HABITUDES
ait appesanti leurs paupières. Il arrive alors que, si d'autres occupations viennent à distraire la nourrice de ce soin, l'enfant crie jusqu'à ce qu'on soit venu pour l'endormir; et quand il se réveille dans la nuit, on est obligé de rester près de lui et de recommencer les mêmes caresses. C'est une mauvaise habitude à laisser prendre aux enfants qui veulent dormir sur les genoux de leur nourrice. On peut les élever tout différemment, et leur sommeil n'en est pas moins profitable. Il n'y a qu'à les placer tout éveillés dans leur berceau, et ils prennent bientôt l'habitude de s'y endormir. Il en coûte peu de suivre cette ligne de conduite dès les premiers jours de l'allaitement ; elle est très profitable, en ce sens que les enfants deviennent très dociles et laissent à la noumce tout le temps nécessaire à son repos.
Lorsque la mauvaise habitude est établie, et qu'elle devient accablante pour les parents, on peut la détruire avec un peu de courage et de volonté. Il suffit de résister aux cris des enfants, ce qui est possible quand on sait qu'ils ne souffrent pas et qu'ils n'ont besoin de rien. On les laisse dans leur berceau s'endormir seuls; leur chagrin est grand le premier jour, mais leurs cris s'apaisent bientôt quand ils voient qu'on est résolu
S58 HYGIÈNE DE LA PRKMttRE ENFANCE.
à ne pas satisfaire leur caprice. Il en est encore ainsi pendant deux ou trois jours ; et enfin on les voit céder et s'endormir dès qu'on les place dans leur lit.