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ce qu'il réalise avec tant de succès chez les animaux dont ilaméliore la race, dont il change les produits et dont il modifie les instincts. C'est là une question de temps et de persévérance. Le fait n'est pas au-dessus de la portée humaine, mais il exige dans son accomplissement une puissance d'action que Fhomme isolé n'a pas et que la société seule possède, car seule elle a le droit de s'armer contre elle-même. Le traitement de l'hérédité morbide est à la fois une question d'hygiène privée et publique, et si chacun peut agir librement pour se défendre dans certains cas, il faudrait pouvoir être aidé par des prescriptions obligatoires pour tous. C'est une question encore plus sociale qu'individuelle, et si on voulait la résoudre avec avantage, il faudrait que des lois capables de faire réagir l'hérédité contre elle-même pussent dans le mariage diriger le cours des générations. Mais c'est là un de ces rêves scientifiques dont on ne parle que comme d'une attrayante utopie impossible à réaliser, dans le monde moderne. La protection due à la conservation des races est un bonheur des animaux que ne connaît pas l'homme. Le temps n'est plus où, comme chez les Indous, on pouvait déclarer des incapacités physiques de mariage et frapper de nullité tout mariage où ou
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les aurait dissimulées. Ainsi, on trouve dans l'ancien code des Hindous cette stance :
a Si un homme donne en mariage une fille ayant quelque défaut, sans en prévenir^ l'époux peut annuler l'acte du méchant qui lui a donné cette jeune fille (1). >
De pareilles lois ne sont plus possibles et l'humanité chrétienne s^offenserait d'être traitée comme un troupeau dont les instincts seraient réglés par une volonté étrangère. Elle a recouvré sa liberté physique en détruisant presque partout Tesclavage; elle a déjà beaucoup fait pour h liberté morale et pour l'émancipation de la pensée, comment pourrait-elle revenir à réglementer physiquement le mariage par le choix légal des époux?
Au prix de sa santé, de la vie et de sa postérité, l'homme des temps modernes est libre de ses actes et de sa personne. Tant pis si la passion et l'intérêt l'aveuglent, mais il n'a rien à attendre que de lui-même dans le mariage. Sans autre protection que celle de la science, il ne doit compter que sur lui pour fonder une race forte, intelligente et vivace. Que chacun, suffisamment éclairé, &sse son devoir, et, au lieu de dépérir par des alliances
(I) Lois de Afanoii, lib. IX, st. 73.
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corruptrices du sang et meurtrières de la race, l'humanité pourra encore résister longtemps à toutes les influences destructives que créent les temps, les lieux et la civilisation.
11 y a deux choses à faire dans le traitement des maladies héréditaires : 1" en prévenir le développement; 2" en réprimer la manifestation.
1° Prophylaxie des maladies héréditaires. — Si la science ne peut suspendre Faction de cette force naturelle d'où résulte l'hérédité, elle peut du moins en transformer les actes et dans ce but diriger les circonstances de l'union des sexes par où elle s'opère.
II faut exclure du mariage librement consenti tous les membres de la famille, quel que soit leur état de santé, car rien n'est préjudiciable à la race comme les unions entre consanguins. Suivies pendant plusieurs générations, elles sont à la longue la cause de l'abâtardissement des individus, de leur stérilité, de leurs infirmités, de leurs maladies et de leur mort de plus en plus rapprochés de la naissance.
. 11 faut exclure tous les individus atteints personnelletnent de maladies d'anomalies, de diflbrmités ei de vices héréditairement transmissibles, ou ayant ces vices, ces difformités et ces maladies
dans leurs ascendants directs et dans leurs colla? téraux rapprochés. C'est affronter le danger et courir les chances très probables d'une descendance infirme ou malade que d'allier à une per: sonne saine et honnête une autre personne vicieuse et atteinte de strabisme^ de cécité, de surdi-mutité, de polydactylie, de syphilis, de scrofule et de pbthisie pulmonaire, de goutte, de dartres, de cancer, de folie, etc. Malgré les ressources de Tinnéité, qui peut enlever le mal, et, quelle que soit la force du procréateur sain, il y a tout à craindre que les fruits de cette union soient vicieux, difformes, aliénés, atteints de maladie^ humorales et diathésiques dont l'effet sera la mort prématurée ou la vie chargée de souffrances et de douleurs physiques et morales.
En cas de mauvaise santé et de maladie humorale héréditaire, l'homme doit s'abstenir du mariage et se résigner au célibat. C'est un devoir moral contre lequel il n'y a pas à lutter, et àùûi OQ ne saurait s'affranchir sans en être tôt ou tanl cruellement puni. Qui l'enfreint sera frappé dan8 son honneur ou d$ns ses plus chères affections. La loi ne reconnaît pas d'incapacités physiques au mariage, c'est peut-être un malheur; maischàcuin condamnera, moralement du moins, celui qui n»
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recule pas à l'idée de corrompre le sang de qui sera sa compagne pu dé créer une race difforme, vicieuse et maladive, destinée à périr misérablement de syphilis, de phthisie, de scrofule, d'aliénation, etc., etc.
Si la santé mauvaise n'est pas incompatible avec le mariage, il faut chercher dans une autre famille des conditions contraires, non de maladie, car ce serait corriger un défaut par un autre, mais des conditions contraires de santé. Une faut jamais ^ croiser les maladies^ dit avec raison M. Lucas, car le mieux qu'il puisse arriver, c'est Y élection de celle d'un des auteurs ou bien leur mélange^ o^ enfin une combinaison qui en fait une bien plus grave.
Le mariage ne doit s'accomplir qu'au moment de la réalisation du complet degré de force et du développement des individus, c'est-à-dire à la nubilité. Trop jeunes ou trop vieux, les époux ont des enfants valétudinaires, quelquefois infirmes^ malades et peuvivaces. — Quant à l'instant de la conception, il doit aussi être choisi avec discernement, en dehors de la période menstruelle, dans un état de santé satisfaisant ; jamais en ivrei^se ni au milieu de grands chagrins, ni de mauvaises passions: s'il se peut, dans les meilleures disposî-
lions morales, car Thérédité ne se rapporte pas seulement au passé de rètre, et elle reproduit SiU&si son état présent j absolument comme lahmière rayonnante d'un visage intelligent en fixe l'expression sur la plaque d'un daguerréotype.
Le lieu même de la conception et de la gestation n'est pas indifférent, et on peut trouver dans certaines conditions de climat ou de localité une puissante ressource pour modifier les résultats de l'union des sexes et pour aiTéter la propagation de certaines maladies héréditaires. C'est ainsi que par le déplacement, le goitre, l'éléphantiasis, la phthisie pulmonaire, la scrofule; la goutte et les maladies endémiques sont quelquefois arrêtées dans leur transmission séminale. L'acclimatement dans un pays où ne règne pas la maladie dont on veut détruire le germe dans la descendance d'une famille, et ensuite la conception après cet acclimatement sont des moyens extrêmes à employer; mais dans certains, il n'y a de famille possible qu'au prix de ce sacrifice.
2* Traitement des maladies héréditaires. — Quand les maladies héréditaires commenceat à se manifester par de faibles indices ou se sont déclarées, il n'y a pas encore à désespérer de les voir disparaître. D'abord, par cela même que l'inaéité