‹ Hygiène de la première enfance (volume 2)Chapitre 9 sur 143 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

vABUTioss D1& VnÈjukDni iormali et MOABIFIQUM.

THéORlE DU PkllfOMiRB.

Après avoir établi et mis hors de doute par tant d'observations exactes et précises le fait de l'hérédité normale et morbifique, on peut se demander quelle en est la cause, comment Use produit, et quelles sont les circonstances qui le modifient et le détruisenti

Plusieurs hypothèses se présentent à l'esprit désireux de pénétrer la cause de l'hérédité physiologique et pathologique. Est-ce une impression générative subie par l'ovule, constituant une sorte de résultante des impressions séminale et ovulaire combinées; ou bien est-ce quelque chose de spécifique comme un virus^ un vice humoral^ une disposition organique^ un germe inconnu^ quel' que chose de matériel enfin^ qui passe de la semence du mâle à l'ovule, ou qui se développe dans l'ovule lui-même? Il est difficile de comprendre la matérialisation d'un phénomène aussi extraordinaire que l'hérédité à longue échéance des maladies, et vouloir enfermer dans le germe amorphe un virus, un vice humoral ou une disposition organique quelconque, c'est pousser l'anar

lomîc iiathologiquc h Tabsurfle, Encore s*il n'y avait qu'une hérédité maternellej pourrait-on croire que la femme viciée fournit un germe vicie pouvant garder son empreinte; mais il y a une hérédité paternelle, et ici, en raison de la part minime et incompréhensible accordée à Thommc dans Tacte de lafécondalion, il est absolument impossible de matérialiser son inlluence séminale, et de faire passer, de chez lui au germe de la femelle, les virus et les vices organiques dont il est affecté, II y a enfin ThérédiLé des grands parents, et pour cellelàj il faut en convenir, la transmission directe de quelque chose de matériel au germe est encore plus impossible, puisqu'ils n*onL en rien participé à sa fécondation. D'autre part, Thérédité n'a pas lieu seulement pour les maladies virulentes, humorales et organiques, on l'observe pour de simples vices de conformation, pour la structure int<> rieure ou extérieure des individus, et pour leurs dispositions morales. Or, peut-on supposer, de la ^lart du père, la transmission à l'ovule de quelque *;hosG de matériel qui ferait plus tard une hernie, ^me varicocéle, un sixième doigt, ou <iui lui apporterait sa ressemblance, et quelquefois celle d'un aïeul? Assurément non ; et, à force do vouloir prouver que toutes les maladies sont la

VARIATIONS DE L*HÊRÊDITÊ. 49

conséquence d'alléi-alions organiques appréciables, on arrive au point où je viens de conduire cette doctrine, c'est-à-dire 4 l'absurde. Les maladies héréditaires, comme les différentes conformations physiques, ne sont pas le résultat de la transmission d'un germe, qui supposerait une matière transmise, et ces maladies ne sont pas primitivement des altérations dé la texture du corps, mais, si elles ne sont point d'abord une altération matérielle, elles ne peuvent être constituées que par un trouble dynamique, c'est-i-dire par une modification de la force qui préside au maintien et à la conservation du coiips vivant. A mon avis, ce sont des impressions transformées.

Je reviens ainsi à la première hypothèse que j'ai formée pour l'explication des causes de l'hérédité. Ne pouvant, à l'aide d'aucun procédé optique ou chimique, saisir à l'œuvre la promorphose humaine et les altérations qu'elle peut subii" par suite des vices d'organisation et de conformation des parents, je m'attache àa fait expérimental dont l'existence ne peut être contestée. Une double impression générative a lieu dans la fécondation; à la suite de cette impression se développe un être bien ou mal conformé, fort ou faible, d'un sang pur ou vicié, atteint plus tard de goutte, de

gyphiliSyde scrofules, de dartres, d'aliénation mentale, comme ses parents, et j'attribue à cette impulsion primitive l'origine de l'aptitude au développement ultérieur des maladies de famille^ Entre cette impression et les aptitudes morbifiques le rapport est assez constant pour être transformé en loi; cela suffit pour y voir une cause expériinentale formelle, dont il ne reste plus qu'à déterminer les conditions de manifestation à l'aide de l'expérience. De cette manière on est dispense de recourir à l'invention d'êtres matériels imaginaires, dont il serait difficile, d'une part, de prouver l'existence, et ensuite de faire comprendre le passage des parents aux enfants.

De Vimpression générative sort la vie, et avec elle la promorphose de la matière^ distincte selon les races, les espèces, les variétés des êtres vivants, et chez l'homme selon ses variétés, son tempérament, ses vices organiques et ses diathèses. c Cum nempe geniiura ab omnibus corporis procédai, a sanis sana^ a morbons morbosa. . . » , ditHippocrate. Elle produit chez les enfants, soit une maladie héréditaire, mortelle avant la naissance ou constatée à ce moment, et ailleurs des maladies héréditaires à longue échéance qui ne doivent paraître qu'au bout de plusieurs jours, de plusieurs mois

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