‹ Hygiène de l'ame par le baron E. De FeuchterslebenChapitre 8 sur 41 · VÉRITÉ, NATURE · texte numérisé non relu

VÉRITÉ, NATURE

vons nous soumettre à cette loi que la société nous impose. Mais nous imposer à nous-mêmes une contrainte volontaire ; mais prendre un rôle dans la pièce qui se joue, nous travestir et nous grimer comme des acteurs, c’est là une folie qui doit peu à peu, par un effet irrésistible, ruiner en nous la santé de l’âme et du corps. Il n’est rien de moral que la vérité, rien d’immoral que le mensonge. L’une purifie, l’autre corrompt. Le mensonge continuel que nous nous imposons à nous-mêmes consume, comme un poison lent, toutes les forces de l’existence, et nous, insensés! nous trouvons une joie maladive à nourrir de notre chair et de notre sang le ver rongeur qui nous dévore. Tel est le goût du siècle. Nous sommes fiers de notre mal comme une coquette l’est de sa pâleur, et c’est dans le raffinement même des mensonges sociaux que nous faisons consister les progrès de la civilisation. Ainsi l’on voit le malade incurable, quand il est perdu sans ressource, se réjouir de la diminution de ses douleurs ; il croit que le mal a disparu parce que la souffrance s’est apaisée; l’espoir et la satisfaction brillent sur son visage; hélas! l’amère ironie de ces fausses illusions aiguise la douleur

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