‹ Hygiène de la première enfance (volume 2)Chapitre 107 sur 143 · INFLUKMGE DKS MALADIES ANTERIEURES DE LA MÈRE · texte numérisé non relu

INFLUKMGE DKS MALADIES ANTERIEURES DE LA MÈRE

moraux ; transmission des traits de la physionomie, de la ressemblance, et des qualités de l'intelligence et du cœur.

2"^ Transmission des vices d'organisation et des difformités telles que la myopie, la coloration de la peau et des poils, la forme palmée dé quelques doigtft du pied ou de la main, l'augmentation du nombre des doigts chez les sexdigitaires, le strabisme, la surdi-mutité, les tumeui*s érectiles, le pied bot, etc.

3*" La transmission des maladies de la femme enceinte au fœtus, la variole par exemple, fait parfaitement bien, établi et que j'ai moi-même plusieurs fois observé ; la syphilis, la fièvre intermittente, mais les exemples en sont rares : c'est ce qu'on appelle les maladies cannées. Toutes les maladies de la femme enceinte ne jouissent pas de cette propriété, et, pour n'en citer qu'un fait négatif, je rapporterai le cas d'ictère grave observé par M. Ozanam sur une femme enceinte, morte au second jour de son entrée à l'hôpital. Les eaux de l'amnios étaient jaunes, ainsi que le cordon ombilical, mais l'enfant n'était pas ictérique.

k" La transmission de certaines maladies diathésiques, et dont le développement a lieu chez les enfants peu de temps après la naissance .'la

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syphilis et la scrofule dans toutes leurs formes et dans toutes leurs manifestations, l'hémorrhapliilie, Fherpétisme, la folie, TépHepsie, Tirritabilité nerveuse, les convulsions, etc.

5"^ Enfin, la transmission des maladies et des diatbèses qui ne paraissent que beaucoup plus tard: la goutte, la gravelle, l'asthme, le cancer, la tuberculose, etc.

Je n'insisterai pas sur ces faits, qui n'ont plus besoin de démonstration, et qui d'ailleurs nous importent peu en ce moment. Il est bon de les consulter au moment de donner un conseil pour un mariage, et dans le cours de la grossesse, lorsqu'on a besoin de savoir si la mère peut entreprendre la nourriture de son enfant.

Toutefois, parmi ces affections héréditaires du nouveau-né, il en est une qui, par sa gravité, mérite une attention particulière : c'est la syphilis. Encore peu étudiée dans le premier flge, et à cette époque de la vie extrêmement difficile à reconnaître, c'est la seule dont je veuille m'occuper. Je le ferai en réunissant à mes observations les renseignements qu'un de mes amis, M« le docteur A. Deville, ancien interne de l'hôpital Lourdne, a bien voulu me donner, mais ce ne sera qu'un aperçu général de la maladie*

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Pour rhistoire complète de la syphilis infantile, je renvoie au chapitre que j'y ai spécialement consacré (1).

De la syphilis héréditaire chez le nouveau-né

A la naissance, ou dans un intervalle de temps qui varie de quinze jours à deux mois, les enfants offrent souvent des symptômes de syphilis qu'on a cru pendant longtemps être consécutive à la naissance accidentelle et gagnée par le contact d'une personne syphiUtique. On sait aujourd'hui qu'il n'en est rien, car il n'est pas de fait mieux établi, mieux avéré et plus commun, que la transmission de la syphilis par la génération.

Peut-elle provenir également du père et de la mère ? La question est souvent difficile à résoudre relativement au père. En effet, les femmes ignorent souvent l'état de la santé de leur mari à cet égard. Elles ne peuvent éclairer le médecin qui les interroge. Dans les hôpitaux, le père est inconnu, et Ton ne peut Tinterroger soi-même. En ville, on hésite à adresser des questions indiscrètes, qui peuvent quelquefois troubler la paix d'un intérieur. Par conséquent, tout semble s'opposer à ce

(I) Traité des maladies des nouveau -nés et de la seconde m^mcê^ V édition, p. 9S5.

