‹ Hygiène de l'ame par le baron E. De FeuchterslebenChapitre 30 sur 41 · CX1I · texte numérisé non relu

CX1I

Quiconque dit au fond de son âme qu’il est malade, devient malheureux par l’hypocondrie ; quiconque, avec une étourderie impertinente, se déclare bien portant, peut devenir malheureux par sa négligence. 11 y a un milieu entre ces deux extrêmes : traitons-nous comme des gens d’une santé faible et délicate, ce que nous sommes tous réellement, et vivons avec prudence, sans présomption et sans crainte.

ET PENSÉES

Dans beaucoup de cas où il faut que le malade ne songe pas à son mal, la puissance de l’âme sur le corps a besoin d’être mise en mouvement par une volonté étrangère ; ce serait trop exiger que de vouloir qu’elle agisse par une impulsion personnelle.

— Pourtant qui connaîtra, aussi bien que vous, votre maladie, le traitement qu’elle demande, la dose et l’opportunité du remède ? 11 est donc essentiel de se recueillir et d’examiner ce qu’il est possible de faire.

Il y a en général deux manières d’envisager la vie : ou bien, posant son individualité en face du monde, on cherche à la maintenir libre et indépendante, et l’on soutient une lutte qui développe le caractère : c’est la méthode subjective ou morale (Kant) j ou bien, s’abandonnant volontairement au courant du monde, s’accommodant aux temps et aux choses, on se perçoit comme objet, et l’on se

FEÜCHTERSLEBEN. » 15

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