INFLUENCE MS MALAEIIS ANTÉRIECRES DE LA MÈRE
plier les faits, on voit bien vite que cette transmission n'a jamais lieu. L'observation attentive nous montre aisément l'origine des chancres primitifSy fort rares, du reste, qu'on peut observer chez les nouveau-nés. Toujours alors la mère présente actuellement un chancre dont le pus s'inocule au moyen d'une érosion ou d'une plaie faite à la peau de l'enfant. Mais ce pus proviendrait d'une tout autre source, par exemple des personnes qui remuent l'enfant ou des linges dont on l'entoure, que le résultat serait le même ; il y aurait également inoculation. Je n'ai pas besoin d'insister pour montrer que ce n'est pas là un de ces faits qu'on comprend sous le nom de maladies héréditaires; mais il était nécessaire de donner quelques détails à ce sujet.
Les accidents syphilitiques, vraiment, franchement transmissibles par hérédité, sont les accidents secondaires.
Est-ce par le germe à son origine, ou bien par les matériaux extraits par le fœtus du sang maternel, que cette communication se fait? Il est assez difficile de le dire. On ne peut que faire des conjectures à cet égard. Cependant, si l'on trouvait des cas dans lesquels une femme qui n'aurait rien eu avant sa grossesse gagnât, pendant la gesta-
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tion, des chancres suivis d'infection constitutionnelle qui se transmettraient à son enfant, il faudrait admettre que c'est par les matériaux fournis au fœtos pour sa nntrition que la transmission aurait lieu. Ce sont des faits très délicats à obsei-ver.
Mais dès l'instant qu'aux accidents syphilitiques secondaires font suite les accidents tertiaires, l'hérédité cesse aussitôt ou à peu près. Ainsi, on a Yu des malades avorter et donner naissance à des enfants mort-nés ou à des enfants infectés, pendant tout le temps que dure la période des accidents secondaires ; mais dès que les accidents tertiaires étaient arrivés, ces mêmes malades, redevenues enceintes, donnaient naissance à des enfants bien portants. C'est peut-être là un élément précieux de diagnostic pour savoir si une malade infectée de syphilis constitutionnelle st dans la période des accidents secondaires ou A ns celle des accidents tertiaires. Il est bien endu cfù^y s* "°^ malade infectée de syphilis titulionnelle secondaire se traite convenable- ^^\avec du mercure, la syphilis ne se transmet T! Dans tout ce qui précède, il s'agit de malades ^ c .ont pas traitées pendant qu'eUes étaient mn ne se »""• r
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Une 'mère affectée de syphilis tertiaire (ulcérations tertiaires, t^ryza, ozène, gommes, nodus sous-cutanés, périostoses, exostoses, etc.), donnet- elle naissance à d«s enfants scrofuleux? Aucune observalion positive n'est ^encore venue à l'appui de cette opinion, qui n'est pas absolument improbable. Mais on ne sait que penser de cette origine syphilitique des scrofules, lorsqu'on voit des personnes qui l'admettent citer à l'appui des observations de soi-disant transmission par des parents qui ont eu de simples blennorrhagies, par une mère qui a eu une. simple ulcération du col utérin.
Une question encore pendante est celle de savoir si une nourrice ou une mère nourrissant son enfant, et gagnant la syphilis, peuvent transmettre cette maladie parla lactation. M. Ricord croit que non, et il est de fait qu'on observe contre la transmission plus d'exemples qu'il n'y en a en sa faveur. Il faut dire néanmoins que la question a besoin d'être étudiée de nouveau, car certains faits sembleraient plaider pour la possibilité de cette transmission. On trouve beaucoup de difficultés dans les observations de cette nature ; mais il est plus qu'étonnant de voir encore des praticiens se laisser tromper dans certains cas par les nourrices. Un bon nombre de syphilis transmises aux enfants
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par l6B nourrices le sont de la manière toivante, qu'il importe de se rappeler : la nourrice a des chancres, le pus de ces chancres s'inocule à l'enfant ; l'enfant a d'abord un chancre (phénomène primitif), et puis, à la suite de ce chancre, mais ni toujours, ni inévitablement , il a des accidents syphilitiques secondaires* L'inverse peut avoir lieu, c'est-à-dire que la contagion peut avoir lieu de l'enfant à la nourrice, le premier ayant d'abord un chancre qu'il transmet ensuite à sa nourrice. C'est là le principal mode de communication de la maladie entre l'enfant et la nourrice; car, outre le fait possible d'une transmission par l'allaitement, il y a encore cette circonstance, que des enfants atteints de syphilis secondaire peuvent infecter leur nourrice, en faisant naître autour des mame* Ions, qu'ils mâchonnent continuellement , une inflammation spécifique ulcéreuse qui entraîne souvent la perte du bout de sein et qui amène bientôt une diathèse suivie d'autres accidents syphilitiques.
