‹ Hygiène de la première enfance (volume 2)Chapitre 5 sur 143 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Nous voyons chaque jour des hommes, fort habiles dans Fart d'élever des animaux domestiques, qui peuvent à volonté, pour ainsi dire, en améliorer la race et surtout la constitution, dans le but d'obtenir de ces animaux des produits aussi nombreux que variés, et des services qu'ils seraient incapables de remplir sans une préparation spéciale. On dispose ceux-ci pour le trait et la course, ceux-là pour la chasse et les combats, d'autres pour le travail, le lait et la chair qu'ib ^fournissent ; les hommes même, poussés parla spéculation, se dressent au pugilat, se font coureurs à volonté : et tous ces résultats si variés, si

BOUCHtJT. — UiÙ. fREM, ENF. 1

divers, s'obtiennent par une modification lei et profonde de Torganisme sous l'influence régime^ de Y exercice^ du lieu d'habitation^ de toutes les circonstances qu'une hygiène bi entendue sait toujours mettre à profit.

Une fois produites, ces modifications se trai mettent par hérédité k des générations nouvelb et elles sont le point de départ de races ou variétés plus ou moins curieuses.

En présence de ces faits, bien susceptibles démontrer toute l'influence exercée par l'éduc tion ou par l'hygiène sur l'homme et sur 1 animaux, on se demande s'il est possible q l'espèce humaine soit assez peu soucieuse de conservation pour ne point mettre en usage à s égard les moyens qu'elle emploie pour la conse vatîon et l'amélioration des races animales. On ( étonné de ne pas voir l'art d'élever les cnfai cultivé d'une manière toute spéciale, de môr qu'on s'occupe de l'art d'élever les animaux d mestiques. On est surpris enfin de voir combi< l'hygiène de l'enfant est peu connue, et combi< les préceptes relatifs à son éducation sont néglîg par les médecins, qui, chaque jour cependar sont consultés par de jeunes mères sur la manié de diriger les habitudes d'un nouveau-né.

COMSIDÉRATIOMS GÉNÉRALES. S

.. L'éducation phydque des enfants est donc un sujet d'étude indispensable au médecin. 11 ne fiiut pas s'illusionner* Dans le choix réciproque de la personne des époux réside l'avenir des gêné* rations, sous le double rapport de la vigueur phy* sique et morale. C'est au berceau qu'il faut prendre rbomme pour en faire un citoyen robuste et vigoureuxy et pour modifier sa constitution, si, par hasard, elle est viciée dans son origine. C'est dans Tenfance, enfin, que l'observation sévère des lois de l'hygiène est nécessaire, soit pour conserver la santé, soit pour la rétablir, lorsqu'une maladie vient à en interrooipre le cours. La connaissance de ces lois est d'autant plus importante, qu'on a souvent à combattre dans le monde pour détruire de vieiUes erreurs sur la manière d'élever les enfants. Comment, dès lors, le faire avec succès, si l'on ne possède pas une connaissance approfondie du sujet.

La médecine des enfants repose presque tout entière mr leur hygiène, et moins on leur donne de médicaments, mieux on réussit à les guérir. 11 suffit souvent de régler un régime pour faire disparaître quelques accidents morbides que l'on voudrait en vain combattre par l'usage des moyens thérapeutiques. Ainsi, plus d'une fois, en réglant

d'une manière convenable les heures de l'allaite ment chez les enfants, j'ai fait cesser les vomisse ments, la diarrhée verte, qui résultaient d'ur alimentation trop abondante, et provenaient de < qu'on leur donnait trop souvent à teter. C'est pj suite d'un mauvais régime que la nutrition c quelques enfants est tellement altérée, que leu poumons deviennent tuberculeux^ ou que leurs < se ramollissent en produisant le rachitisme. Dai beaucoup de circonstances, des influences an; logues agissent de même pour la producti( d'autres maladies, telles que la scrofule, le cf reau, la chlorose, etc., etc. (1).

La connaissance des préceptes relatifs au m riage pour le choix d'époux exempts de difformit ou de maladies héréditaires, ainsi que la rechercl des lois de l'éducation physique des enfants, so donc indispensables au médecin qui veut appre dre à guérir les maladies du premier âge. C'( l'introduction nécessaire à la pathologie de l'e fance, et aucun médecin ne peut se dispenser ces études.

Dans ce travail, je parlerai :

(l) E, Bouchut, TraHé pratique des maladies des fiouvec nés, des enfants à ta mamelle et de la seconùe enfance, V cd |), 051, 970 Cl suiv,

(.ONSiDËHÀTIONS GÉNÉRALES. 5

1° Des lois organiques du mariage dans leurs rapports avec la constitution physique et morale de l'enfance, ou, si Ton veut, de V hérédité nor^ maie et morbifique.

l"" Des soins à prendre par les femmes pendant leur grossesse.

3" Des soins à donner aux enfants après la naissance.

4" De Tallailement maternel.

5* De l'allaitement par les nourrices.

'. 6" De l'allaitement au biberon.

T De l'allaitement par un animal.

8** Du régime des enfants.

9° Du sevrage et de la dentition.

lO" Des habitudes, des jeux, de l'exercice et du sommeil.

11° Des vêlements de l'enfance.

12° De la toilette, des soins du corps et des bains.

13' De l'allaitement par une nourrice malade.

lA* Du changement de nourrice.

15** De quelques maladies du nouvcau-né.

16" De l'influence des maladies de l'enfant sur la nourrice.

17° Des lois de la mortalité chez les enfants.

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