‹ Hygiène de la première enfance (volume 2)Chapitre 10 sur 143 · VARIATIONS D£ L'HÉRÉDITÉ · texte numérisé non relu

VARIATIONS D£ L'HÉRÉDITÉ

et même de plusieurs années; il en est qui né se montrent qu'à Tâge dé cinquante ou soixante ans.

La syphilis héréditaire tue souvent les enfants dans le sein do leur mère et provoque Tavortement.

La même syphilis héréditaire apparaît quinze jours, six mois, trois ans après la naissance. ' La scrofule se montre au bout de plusieurs mois et de plusieurs années;

C'est dans la période moyenne de la vie que viennent les coliques néphrétiques, l'aliénation mentale, la goutte, etc., etc.

A la vieillesse enfin appartient l'apoplexie cérébrale héréditaire.

Vimpressiongénérativey envisagée comme cause prédisposante morbifique, produit donc au moins autant d'aptitudes morbides et d'idiosyncrasies que de maladies confirmées. En effet, ce qu'elle laisse au sein des êtres y peut sommeiller vingt, trente ou quarante ans, ne jamais éclore, si les circonstances extérieures s'y opposent, et, pendant ce laps de temps, il n'y a évidemment qu'une aptitude morbide et point de maladie. Cet état diathésique latent pendant de longues années ajoute encore à ce qu'il y a de merveilleux dans la transmission héréditaire de la forme des organes et des mala-

dies. Pourquoi un enfant n'arrive-t-il à ressembler à son père qu'à vingt ans, et pourquoi n'est-il aliéné comme sa mère qu'à trente? Ce sont autant de questions insolubles, et il faut se contenter d'établir le fait de l'aptitude héréditaire, préalable au développement des maladies de famille*

L'impression générative est d'autant plus certainement suivie d'effets morbides, que les parents sont plus avancés en âge, et les maladies héréditaires se développent souvent à la même époque de la vie que chez leurs auteurs.

Quelques personnes ont dit que les enfants n'héritaient point des maladies de leurs père et mère quand ils étaient conçus avant le développement de ces maladies chez leurs générateurs. Gela n'est pas exact en général. Ainsi j'ai vu des parents perdre leurs enfants et leurs petits-enfants de phthisie ou de maladies scrofuleuses, sans qu'on en soupçonnât l'origine héréditaire, lorsque plus tard la mère, prise d'hémoptysie à soixantecinq ans^ mourait en quelques mois d'une maladie de poitrine. J'ai connu un colosse, le concierge de la Charité de Paris, haut de six pieds et lourd de plus de 100 kilogrammes, qui perdit ses deux filles de phthisie pulmonaire à vingt cinq et trente ans, et qui mourut après elles d'hémoptysie et de

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phthisie tuberculeuse. Je cite ces faits, qui me sont personnels, pour appuyer tous ceux qui sont dans la mémoire de chaque médecin. Les enfants ont plus de chances pour échapper aux maladies transmissibles par l'impression générative, lorsqu'ils sont conçus avant le développement delà maladie chez leurs parents et qu'on peut considérer le mal comme accidentel et acquis par la débauche. Il est évident que le podagrisme acquis par les excès de table après la naissance d'un enfant ne peut influer sur sa santé, ni le prédisposer au développement de cette diathèse.

On a beaucoup discuté pour savoir laquelle des deux impressions génératives, paternelle ou maternelle, avait le plus de force pour donner l'impulsion régulière ou viciée à l'ovule; mais les théories exclusives sur ce point ne peuvent résister à l'autorité des observations particulières, La part du père et de la mère est sans doute variable, mais elle est également certaine : la proportion seule diffère et n'a pu encore être déterminée par aucun observateur.

Voici les règles que l'on pourrait établir à cet égard (1) :

(I) p. Lucas, Traité de Vhérédilé dans la étals de santé et de maladie.

54 UYGltNE DE LA PREMltRB BIFANGE.

< l"* Dans Tordre régulier de tranBmission séminale, toutes les maladies exclusives au sexe luâle seront généralemeiit propagées par les pères lux seuls produite mflles ; toutes les maladies exdniives au sexe femelle seront généralement propagées par les mères aux seuls produits femelles.

» 2"* Toutes les maladies communes aux deoi sexes, mais qui, de leur nature, prédominent dans le sexe mâle ou dans le sexe femelle, seront généralement, dans le premier cas, plus fréquemment transmissibles aux mâles, et, dans le second, plus fréquemment transmissibles aux femelles*

» 8° Les maladies communes et d'une fréquence égale entre les deux sexes seront également et indistinctement transmises aux produite des deui sexes, à moins peutrêtro que les pères ne transmettent de préférence aux mâles celles qui proviennent nativement des pères, et les mères aux femeUes celles qui proviennent nativement des mères. >

Si telles sont les règles, il faut savoir qu'elles souffrent des exceptions, et qu'on ne doit les considérer que comme un ordre régulier de transport iéminal n'ayant rien d'absolu dans leurs effete.

Ainsi, la première règle offre deux exceptions î l°le transport anormal des caractères sexuels ^om hermaphrodisme y et 2° Vhércdité en retour^ ou

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