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qu'on puisse découvrir la vérité. On y arrive quelquefoiSy mais très difficilement, et alors on court de grandes chances, au milieu des précautions qu'on a prises, de tomber dans Terreur. C'est sans doute à cause de ces difficultés d'observation que plusieurs médecins ont nié, bien à tort, la transmission de la syphilis provenant du père. Cette transmission est probable, et je dirai tout aussi réelle que la transmission d'un doigt palmé, de la couleur des poils, de la scrofule, de la phthisie pulmonaire, de l'herpétisme, du cancer, etc.

Quant à l'hérédité par la nnère, c'est là le fait vulgaire, celui qu'on observe tous les jours. Il ti'est même pas rare de trouver des exemples positifs de transmission de la maladie par la mère seule, le père étant sain. M. Deville a soigné une dame dont il connaissait la famille, et qui avait eu des chancres et des plaques muqueuses à la vulve. Aucun traitement général n'avait été entrepris, et les phénomènes locaux disparurent A peine rétablie, la malade, incontestablement affectée de syphilis latente, se maria et devint enceinte ; au huitième mois, elle accoucha d'un enfant mort, couvert de plaques muqueuses; le père jouissait d'une excellente santé, et n'avait jamais eu de maladies syphilitiques, ce qu'il affirmait

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avec une francbise et une bonne foî contre lesquelles il n'y avait pas lieu d'élever aucun doute.

La femme qui transmet la syphilis à son enfant peut se trouver, au moment de l'accouchement, dans trois conditions : 1° elle présente des symptômes syphilitiques secondaires ;2'' elle n'en présente pas au moment même, mais elle en aura plus tard ; 3* elle en a eu précédemment.

1* La mère est aflectée de syphilis secondaire (chancre induré, plaque muqueuse , chute des cheveux et croûtes sur le cuir chevelu, douleurs de tête et dans les articulations, roséole, papules ou pustules suivies ou non d'ulcérations, etc.), au moment de l'accouchement. Ce sont là les cas les plus tranchés, contre lesquels aucun doute ne peut être élevé, et que l'observation la plus superficielle a signalés depuis les temps les plus reculés.

2* La mère présentera plus tard des phénomènes de syphilis constitutionnelle ; mais elle était déjà sous l'influence de la syphilis, elle avait une syphilis latente. Rien de plus commun que cela. Une femme a contracté des chancres ; presque toujours, s'il doit y avoir syphilis constitutionnelle, les chancres se transforment in situ en plaques muqueuses ou en chancres indurés, et tout peut s'arrêter là. Mais la malade est affectée mainte-

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nant de syphilis constitutionnelle; bien qu'il n'hait actuellement rien d'apparent à l'extérieur du corps^ et si un traitement régulier n'est pas appliquéy plus tard se développeront des symptômes syphilitiques aisés à reconnaître « Que dans cette période qui s'écoule entre le moment où une malade a eu un chancre induré ou une plaque muqueuse et celui où elle aura d'autres maladies syphilitiques, la grossesse ou l'accouchement surviennent, et il y aura probabilité pour que l'enfant soit infecté. C'est ce que l'observation a dé* montré,

3° La mère a eu, soit avant la grossesse, soit avant l'accouchement, des maladies syphilitiques. Si un traitement régulier n'a pas été suivi, bien que ces maladies soient disparues comme phémtnénes locaux et apparents j la malade n'en reste pas moins sous l'influence d'une syphilis constitutionnelle qui peut, d'un instant à l'autre, se traduire par la manifestation de nouvelles syphilides ou d'autres symptômes extérieurs. C'est dans ces ou surtout qu'elle peut se transmettre à l'enfant.

Les phénomènes syphilitiques primitifs sont-ils Uimsmisstbles par l'hérédité ? Lorsqu'on veut se donner la peine d'observer, et non pas se créer «rAVinoo des théories auxquelles on veut plus tard

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