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Ch. Vincent : La chaussure dans l’antiquité

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Ce brodequin ressemble aux chaussures actuelles des ouvriers des champs.

A côté de toutes ces chaussures que nous venons de décrire, il en est une grande quantité d’autres moins importantes dont nous ne ferons pas état ici.

Le peuple romain a produit de véritables chefsd'œuvre au point de vue de la chaussure. Certains auteurs prétendent qu’au cours de son évolution la chaussure aurait subi l'influence des différentes périodes historiques de la longue existence de Rome (x).

Disons tout de suite que les esclaves n'avaient pas le droit de porter de chaussures:

Etudions maintenant les trois types de chaussures romaines.

D'abord la solea, qui était une simple semelle garnissant le dessous du pied, qu’elle dépassait d’un ou deux centimètres ; elle était fixée au pied par des lanières de Cuir qui partaient des deux bouts.

Puis le pero, porté sous la République par la majo rité des Romains ; c'était une espèce de brodequin fermé par des lacets.

Ensuite vient le calceus, qui est le véritable soulier des Romains civils. Autant le pero était une chaussure primitive, autant le calceus était travaillé. Il était fait de cuir très souple, couvrait tout le pied et montait au-dessus de la cheville.

Enfin la caliga était une chaussure exclusivement militaire.

L Yernaux, La chaussure à travers les âges.

C'était une semelle épaisse garnie de courroies (ligulae) très larges qui remontaient jusqu’à la cheville. Cette chaussure laissait les orteils à découvert.

La forme des caligas varia par la largeur des courroies qui laissait plus ou moins le cou de pied à découvert.

Quant aux habitants de la campagne, ils portaient des chaussures en bois qui ressemblaient à nos sabots

Cette chaussure, selon Plaute, devenait une arme, terrible quand ils se querellaient entre eux, car ils s’en frappaient parfois au visage.

Dans les classes riches, le luxe était arrivé à un tel degré de raffinement, que les Romains allaient jusqu’à chausser leurs chevaux de chaussures en jonc, en fer, et parfois en or et en argent.

Après avoir étudié la chaussure chez tous ces peuples, nous arrivons ainsi aux premiers temps de l’Ere chrétienne. La chaussure est considérée à ce moment: comme un objet de stricte utilité, tout le luxe en est banni.

Les premiers Germains furent chaussés d’écorces d'arbres. Baldinius dans son livre décrit les chaussures des Germains comme étant des espèces de brodéquins montant jusqu’à la naissance du mollet, faits eh peau crue garnie de son poil.

La chaussure des Huns est restée célèbre dans l’histoire par la description de la fameuse demi-botte d’Attila.

Cette demi-botte, faite de peau non préparée et

garnie entièrement de son poil, était la chaussure

to gr habituelle de celui qu’on a surnommé le « Fléau de Dieu ».

Les Goths portaient des chaussures où se voyait

un souci de perfection. Leurs brodequins ressem-—

Tia 5. Brode aus des Goths |

blaient à ceux des Germains, mais de plus ils avaient un mode de fixation consistant en une boucle attachée au côté externe à la hauteur de la cheville.

Ce sont les seuls modèles importants que nous connaissions chez les Barbares.

ATOS

La chaussure du Moyen-Age au XX: siècle.

Pendant la période qui sépare les temps antiques du Moyen-Age, on à peu de renseignements sur la chaussure.

Les Gaulois, avant l'invasion romaine, portaient des sandales de bois. Peu à peu ils perfectionnèrent cette

Ho os

chaussure en la garnissant de quartiers bas et d’empeignes en peau, ce qui formait en réalité un soulier à semelle de bois. Ce soulier devint la chaussure populaire et prit le nom de Gallica dont nous avons fait galoche.

Lors de l'invasion romaine, les Gaulois faisaient usage d’un soulier en cuir ou chausson fermé et

d’une petite bottine montante. Le pied était complè-

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tement couvert et la tige atteignait même la naissance du mollet, de façon que la courroie fût cachée sous la tunique.

Puis les Gallo-Romains eurent des souliers avec des oreilles et des quartiers en cuir estampé. L’empeigne était découpée en petites lanières qui se rejoignaient sur le pied. La semelle, qui n’était pas très

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épaisse, était garnie de clous à tête d’argent chez les chefs.

Un archéologue a découvert dans des puits funéraires de la Vendée des chaussures gallo-romaines dont voici la reproduction ci-contre.

Celle-ci est un soulier à oreilles dont la semelle est garnie de clous dans toute son étendue.

Jusqu'ici, dans toutes les chaussures de l'antiquité, on ne s’est jamais préoccupé de la cambrure de la semelle ; cette cambrure qui fait que lés extrémités de la chaussure portent seules sur le sol.

À partir de cette époque la cambrüre semble

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inquiéter les cordonniers qui ne mettent des clous sous la semelle qu’au talon et à l’extrémité.

Les Francs ont des souliers qui imitent l'escarpin avec des rubans s’enroulant jusqu'au haut de la cuisse ; nous voyons aussi chez eux une sorte de soulier ressemblant au campagus romain. Cette chaussure est faite d’une seule pièce.

Au vue siècle les chaussures s’inspirent soit du style romain, soit du style barbare. Il existe un grand nombre de modèles peu caractéristiques, se fixant tous par des rubans plus ou moins bariolés.

Au viue siècle se montre la botte molle appelée heuse ; c'est un soulier assez grossier destiné au peuple. Nous voyons aussi des galliques ou galoches.

Au 1x€ siècle, nous voyons un grand nombre de modèles. Il y a les simples sandales arrondies du bout, destinées aux guerriers, puis des chaussures plus élégantes enveloppant le pied, soit entièrement, soit en partie, destinées à la noblesse.

Nous arrivons à l’époque féodale. Pendant cette période, seuls les rois de France portent des rubans enroulés aux pieds à partir du bout, rappelant la caliga romaine.

Au x€ siècle, la cordonnerie se développe ; cepen-— dant les auteurs n’ont pas l'air très fixés sur les modèles de cette époque. Les souliers furent-ils très serrants et terminés en pointes recourbées ou bien au contraire finissant en effilés très fins ?

Vers la fin du x1e siècle apparaissent des souliers à

noms nouveaux

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