou la couverture.

On peut avantageusement creuser extemporanément sur le bord des rivières, à berges sablonneuses, une série de galeries filtrantes, à ciel ouvert, dirigées perpendiculairement au cours de la rivière. L’eau arrive dans l’une des galeries qui seule est en communication directe avec la rivière et passe ensuite de l’une à l’autre en filtrant à travers le sable.

Filtre au tonneau. — i®r procédé. — Un tonneau ayant contenu des boissons alcooliques est défoncé à une extrémité ; l’autre fond est percé de trous et chargé de gravier.

ALIMENTATION. - LES BOISSONS

sable et charbon sur une hauteur de 20 à 26 centimètres. Le tonneau ainsi disposé est placé dans un cours d’eau de manière que son extrémité supérieure émerg-e suffisamment. La filtration se fait de bas en haut.

2^ procédé. — Sur un tonneau goudronné à l’intérieur et muni d’un robinet, on dispose un 2e tonneau dont le fond est perforé de nombreux trous. On étend sur ce fond une couverture de laine à tissu serré au-dessus de laquelle sont disposés :

10 Une couche de charbon de 3 à 4 centim. ;

2° Une couche de graviers tassés et lavés ;

3° Une couche de charbon;

4® Une couche de gravier.

L’eau filtrée à travers ces couches sera recueillie dans le récipient inférieur.

Filtre à Véponge. — Une éponge neuve bien lavée à l’eau bouillie est bourrée au fond d’un gros entonnoir.

Tous ces procédés ne sont utilisables qu’en cas d’urgence pour dégrossir l’eau de boisson ou pour donner une eau destinée à des infusions.

La filtration privée n’est efficace que si elle est automatique ou si la personne qui se sert du filtre quel qu’il soit est soigneuse, intelligente. Le filtre le plus parfait ne saurait fonctionner indéfiniment, mais quelques soins- appropriés suffisent pour lui rendre la puissance d’épuration capable d’éliminer au moins les plus dangereux microorganismes.

6. Stérilisation par la chaleur. — a) Ebullition. — De tous les procédés de stérilisation par la chaleur l’ébullition est celui qui donne une suffisante sécurité avec le plus d’économie et avec la plus grande simplicité d’appareils. Il a l’avantage d’être à la portée de tous. Il a servi à l’épuration des eaux bien avant les découvertes de Pasteur. Les Chinois l’employaient de temps immémorial. C’est de ce procédé que dérive l’usage qu’ils font de boissons aroma-

PROCÉDÉS D’ÉPURATION OU DE CORRECTION sbi

tiques si recommandé par les anciens hygiénistes. Quelle est sa valeur ?

Une ébullition prolongée à looo pendant 20 minutes détruit la plupart des microbes banaux et tous les microbes pathogènes les plus dangereux ainsi que leurs spores (i).

Lorsque dans une agglomération limitée, école, caserne, hôpital, maison, camp, l’eau distribuée est suspecte, en temps d’épidémie ou non, le mieux est, même lorsqu’on possède une eau filtrée, de faire bouillir l’eau et de la conserver à l’abri des poussières. Les Italiens disent que le « remède de la fièvre est dans la marmite ». C’est là aussi qu’est le remède du choléra, de la dysenterie, de la fièvre typhoïde.

b) Stérilisation à haute température. — Une température de 100“ prolongée détermine des transformations biologiques et aussi chimiques dans l’eau. Les gaz sont expulsés et les sels terreux, tenus en dissolution grâce à l’acide carbonique, sont précipités en même temps que les matières argilo-ferrugineuses ou organiques. D’autre part, on a démontré que, si la plupart des bactéries pathogènes périssent dans l’eau à loo^ maintenue pendant 20 minutes à cette température, il en est quelques-unes , telles que le vibrion septique, qui résistent à des températures de i lo®.

On a donc cherché à soumettre l’eau à une température supérieure à iio^, sans altérer sa composition chimique. Tous les appareils imaginés reposent sur le principe de

(i) M. Miquel a montré déjà que gbo germes sur 1000 contenus dans l'eau de Seine sont détruits par TébuIIition. D’autre part, il est reconnu que les eaux normales simplement bouillies conservent encore un degré hydroti métrique très suffisant ; que cette simple opération améliore les eaux dures, chargées de sels calcaires ; que le battage, l’écoulement en filet mince, l'exposition suffisent pour rendre, au bout de 20 heures, une partie de l'oxygène et de l’azote perdus (Guinard). Ainsi la simple ébullition dans une marmite donnera des garanties très suffisantes, surtout si elle est précédée d’une filtration au sable et au gravier : c’est le procédé applicable, partout et par tous.

ALIMENTATION. - LES BOISSONS

l’échang-e de température qui se fait entre une eau sur-

Qiir-

chauffée et l’eau froide à stériliser (i).

MM. Rouart, Geneste et Herscher (lig. 5o) ont construit’ un appareil fort ingénieux qui stérilise l’eau par la chaleur sans pression comme dans un laboratoire. 11 se compose de : 1° Une chaudière dans laquelle l’eau est maintenue a un niveau constant et à une température de 120° (pendant! i5 minutes) ou à i3o° (pendant 10 minutes). L’eau est main-î tenue à un niveau constant et la température élevée est J obtenue par un chauffage quelconque (feu nu, gaz, etc.),? sans production de vapeur sensible parce qu’on opère sousî pression en vase clos, de sorte que la majeure partie de l’air^ est conservée ; de plus, l’opération est économique parce qu’il n’y a pas à fournir la chaleur latente de vaporisation 2® Un échangeur, où l’eau stérilisée vient se refroidir et' d’où l’eau qui sert à la refroidir va à la chaudière pour y' être stérilisée à son tour, d’où économie ;

3° Un complément d'échangeur, où l’eau achève de .se refroidir si bien qu’elle sort avec 2 ou 3 degrés de différence seulement avec l’eau d’alimentation ;

4° Un clarificateur garni de sable qui enlève à l’eau toutes les matières en suspension.

En commençant, on stérilise tout l’appareil en faisant circuler dans toutes ses parties l’eau à 120 ou i3o degrés.

Cet appareil donne une eau parfaitement stérilisée et ayant conservé l’air dissous. Mais comme les autres stérili-i sateurs (de Stubel, à Hambourg, de David Grove, à Berlin,1 de Tellier, etc.), il doit être réservé pour les colonnes expé-1 ditionnaires, les postes détachés, les habitations collectives,^ les casernes, les hôpitaux, etc.

c) Distillation. — La distillation de l’eau ne peut être! qu’un procédé d’exception et d’extrême nécessité, car il] entraîne des frais considérables et ne donne qu’une eau]

' (i) Voy. Pouchet, Epuration et stérilisation des eaux de boisson\

{Annales d'hygiène, 1891).

G. Heynaud. Hygiène coloniale.

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