TEMPÉRAMENT ET CONSTITUTION
relative à chaque individu ; c'est surtout cette dei'nière qu'il faut spécialement étudier, approfondir. Chacun doit avoir l'expérience de soi, se conduire d'après le principe a juvantibus et lœdentibus, ce qui convient et ce qui nuit. Autant il est difficile de trouver un soulier qui chausse bien tous les pieds, autant l'est-il que le même régime convienne à tous les hommes. « Deux de mes amis, dit Galien, eurent un jour une vive dispute sur le miel. L'un disait que rien n'était plus sain, l'autre qu'il n'y avait rien de plus pernicieux ; et tous deux en appelaient à l'expérience, sans prendre garde qu'ils étaient d'un tempérament différent. » Le médecin de Pergame ajoute : « Je connais des gens qui, s'ils passent trois jours sans se fatiguer au travail, sont infailliblement malades; d'autres qui se portent à merveille, quoiqu'ils ne prennent que peu ou point d'exercice. Primigène, de Mitylène, était tous les jours obligé de prendre un bain chaud, sans quoi il avait la fièvre » (1). Cette réflexion de Galien est très juste; on en déduit une règle vulgaire en théorie, mais dont l'application donne les résultats les plus avantageux. Cette application est pourtant assez difficile, car elle exige deux choses qui ne sont pas toujours réunies, un discernement exquis et l'observation de soi, constante et réfléchie.
(1) Galien, de sanitate tuendu.
Une difficulté qui se rencontre à chaque instant, c'est celle des nuances à saisir. Cette grande sensibilité que nous avons tant de fois remarquée chez les penseurs, comme base de leur constitution, présente en effet de nombreuses différences. Ces différences sont relatives aux constitutions, à l'Age, au climat, aux saisons, aux habitudes, à la profession, aux travaux, etc.
Que dire des constitutions? Rien de plus connu que ces groupes de caractères organiques désignés sous le nom de tempéraments. Les anciens en ont fait des types si bien marqués, que ces types ont résisté à toutes les révolutions de la science. Personne n'ignore, en effet, ce que sont les tempéraments sanguin, bilieux, lymphatique, mélancolique : mais ce sont là quatre chefs généraux auxquels se rattachent une foule de subdivisions et de nuances. Or, chacune de ces nuances est une forme organique qui exige des soins particuliers d'hygiène. Un médecin de l'antiquiié prétendait avec raison, que la connaissance parfaite des idiosyncrasies, ou spécialités de tempérament, l'égalerait à Esculape; mais, comme l'observent Valesio et Huartc, cette connaissance suppose les lumières d'un être surnaturel. Malgré cette difficulté, on doit, autant que possible, étudier ces variétés de constitution. Certes, sans sortir du sujet qui nous occupe, nous pouvons dire qu'entre le phlegmatiquc érudit, le froid critique, le tranquille