Longtemps on a soutenu qu*un enfant atteint dés sa naissance de syphiiis secondaire^ n'ayant aucun sjmptôme primitif, ne pouvait rien transmettre à sa nourrice : c'est une erreur, et en observant avec attention, l'esprit libre de toute
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idée préconçue, on voit que cette communication d'accidentg secondaires peut avoirlieu. J'en ai vu plusieurs exemples, et je ne suis pas le seul qui en ait observé de semblables; j'ai vu des enfants atteints de syphilis secondaire transmettre à leur nourrice, parle moyen de gerçures au mamelon, des inflammations ulcéreuses faisant tomber le bout de sein, et qui étaient suivies d'angines, de plaques muqueuses et de syphilides cutanées, etc. Il y a des exemples d'enfants qui ont ainsi infecté plusieurs nourrices successivement, et chez lesquelles l'autre enfant, frère ou sœur de lait, a également contracté la maladie. Ces faits sont en assez grand nombre pour fixer l'attention, et si tous ne sont pas également explicites, il en est qui sufS* sent aux personnes non intéressées dans ce débat pour entraîner la conviction. J'en ai rapporté un très grand nombre (1). Quelques-uns ont été observés, par moi, et j'ai emprunté les autres à Hunter, Cullerier, Rayer, Vidal, Putégnat, Diday, etc.
L'époque à laquelle les symptômes sypfiilitiques se montrent chez un enfant qui en a reçu le
(1) Traité pratique des maladies des nouveau-nés, des enfants à la mamelle et de la seconde enfance, 4* édition. Paris, I86â» p. M5 ti foiv.
germe par hérédité est à peu près constamment du premier au deuxième mois de la vie extra-utérine : aussi rien de plus commun que de voir des mères syphilitiques donner naissance à des enfants d'abord bien constitués en apparence; puis, au bout de quinze jours, un mois ou six semaines, ces enfants sont pris des symptômes syphilitiques dont nous allons parler. Quelques personnes prétendent avoir vu des syphilides se montrer chez des nouveau-nés au huitième jour après la naissance ; ce fait aurait besoin d'une nouvelle confirmation, car rien, dans l'état actuel de la science, n'autorise à le croire vrai. Il faut bien se rappeler, pourpouvoir porter un jugement exact sur ces cas de syphilis héréditaire, que plusieurs médecins confondent à tort plusieurs des éruptions qui surviennent chez de jeunes enfants, avec des syphilides dont elles n'ont cependant aucun des caractères.
La syphilis héréditaire peut-elle se traduire par des symptômes extérieurs apparents sur l'enfant, au moment même de la naissance ? Cette question est encore controversée. Des praticiens du plus haut mérite, et parmi eux se range M. Ricord, ont dit que les faits de ce genre ont été observés d'une manière incomplète. M. Ricord, se fondant, entre
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autres raisons, sur ce que, dans le petit nombre de cas qui ont été observés, les enfants étaient mort-nés, serait assez disposé à croire que les prétendues syphilides n'étaient que de simples produits de la décomposition commençante du derme. Cette explication n'est peut-être pas très exacte ; car on observe chez des enfants mort-nés des plaques muqueuses bien évidentes, disséminées à l'anus, aux parties génitales et sur diverses parties du cçrps. On peut donc dire que, presque toujours, la syphilis héréditaire ne se raanifesle par des symptômes apparents que vers la troisième, cinquième ou sixième semaine après la naissance ; mais qu'elle peut, dans quelques cas rares, produire des syphilides, alors que le fœtus n'a pas encore vu le jour. En effet, dans la plupart des cas de ce genre observés jusqu'à présent, le fœtus avait succombé dans le sein de sa mère quelques jours avant l'époque de l'accouchement, mais tout récemment on a vu des enfants naître bien conformés avec des symptômes évidents de syphilis. M. Paul Dubois a vu plusieurs cas de pemphigus syphilitique chez des enfants qui ont vécu. M. Gubler en a également vu un exemple, et j'ai observé le plus curieux de tous ces fails à l'hôpital de la Pitié, chez un enfant qui avait des
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onyxis à tous les orteils et à chacun des doigts de la main (1).
