CHAPITRE PREMIER
DES PATS QOI FOURRISSBIIT LES MEILLEURES KOURRICES.
Quand un enfant doit être élevé à la campagne, il faut choisir un endroit peu éloigné de Paris, où l'on puisse aller facilement, pour surprendre la nourrice lorsqu'elle ne s'y attend pas. On prendra de préférence des femmes qui habitent des pays secs et non marécageux. Ainsi les nourrices normandes , picardes et bourguignonnes sont les meilleures ; les nourrices de l'Orléanais, du Berry, de la Sologne, sont très mauvaises, à cause des localités où elles emmènent les enfants. Ces pays sont infectés par une maladie endémique grave, la fièvre intermittente, et les enfants y sont en général pâles, étiolés et fiévreux; leur ventre gros, leur rate gonflée, leurs jambes osdématiées ; ils ont souvent la fièvre, qu'on ne sait pas reconnaître et qui finit par les faire périr. Ces pays sont ceux de tous où la mortalité des enfants est le plus considérable.
Parmi les nourrices de la campagne qui viennent à Paris chercher des enfants, il en est qui sont fiUes ; d'autres sont mariées à des ouvriers.
202 HtGIÈNK DÉ Là t^REMÎÊRE ENFANCE.
et d'autres à des cultivateurs : il faut autant que possible choisir parmi ces dernières. En voici la raison. Elles ont leur ménage, une vache ; et si, par hasard, elles n'en ont pas, il s'en trouve toujours dans le voisinage. Alors on est sûr que, dans le cas d'indisposition de la nourrice, ou de diminution dans la quantité de son lait, l'enfant ne peut souffrir, puisqu'on peut lui donner du lait de vache, très facile à se procurer.
Au contraire, les femmes d'ouvrier qui se proposent pour être nourrices n'ont pas de ferme et pas de vache de labour ; elles habitent quelquefois dans des lieux où il est difficile de se procurer du lait. Lorsque l'ouvrage manque, la misère entre au logis ; la femme souffre, son lait s'altère, et l'enfant en subît la conséquence, car on lui donne des bouillies, des soupes, du pain sec, et d'autres aliments qui ne conviennent pas à ses organes encore trop peu développés.
Dans le premier cas, les nourrices peuvent, sans se déranger, donner de bon lait aux enfants; il ne leur en coûte rien. Dans le second, il faut aller un peu loin pour s'en procurer; la paresse, les intempéries des saisons, l'argent qui manque^ et une multitude d'autres circonstances, font que les nourrices restent chez elles, et prennent d'au*
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très nloyetts pour alitnenler les enfants, au détriment de leur santé.
Les Hourrices sur lieu sont celles qui entrent dans Uîlë maison pour y nourrir un enfant, sous la surveillance de sa famille. C'est surtout à celleslà que s'appliquent les préceptes que je vais donner et qui pourront être également utiles aux mères qui nourrissent et aux nourrices de campagne.