‹ Hygiène de la première enfance (volume 2)Chapitre 136 sur 143 · Le lait doit être abondant pour être profitable · texte numérisé non relu

Le lait doit être abondant pour être profitable

27. La première partie du lait qui sort des mamelles est séreuse, la seconde est plus épaisse, et c'est la dernière partie de la traite qui est la plus .riche et la plus chargée de crème.

28. Le lait doit être rempli de globules nombreux, assez larges et bien formés, car de petits globules semblaJDles à des grains de poussière sont un signe de sa mauvaise élaboration et de son insuffisance.

29. Trop ou trop peu de globules sont chose également fâcheuse.

30. Le lait varie dans sa composition, d'après les idiosyncrasies, le tempérament, la constitution, le temps écoulé depuis l'accouchement, l'époque du dernier repas, le régime de la nourrice, l'action des organes génitaux, etc.; mais les différences ne sont pas assez grandes pour motiver un précepte. L'enfant profite, donc le lait est bon.

31. Le lait est altéré dans sa composition par l'état fébrile et les maladies aiguës ou chroniques.

32. La fièvre diminue la quantité du lait, réduit le nombre de ses globules et concentre ses parties solides dans une moindre proportion d'eau ; il en est de même à différents degrés dans toutes les maladies aiguës et dans plusieurs affections chroniques.

33. Le lait est quelquefois mêlé de pus dans les cas d'abcès du sein.

3â. L'influence des maladies sur la composition du lait n'a rien de spécial et de spécifique, cari

ses HYGIÈNE DE LA PREMIÈRE ENFANCE.

toutes agissent de la même façon, en réduisant sa quantité et en amenant la concentration de ses éléments dans une petite proportion d'eau.

86. Le lait trop riche, trop chargé d'éléments solides chez une nourrice saine, devient indigeste et amène la diarrhée.

36. Le lait altéré, réduit et appauvri par la fièvre ou la maladie, amène aussi le flux de ventre et plus tard Tentéro-colite.

87. Un lait altéré dans sa composition par la fièvre ou la maladie n'a pas toujours une action fâcheuse sur la santé des enfants.

88. Quelle que soit la cause de l'altération de composition du lait, toujours le résultat en est le même pour les enfants, toujours les accidents qui se développent ont pour siège le tube digestif, et toujours c'est la diarrhée qui en est la conséquence.

39. Le lait qui ne présente pas d'altération de composition appréciable par l'analyse chimique peut être altéré d'une manière intime dans son élaboration, de manière à constituer un aliment nuisible. C'est ce qu'on voit par le spasme, ou la convulsion instantanée, qui résulte quelquefois de la perturbation apportée dans la sécrétion du lait • par les affections morales, les émotions vives et

les impressions agréables ou pénibles ressenties par la nourrice.

40. Les affections morales tarissent subitement la sécrétion du lait, ou modifient seulement d'une manière profonde la proportion de ses éléments solides.

41. Le plaisir que trouve une femme à remplir ses devoirs de nourrice est la cause du tressaillement intérieur qui annonce la montée du lait au moment où elle va donner le sein.

42. Le retour prématuré des règles chez une nourrice modifie un peu la composition chimique du lait, et nuit à son élaboration ; mais si l'enfant ne paraît pas en souffrir, ce qui arrive souvent, il faut conserver la nourrice.

43. Une nourrice doit s'abstenir des plaisirs de l'amour, dans la .crainte d'une fécondation nouvelle, qui pourrait altérer le lait dans sa quantité et dans ses qualités, de manière à le rendre nuisible pour le nourrisson.

44. Le changement de nourrice n'a aucun inconvénient, et l'on doit changer la nourrice autant de fois que cela est nécessaire.

/;5. On peut remplacer l'allaitement par la mère ou la nourrice au moyen de l'allaitement artificiel.

A6. L'allaitement par le biberon réussit beau* coup moins que l'allaitement maternel.

47. L'allaitement par le biberon, bien dirigé, à la campagne, donne quelquefois de bons résultats.

A8. L'allaitement artificiel doit se faire dans les premiers temps de la vie au moyen d'un biberon rempli de lait de vache tiède, coupé d'eau d'orge, d'eau de gruau ou d'eau de poulet, et plus tard au moyen de lait de vache sans aucun mélange.

A9. Un enfant n'a besoin que de lait dans les premiers mois qui suivent la naissance, et il ne doit prendre des potages que vers cinq ou six mois.

50. Un enfant qui dort au sein, sans teter, a une nourrice dont le lait est insuffisant.

51 . Les enfants chargés d'embonpoint ne tettent pas en proportion de leur graisse. (Hippocrate.)

52. Les enfants voraces et tirant beaucoup de lait ne prennent pas d'embonpoint en proportion. (Id.)

53. Les enfants qui sont pris de toux en tétant ont d'ordinaire la luette trop grande. (Id.)

5&. Les enfants à la mamelle qui ont trop d'embonpoint sont alrophiques et reprennent difficilement. (Id.)

55. Ceux qui ont d'abondantes évacuations alvines et digèrent bien jouissent d'une meilleure

CONCLUSIONS ET APHORiSMES. 371

santé ; ceux qui n'ont pas d'évacuations alvines, tout en étant voraces, sans prendre de Tembon- • point, sont maladifs. (Hippocrate.)

56. Chez les enfants qui vomissent beaucoup de matières laiteuses, le ventre se resserre. (Id.)

57. Les aliments gras ne conviennent guère que vers la fin de la première année.

58. L'époque du sevrage doit être fixée entre douze et vingt mois.

59. Il faut choisir, pour sevrer les enfants, une des époques du repos de la dentition, et profiler de celle qui vient après la sortie des douze premières dents, ou après la sortie de la seizième.

60. On commence le sevrage en cessant de donner à teter pendant la nuit.

61. Après plusieurs semaines de sevrage de nuit, on suspendra tout à fait l'allaitement pendant le jour, et l'enfant arrive ainsi dans la vie indépendante.

62. Le sommeil est si nécessaire aux enfants, qu'il faut les habituer à une sieste de plusieurs heures au milieu du jour.

63. Les enfants qui mangent pendant l'allaite-ment supportent plus facilement le sevrage. (Hip.)

6i. Aux enfants qui dorment bien et ont de l'embonpoint, il est possible de prendre beaucoup

de nourriture, même qui n'est pas suffisamment digérée. (Hippocrate.)

65. Les enfants qui, en proportion, urinent plus qu'ils n'évacuent, ont plus d'embonpoint. (Id.)

66. Les enfants qui n'urinent pas en proportion, mais dont le ventre rend, dès l'origine, fréquemment des matières crues, sont très maladifs. (Id.)

67. La promenade au grand air, l'action du soleil, sont en tout temps nécessaires aux enfants les plus jeunes comme aux plus âgés.

68. Un maillot peu serré est le meilleur vêtement des jours qui suivent la naissance, car il garantit du froid, sans gêner les mouvements.

69. Des vêtements ajustés, sans constriction, sont en tout temps préférables aux vêtements larges, qui laissent à découvert la peau des différentes parties du corps.

70. Les jeunes enfants doivent être lavés tous les jours à l'eau tiède, et par suite de l'habitude, h l'eau presque froide.

71. La tête doit être lavée avec le plus grand soin, et il faut la dépouiller peu à peu des saletés qui la couvrent.

Page 1