AVANT LA LACTATION
I. Soins locaux. — Une hygiène normale comporte une attention spéciale à la propreté des seins, les protégeant contre les infections locales.
Au cours de la grossesse, la sécrétion du colostrum, amenant une plus grande perméabilité aux souillures, apportera une raison plus forte à ces soins : une toilette quotidienne enlèvera les débris de la desquamation et les parcelles de colostrum qui pourraient devenir une cause d’irritation. Une friction à l'alcool dilué au tiers dans de l’eau bouillie tiède, tous les deux ou trois jours, rendra l'épiderme plus résistant et moins sujet aux gerçures.
On se gardera bien d'essayer de faire saillir davantage des mamelons plats ou ombiliqués par des tractions ou des succions, qui, accusées de provoquer parfois l’avortement, peuvent également être la cause d’abeès -ou -d’ennuis plus: graves (syphilis transmise par des « tireuses de lait » professionnel-
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les). — La bouche de l’enfant sera le seul moyen de développement des bouts de sein, et les appareils ne manquent pas qui pourront y. suppléer.
dé Les corsets seront sans baleines, devant soutenir les seins sans les comprimer.
II. Soins généraux. — La future nourrice mènera une vie normale, sans fatigue, ne négligera aucun soin de propreté, tout en évitant le froid.
Son alimentation sera substantielle, car elle assurera ses besoins personnels, le développement du fœtus, et la mise en réserve des éléments que réclamera la lactation. Elle sera la même que pendant l’allaitement.
Sa digestion sera surveillée, les troubles digestifs l’exposant à des incidents personnels et risquant de compromettre la santé du fœtus et l'allaitement lui-même.
Les soins dentaires seront rigoureux : les femmes enceintes et les nourrices sont prédisposées à la carie, source de malaises digestifs par mastication défectueuse, et même d’une foule de malaises à porte d'entrée buccale.
L'habillement devra assurer confort et chaleur,
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qui contribueront à la santé générale de la femme, et au bon pronostic de l’accouchement.
Enfin, nous considérerons les raisons qui doivent faire déconseiller l'allaitement, en dehors des considérations sociales et économiques n'ayant plus lieu d’être aujourd'hui.
La tuberculose pulmonaire en évolution en est une : avec le risque de contamination par les voies
aériennes, — puisqu'il est prouvé par de nombreux auteurs que le jait des tuberculeuses n'est pas contagieux — l'allaitement dans ce cas est cause d’un
trop grand épuisement maternel.
Une cardiopathie mal compensée, un mal de Bright vrai, des affections nerveuses organiques, des psychoses graves, la morphinomanie, les affections organiques et chroniques du foie, les dyspepsies graves, le diabète sérieux, le paludisme grave, ne doivent pas permettre l'espoir de l'allaitement.
Dans le cas de syphilis, les lois de Colles et de Propheta nous dictent l'absence de danger dans l’allaitement d’un enfant sain en apparence par sa mère porteuse de lésions où inversement. |