Lés symptômes de la syphilis hér*édîtaîf*e sôût constitués par des plaqties muqueuses qtiî se moiltbent sur tous lés points dil coi*ps, mais stirtout dans le voisinage des plis articulaires, ati périnée. Ces plaqués n'offrent, cheiz l'enfant, aucun caractère plus spécial qUé chez l'adulte, si ce n'est leur petit volume habituel, leur mollesse extrême, et l'abondance delà matière piirulente qu'elles sécrètent. Il est très rare de voir des ulcérations se développer au palais et âii voile du palais. Peutêtre faut-il rapporter à la syphilis uîiè forme de Cory^â chronique que j'ai observé chez un certain tiombré d'enfatitii qui avaient sur le corps de la f oséole et au pérîiiéé des plaques rouges irréguiièreSj ulcérées, et qui étaient nés de mères syphilitiques.
Ouant aux phénomènes géftéfate, ils petivettl manquer; mais d'habitude l'eiifant s'affaiblît, mâiigepeu, devient pâle et chétif; les membres s'infiltrent de sérosité, et il finit bientôt par suc- Combélr àii milieu de la cachexie vénérientie, si dés Secours intelligents ne lui sont pas administrés.
Les enfants atteints de syphilis héréditaire peu-
(1) Ê. Boùctiut, loc, ct7., p. 987.
Influence Dts mâLadieS àNîërieuiies de u mèbe. âdi Vénl guérir rapidement, lorsqu'ils sont traités à^une maiiièfe Convenable. On en voit même qui sont arrivés au dernief degré du marasnle, et qui finîôsent par se rétablir. Mais, dans ces cas, la mort est beaucoup plus ordînaîrément la conséquence de la maladie.
Le traitement consiste à faire subir à la mère uil traitement mercurîel, soit qu'elle présente ellemême des symptômes apparents de syphilis, soit qu'elle n*en prèéente aucun. Pourrait-on proposer ce traitement iuèreuriel à une nourrice saine qui soignerait un enfant affecté de syphilis? C^est une question plus sérieuse qu'on ne le croirait au premier abord, car on dit assez généralement sans trop de preuves, que Remploi du mercure peut avoir des inconvénients très graves ; je ne le croîs guère, et pour mon compte , je n'ai jamais vu qu'un traitement mercuriel convenablement dirigé ait eu de fâcheux résultats* Cependant il faut, en faisant une pareille proposition à une nourrice, lui exposer ce que Ton attend d'elle, afin qu'elle se décide en toute connaissance de cause, t^our la mère, il n'y a plus la môme hésitation ; car, bien qu'on ait de suffisantes raisons de croire à la réalité de la transmission des accidents syphilitiques par le père, dans un gvaud iio\xv\yc^ ^^
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cas la cause du mal se trouve chez la mère. Or, ijuc la mère ait ou n'ait pas de symptômes apparents, elle n'en est pas moins sous l'influence d'une diathèse syphilitique, qui doit être traitée parle mercure. Si elle nourrit, le traitement mercuriel a un double avantage, puisqu'il s'adresse à la fois à la mère et à l'enfant.
Le traitement le plus convenable à mettre en usage, celui que j'ai vu employer avec le plus de succès, consiste à faire prendre aux nourrices du protoiodure de mercure en pilules de 2 à 3 centigrammes, deux ou trois pilules par jour. Sous l'influence de cet agent, et bien que des analyses exactes n'en aient trouvé aucune trace dans le lait, les enfants reviennent rapidement à la santé, et les accidents syphilitiques disparaissent.
Si l'analyse ne rencontre pas le mercure dans le lait, ce n'est pas une raison pour croire qu'il ne s'y trouve pas; surtout si l'on réfléchit à la quantité minime qui doit être mélangée. Par exemple, des nourrices qui prenaient de 2 à 4 grammes d'iodure de potassium par jour n'avaient que des traces sensibles, il est vrai, mais très légères d'iode dans le lait. Puisqu'un agent aussi facile à reconnaître que l'iode ne se retrouve qu'en petite quantité, combien doit-il être difficile de reconnaître