LIVRE XVH
DE l'allaitement PAR UNE NOURRICE MALADE, OU DE
l'influence des maladies de la nourrice sur la santé des enfants.
L'influence des maladies de la nourrice sur la santé de l'enfant est une des questions les plus controversées, les plus difficiles et les plus élevées de la médecine. Son importance sera surtout bien comprise par ceux qui pratiquent la médecine des enfants. En effet, il est très essentiel d'apprécier l'état antérieur de la santé des mères et des nourrices au moment de désigner la personne qui doit entreprendre l'allaitement. Il n'est pas moins nécessaire d'étudier les maladies des nourrices pour arriver à connaître leur degré d'influence sur la santé des enfants. De cette manière on apprend à distinguer les cas où il faut interrompre Taliaite-
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menl de ceux où Foii peal le continuer, et l'on détermine sciaitîfiqoement les circonstances qui peuTcnt autorisa le changement de nourrice.
Ce sujet, qui mérite la plus grande attention, n*a été que fort rarement envisagé de cette ma* nière par les médecins. Tous ceux qui, par leur talent et par l'étendue de leur expérience, auraient pu se prononcer à cet égard ne l'ont pas fait, ou du moins n'ont pas publié les résultats de leurs recherches. On trouve partout l'histoire des maladies héréditaires ; quant i l'influence des maladies de la nourrice, il en est rarement question dans les livres. Peu de personnes ont exploré ce sujet, et je n'ai pour guide dans ce travail que des considérations isolées prises dans des traités d'accouchement, dans des recherches sur le lait et dans les dissertations latines étrangères de Hatuer, de Baldini, de Marianini, de Wagner, etc. Çà et là se trouvent aussi des renseignements vagues sur ce sujet, des histoires merveiDeuses, toujours les mêmes, répétées à l'envi par les auteurs, dans le but de démontrer l'influence des affections morales de la nourrice. Nulle part la question n'est traitée comme on pourrait désirer de le voir fidre aujourd'hui. Toutefois, en pariant des altérations du lait produites par les abcès du sein^ M. Donné
ALLÂITWRliT PAR UNK NOURRICE MÀUDE. 2T5
s'est occupé de rinfluenoâ que ces altérations pouvaient avoir sur la santé des eofanU, et nous a fourni quelques indications utiles. J'y reviendrai plus loin»
Division du sujet. — Il faut, pour Tintelligence de ce qui va suivre» séparer avec soin : 1° ce qui se rapporte à l'influence deà maladies antérieures de la mère sur la santé des enfants, c'est-à-dire tout ce qui se rapporte à rhérédité maternelle ; 2*" ce qui est relatif a l'influence des maladies actuelles de la mère nourrice ou de la nourrice.
Dans le premier cas, l'enfant n'est pas malade par le lait de sa mère, et la transmission du mal résulte d'une viciation originelle, datant du moment même de la fécondation ; dans le second, au contraire, la violation est accidentelle, secondaire à la naissance, et s'opère au moyen de Tallaitement De tellm circonstances sont capitales et forment la base d'une division importante.
J'aurai donc à parler : i"" de Vinfluence des maladies antérieures de la mère sur la santé des eîi/oHts; mais je serai bref à cet égard, ayant eu l'occasion d'exposer précédemment les lois de la traBsmissionddimaladieaparlagénération(l). i^ie
(0 Voyfi tofliapiUeoQMacréÀ rbérédi(é»orbifi4ue, page 36.
m'occuperai ensuite d'une question plus importante, relative à Vinfltieme des affections acttielles de la mère nourrice ^ ou de la nourrice mercenaire sur le nourrisson, afin d'étudier les maladies de l'enfance produites par l'allaitement. Je terminerai enfin, et ce sera la conclusion de ce chapitre, par l'exposé des considérations qui nécessitent le changement de nourrice.