DE LA TOILETTE, DES SOINS DU CORPS, ET DES BAINS
On ne saifrâit surveiller avec trop d'attention l'état du corps des enfants sous le rapport de la propreté. Les lotions que Ton met en usage à cet efiTet forment une des conditions fondamentales de la bonne éducation physique, car ils ont aussi cet avantage, de pouvoir fortifier les individus et de les mettre en état de résister plus facilement aux influences fâcheuses qui pourront les assiéger dans leur vie. Ces lotions sont tout aussi utiles chez les enfants jeunes et délicats, dont la peau, fréquemment saUe par les déjections naturelles, est plus susceptible que dans toute autre circonstance de s'enflammer à ce contact, que chez ceux qui sont robustes et vigoureux, envers lesquels il ne semble pas nécessaire de mettre ces précautions en usage. Chez tous elles ont pour résultat le dé- . veloppement de l'activité des fonctions perspiratoires de la peau, la vigueur de la constitution, et des forces générales de l'individu.
270 BTGIÈNB DK LA PREMIftRK JENPANGB.
Des bains.
De graves questions se sont élevées au sujet des bains, sous le rapport de leur fréquence et de leur température.
On croyait jadis fort essentiel, pour fortifier les enfants, de les laver et de les baigner à Teati froide quelques jours après la naissance, et de continuer cette méthode jusqu'à un âge assez avancé. Hufeland est de cet avis ; mais il se montre assez scrupuleux dans remploi de ces moyens, car il conseille d'attendre, pour les mettre en usage, que la sixième semaine soit arrivée. Alors, dit «il, on lave chaque matin tout le corps avec de l'eaa tiède que Ton rend insensiblement plus froide. C'est là le meilleur moyen de fortifier le système nerveux et cutané, et de préserver les enfants des affections nerveuses, catarrhales et rhumatismales. C'est ainsi qu'on les habitue aux influences nuisibles auxquelles ils sont exposés dans le cours de leur existence.
Ces idées ont peu à peu disparu de l'hygiène des enfants, car leur application pourrait être préjudiciable à beaucoup d'entre eux, et surtout aux plus délicats. Quelle que soit la faiblesse de ces petits êtres, on veut les élever, et l'on y arrive
TOILSTTB, 60018 DU CORPS ET BAIIfS. S71
à force de soins et de précautions. Ce serait chercher inutilement le danger que de les baigner de trop bonne heure à Teau froide; et il faut se con* tenter de leur laver le corps avec de Teau légèrement tiède^ suivant la saison, et au moyen d'une éponge à toilette. Cette opération sera faite assez rapidement et aussitôt suivie de frictions légères sur la pean avec une toile douce de lin ou de flanelle, pour absorber Feau et pour empêcher le refroidissement du corps. Dans la journée, lorsque l'enfant a sali sa couche, on le lave de nouveau et on le change de Unge autant de fois qu'il est né* cessaire.
Chaque fois qu'on lave un enfant, il faut, après l'avoir essuyé, saupoudrer son corps, et surtout le voisinage des parties naturelles, avec la poudre à la maréchale ou avec la poudre de lycopode parfumée. Ces substances protègent la peau contre l'action irritante de l'urine et des matières excrémentitielles.
Quelques médecins conseillent l'usage des bains quotidiens ; mais c'est véritablement là une exagération delà pratique des soins de propreté. Quand on pense aux lavages si fréquents du corps d'un enfant bien soigné dans un jour, on doit regarder l'administration d'un bain quotidien comme une
chose superflue. Je considère même ce bain comme nuisible, car il fatigue et affaiblit les enfants plutôt que de les fortifier. Un bain d'eau simple, pendant dix ou vingt minutes, répété tous les deux jours, et même une fois par semaine, peut suffire. La température des bains doit être agréable et modérée. Dans Tété, on peut les donner presque froids, mais alors ils doivent être très courts et prolongés quelques minutes seulement. Ils auront 30 degrés centigrades en hiver, et 27 degrés en été. Les bains de rivière ne sont convenables que pour les enfants sortis de la première enfance.
Des 80108 de la lète chei les enfaott.
La tête mérite autant et peut-être même plus de soins que le corps, car il règne encore dans le monde, et surtout chez les personnes de condition inférieure, des préjugés ridicules au sujet de la propreté de cette partie. Un grand nombre de mères de famille considèrent les croûtes brunâtres de la tête, les poux et même les gourmes du cuir chevelu, comme une chose nécessaire à la conservation de la santé de leurs enfants. Beaucoup ne veulent pas toucher à ces ordures. Il faut cependant gagner sur les parents de les faire disparaître pour éviter les maladies du cuir chevelu, Fimpé-
tigo en particulier, qui gagne les oreilles ou les yeux, et détermine le gonflement des glandes du cou. 11 suffit, pour entretenir la tête dans un état dé propreté convenable, de la laver en même temps que le corps avec de l'eau simple à la même température.