INTRODUCTION
A la lecture de ce petit livre, l’obèse risque d’être doublement déçu.
Déçu s’il croit y découvrir un remède nouveau susceptible à la façon d’une baguette magique de le faire maigrir sans qu’il lui soit nécessaire de rien changer à son mode d’existence.
Déçu également s’il espère y trouver une excuse valable à l’infirmité dont il est atteint. Car s’il est effectivement des cas où l’embonpoint se constitue avec une facilité désespérante, combien souvent l’obèse n’est-il pas le plus grand — pour ne pas dire le seul — responsable de son mal: c’est à tort qu’il invoque alors l’injustice de la fatalité et s’efforce de faire retomber le poids de sa faute (un poids qui dépasse parfois 150 kilos) sur une hérédité familiale.
«Ne devient pas obèse qui veut» dit à juste raison la sagesse populaire. <Ne demeure pas obèse qui a la volonté de maigrir >» nous permettons-nous d’ajouter. L’obèse, en règle générale, mange beaucoup. Mangerait-il relativement peu, il mange encore relative-
ment trop; et c’est en se soumettant à un régime de restriction qu’il perdra de façon rationnelle, le surplus de graisse dont il est infiltré. A beaucoup d’obèses ces conclusions ne laisseront pas que de sembler un peu amères. La perte de chaque once de graisse leur apparaîtra comme la conséquence d’efforts douloureux et prolongés: et ce ne sera pas là le moins cruel des innombrables « Martyres de l’obèse ».
Mais s’il fait fi de ces prudents conseils, qu’il apprenne au moins à connaître les complications qui menacent son existence.
L’obésité n’est jamais le signe d’une santé florissante, et l’on ne voit guère de vieillards obèses. Témoin cette table de mortalité dressée par les compagnies américaines d'assurance sur la vie:
Pourcentage d’excès de poids.
Age Mortalité supplémentaire 20 ANSE A RARE ER CE NE a) 20 40 D0 AUS ANSE ANSE Re AA 17 35 60 AG-50 anse Re ne en DE SOS UTT
Ces chiffres sont suffisamment éloquents par euxmêmes pour pouvoir se passer de commentaires. En regard de tant d’obèses qui, par ignorance ou par paresse, ferment les yeux sur les méfaits de l'obésité, il est des sujets doués d’une adiposité modeste que hante la phobie de la graisse.
Les caprices de la mode, en imposant aux vendeu-
Mgr
ses, aux mannequins, aux actrices de cinéma, aux femmes du monde une platitude d’éphèbe, ont amené léclosion d’une floraison de thérapeutes qui se disent experts dans l’art de faire maigrir. Beaucoup de ces soi-disant spécialistes pleins de mépris pour les prescriptions fondamentales de l'hygiène et de la diétetique ordonnent des cachets dont la composition demeure secrète et pratiquent eux-mêmes de mystérieuses injections. A côté de quelques cures retentissantes et aussi de quelques cas de mort impardonnable, il faut compter avec la longue cohorte de leurs victimes qui resteront des longues années durant des écloppées...
Les pratiques du charlatan sont également dangereuses pour les obèses véritables et pour ceux qui veulent maigrir dans un but esthétique ou professionnel.
Les uns comme les autres pour atteindre en toute prudence leur poids idéal, n’auront qu’à se soumettre sous le contrôle — toujours nécessaire — d’un médecin compétent, aux mesures hygiéno-diétetiques qui leur sont proposées dans les chapitres suivants.
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