JEUNE AGE ET VIEILLESSE
algébriste,d'unepart,etle bouillant enfant des muses, l'artiste rêveur, enthousiaste, mélancolique, d'autre part, se mesure une distance infiniment grande.
L'impassible la Fontaine et l'irascible Voltaire adopteront-ils les mêmes précautions hygiéniques? Soumettra-t-on au même régime, l'organisation calme de Dussaulx et le tempérament de feu de J.-J. Rousseau? cela ne saurait être; et pourtant il faut partir de données générales, pour arriver ensuite aux spécialités individuelles. Certaines bases sont à tel point nécessaires qu'on ne peut jamais s'en passer.
Soutenir les constitutions délicates, vivifier sans secousse et sans violence les organisations débiles, combattre par les toniques, l'empâtement, la molle polysarciedutempéramentlymphatique. Au contraire, tempérer les organisations actives, fébricitantes dont le rhytme vital est énergique et rapide. Dans les constitutions éminemment sensibles, éloigner le plus possible cette série d'excitations anormales du système nerveux qui les bouleversent; en un mot, se rappeler toujours que l'état extrême de tout tempérament est déjà un état maladif. Tels sont les fondements de l'hygiène des constitutions. Quant aux développements, ils se trouvent dans ce livre.
Le jeune âye et la vieillesse. — Parmi les changements qu'éprouve l'organisme, l'âge mérite surtout une considération particulière. La vie de l'homme a ses crises comme les grandes maladies,
il convient donc de les observer avec soin et de se régler selon les phénomènes qui ont lieu.
On peut dire, en général, que toute maladie est l'héritage certain de la conduite passée; de là l'importance de songer de bonne heure à un régime convenable à sa constitution. La raison doit être consultée sur ce point comme sur tant d'autres. Mais par malheur, il en est de la vie, de la santé, comme de nos autres biens quand on croit les avoir en abondance. L'économie ne devient exacte que pour ménager le peu qui reste; en d'autres termes, on n'apprend à économiser ses fonds que quand on est presque ruiné. Combien de jeunes gens déjà célèbres, tombent, dès l'entrée de la carrière, pour avoir négligé cette simple règle de bon sens que nous avons traitée, modérer le vouloir pour ne pas faillir ensuite au pouvoir! Ils ont tout d'abord brisé les ressorts de leur existence physique. Je ne parle pas de ces jeunes et ardentes âmes, que le mal social agite, mûrit et tue avant le temps, mais de celles qui veulent se faire un nom, un avenir, par des travaux assidus. Souvent ces hommes succombent sous le faix de ces travaux, et de ces passions de plus d'une sorte. Pourquoi cela? C'est qu'ils n'ont rien prévu, rien calculé sous le rapport de leurs forces, de leur santé ; à vingt ans on croit à peine que la jeunesse a une fin ; l'avenir s'étend si loin ! Mais la maladie vient et montre qu'aucun âge ne lui échappe. Dans le fait, il n'y