‹ Hygiène de la première enfance (volume 2)Chapitre 80 sur 143 · ALUITEMENT ARTIFICIEL AU BIBERON · texte numérisé non relu

ALUITEMENT ARTIFICIEL AU BIBERON

lait et quelques aliments solides, et il souffre moins de ce mode d'alimentation , qui réussit alors très souvent. C'est un sevrage anticipé qu'autorisent une foule de circonstances : la pauvreté des mères qui ne peuvent payer les mois de nourrice, la difficulté de trouver de l'ouvrage lorsqu'on est dérangé une ou deux fois par jour pour nourrir un enfant, la maladie de la nourrice, etc.

Lorsque, par suite de ces diverses causes, l'allaitement artificiel est adopté, comment faut-il le diriger? Quels sont les aliments dont il faut faire usage et comment faut-il les faire prendre ?

Le lait de vache est le plus ordinairement employé, car c'est le moins dispendieux et celui qu'on peut se procurer le plus facilement. Chez les jeunes enfants, il faut le couper, par moitié, avec de l'eau d'orge, de gruau d'avoine, et avec de Veau panée. On se sert aussi avec quelque avantage de l'eau de poulet, lorsque les enfants sont plus avancés en âge, mais alors on peut donner le lait dans son état de pureté.

Le mélange doit être sucré et préparé par petites quantités, à mesure que l'enfant a besoin de boire, pour éviter tout travail de fermentation qui altérerait les qualités du lait. 11 faut que la température du liquide soit agréable et toujours

BOUCHUT. — HYC. PREM. INf . \^»

à peu près la même, qu'elle ait environ 1 5 degrés en été et 20 degrés en hiver.

Le lait coupé suffit à la nourriture de l'enfant pendant les premiers temps ; mais à un âge plus avancé, vers quatre ou cinq mois, lorsque l'enfant manifeste le besoin d'une nourriture plus substantielle, on doit joindre à cette boisson des aliments h demi liquides. On peut donner deux fois par jour des bouillies claires faites avec la farine de froment ou avec de la mie de pain desséchée et réduite en farine.

11 est une foule d'autres substances qu'on emploie à cet usage, le tapioca, la semoule, la fécule de pommes de terre, Tarrow-root, la crème d'orge, la crème de riz, le racahout, les biscottes de Bruxelles, et un grand nombre d'autres pâtes qui sont excellentes, mais inférieures à celles que je viens d'indiquer.

A ces aliments on pourra par la suite joindre successivement des panades préparées avec le pain, du beurre et un jaune d'oeuf, des potages faits avec de légers bouillons de viande, des œufs frais cuits à la mouillette et de petits morceaux de pain. Plus tard, à l'époque naturelle du sevrage, on fera prendre à l'enfant les aliments qui, par la suite, doivent composer sa nourriture.

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