VI PRÉFACE
éclairés de la science. On n'invente rien en matière d'hygiène, même lorsqu'il s'agit de l'art, un peu trop dédaigné, d'élever les petits enfants. Il faut en avoir élevé soi-même, et il faut être en famille pour comprendre les embarras et les perplexités que causent un petit être qui, sans être malade, crie et s'agite sans pouvoir être calmé, dont les fonctions se font bien en apparence, mais dont l'alimentation et le régime laissent à désirer. Le père et la mère, qui ont eu à souffrir des cris inexplicables d'un jeune enfant et des difficultés inhérentes à son éducation physique, comprendront aisément le but et l'importance de cet ouvrage.
Les principes d'éducation physique que je vais développer dans ce Traité d'hygiène sont ceux qui devraient inspirer l'homme dans la procréation et dans la conservation d'une descendance saine, vigoureuse et intelligente. Empruntés à l'étude de la vie commune, ils ont pour base l'observation de la nature et de ses besoins. Dans le mariage, ils serviront à éviter la manifestation des penchants y des vices, des difformités et des maladies héréditaires. Ce sont aussi ceux auxquels la femme enceinte doit obéir pour conduire heureusement à terme le fruit renfermé dans
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i&m sein^ pour choisir une bonne nourncey pour diriger l'allaitement maternel, le régime^ le sevrage y la toilette; enfin, pour apprécier Tmfluence réciproque que les maladies de la nour^ rice et celles de l'enfant peuvent exercer sur ces deux êtres liés par la vie de la mamelle.
Dans ce livre, enfin, se trouve Texposition des lois de la mortalité de la première enfance, soit pour la société en général et pour les enfants de la classe laborieuse envoyés en nourrice, soit pour les enfants trouvés ou abandonnés qu'on dépose à l'hospice avec l'espérance de ne jamais plus les revoir. On sait, en effet, que sur 1000 de ces abandonnés, il y en a 250 qui atteignent l'âge de douze ans, ce qui donne une mortalité de 75 pour 100 dans cette courte période de Texistence. Cela est profondément triste, car de pareils faits peuvent être considérés comme une légali^ sation de l'infanticide. Comipent l'adnunistration n'empêche-t-elle pas une pareiUe destruction de l'enfance? Il faut le dire, car elle n'est pas aussi coupable qu'on pourrait le croire : d'abord il lui manque des ressources suffisantes pour payer de bonnes nourrices, et ensuite elle ignore les lois de l'hygiène du premier âge.
Puisse ce petit livre porter la lumière dans les
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ténèbres où vivent tant de jeunes mères, tant de médecins, et j'ajouterai la pliipart des administrations hospitalières qui se chargent d'élever les enfants!
E. BOUCHUT.
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HYGIENE