‹ Hygiène de la première enfance (volume 2)Chapitre 79 sur 143 · ALLAITEMENT ARTIFICIEL AU BIBERON · texte numérisé non relu

ALLAITEMENT ARTIFICIEL AU BIBERON

plus souvent malades, et enfin qu'ils succombent pour la plupart aux suites de ce mode d'alimentation. Elle réussit plus souvent dans les campagnes que dans la ville. Là, au moins , il y a en quelque sorte une compensation à ce mauvais procédé d'alimentation, par l'influence du bon air et par les excellentes qualités du lait qu'on peut se procurer. Mais dans les villes, quelle compensation pourrait-il y avoir en faveur de ces pauvres enfants ? Presque tous sont petits, faibles, et le plus grand nombre finit, comme je l'ai vu si souvent, dans un état de rachitisme, de phthisie pulmonaire, ou au milieu de maladies intestinales tuberculeuses et inflammatoires qui amènent la mort. En pourrait-il être autrement? Comment suppléer aux qualités d'un bon lait de femme, qui est en définitive l'aliment naturel des enfants? Gomment obtenir cette température douce, toujours égale, de ce liquide, et de quelle manière espère-t-on remplacer la couvée de la mère sur le nourrisson, qui est suspendu à son sein? C'est assurément impossible. Quelles que soient les précautions qu'on mette en usage, la nourriture artificielle sera toujours inférieure à l'allaitement maternel et à l'allaitement par une bonne nourrice. Or, si l'on accepte qu'à Paris ce mode d'alimentation réussit

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moins que les autres, c'est déclarer qu'il est nuisible : il faut donc le bannir sans réserve. Toute transaction à cet égard sei-ait condamnable, et le médecin doit le repousser de toute son autorité.

C'est là, nous pouvons le dire, une des causes les plus puissantes de l'excessive mortalité qui pèse sur les enfants trouvés élevés à l'hospice.

On devra donc toujours combattre les idées des jeunes mères, qui, ne voulant point nourrir leur enfant, ne veulent pas davantage le confier à une nourrice étrangère , et comptent, dans une grande ville, pouvoir l'élever au petit pot ou au biberon, deux procédés d'alimentation essentiellement mauvais. Toutefois quelques circonstances exceptionnelles, la faiblesse, la maladie de la mère et l'impossibilité de louer une nourrice, peuvent autoriser ces pratiques. A part cette position malheureuse, à coup sûr très exceptionnelle, une femme bien portante, si elle est pauvre, peut nourrir son enfant et travailler en même temps ; ou, si elle travaille sans relâche, elle peut encore gagner de quoi louer une nourrice à la campagne.

On ne peut blâmer au même degré rallailemenl artificiel entrepris après plusieurs mois d'allaitement par une nourrice. L'enfant est déjà plus robuste, ses organes sont accoutumés à digérer le

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