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CHAPITRE III

DES VARIAXIONS DE l'hÉRÉDITÉ NATURELLE ET MORBinQUE. THÉORIE DU PHÉNOMÈNE.

Après avoir établi et mis hors de toute par tant d'observations exactes et précises, le fait de l'hérédité normale et morbide, on peut se demander quelle en est la cause, comment il se produit et quelles sont les circonstances qui le modifient et le détruisent.

Plusieurs hypothèses se présentent à l'esprit désireux de pénéti-er la cause de l'hérédité physiologique et pathologique. Est-ce une impression produite par l'action du ferment séminal et subie par l'ovule constituant une sorte de résultante du ferment séminal et ovulaire combinés (1) , ou bien est-ce quelque chose de spécifique comme un virus en nature^ — un vice humoral^ — une disposition organique facile à découvrir au micros-

(1) « Fervent : Substance proJuisanl la fermentation par simple contact, sans que ses Cléments entrent pour rien euxmêmes dans ce phénomène. » (Littré et Robin, Dictionnaire de médecine. 12« édition. Paris, 1865, p. 585.)

« Fermentation : Réaction spontanée qui s*opère dans un produit d*ori|^ne organique par la seule présence d'une autre substance {ferment) qui n'emprunte ni ne cède rien au corps qu'elle décompose. » (Littré et Robin, Dictionnaire de médecine. 12« édition. Paris, 1865, p. 585.)

iénd ^/&*. qoL posée «ie kk ^eniBBee da mal à ïhv\ï\ih^ OU qui « fierrif^ppe iics I orale haimfixùf: ? n est (fifidie de le an. cir on ne peat afflrrti^ la msaérialiaâcn d'an phénomène aussi frttra/iniinaire que rhénèdiié à kngiie échéance d^ nuladies, et Tooloîr enfermer dan? le genue amorphe oii viras, un râe bamoral oa une di.^prmtioa organique qoekonqne, c est pousser ranatomie pathologique à l'absorde. Encore s'il n'y avait qu'une hérédité maternelle, pourrait-on croire que la femme viciée fournit un germe vicié pouvant garder son empreinte ; mais il y a une hérédité paternelle, et ici, en raison de la part miiâiue et incompréhensible accordée i l'homme dans l'acte de la fécondation, il est absolument impossible de matérialiser son influence séminale, et de faire passer, de chez lui au germe de la femelle, à l'état de matière pondérable, les virus et les vices organiques dont il est afiecté. Il y a enfln l'hérédité des grands parents; et pour cellelà, surtout du côté de Thomme, il faut en convenir, la tranHuiission directe de quelque chose de ntiitériel au germe est encore plus impossible, puinqu'iln n'ont en rien participé à sa fécondation. D'uuU'u pui'l, l'hérédité n'a pas lieu seulement pour l(^H inaladuw virulentes, humorales et organMjucm, on l'olwervo pour de simples vices de con-

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formation, pour la structure intérieure ou extérieure des individus, et pour' leurs dispositions morales. Or, peut-on supposer, de la part du père, la transmission de quelque chose de matériel à un ovule pour lui faire plus tard une hernie, une varicocële, un sixième doigt, ou pour le façonner à la ressemblance paternelle, et quelquefois à celle d'un aïeul? Assurément non; et, à force de vouloir prouver que toutes les maladies sont la conséquence d'altérations organiques appréciables, on arrive au point où je viens de conduire cette doctrine, c'est-à-dire à l'absurde. Les maladies héréditaires, comme les différentes conformations physiques, ne sont pas le résultat de la transmission d'un germe matériel, qui supposerait une matière transmise, et ces maladies ne sont pas primitivement des altérations de la texture du corps, mais, si elles ne sont point d'abord une altération matérielle de l'ovule, elles ne peuvent être constituées que par un trouble dynamique, c'est-à dire par une modification de la force qui met en mouvement ses molécules, préside au maintien et à la conservation du corps vivant. A mon avis, ce sont des impressions séminales transformées.

Je reviens ainsi à la première hypothèse que j'ai formée pour l'explication des causes de l'hérédité. Ne pouvant, à l'aide d'aucun agent pondérable, expliquer à l'œuvre la promorphose hu-

maîne et les altérations qu'elle peut subir par suite des vices d'organisation et de conformation des parents, je m'attache au fait expérimental que j'ai fait connaître (1) , et dont l'existence ne peut être contestée. Une double impression générative a lieu dans la fécondation, par suite de l'action du ferment séminal sur l'ovule renfermant en lui-même une parcelle du ferment vital inclus dans toutes les molécules de l'organisme maternel ; à la suite de cette impression se développe un être bien ou mal conformé, fort ou faible, d'un sang pur ou vicié, atteint plus tard de goutte, de syphilis, de scrofules, de dartres, d'aliénation mentale, comme ses parents, et j'attribue à cette impulsion primitive l'origine de l'aptitude au développement ultérieur des maladies de famille. Entre cette impression séminale et les aptitudes morbifîques le rapport est assez constant pour être transformé en loi ; cela suffit pour y voir une cause expérimentale formelle, dont il ne reste plus qu'à déterminer les conditions de manifestation à l'aide de l'expérience. De cette manière, on est dispensé de recourir à l'invention de germes matériels imaginaires, dont il serait difficile, d'une part, de prouver l'existence et ensuite de faire comprendre le passage des parents aux enfants.

(1) E. BoucbuU Histoire de la médecine et des doctrines médicales. Paris, 1864. In-8, t. I, p. 485 et 493.

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DeY impression séminale sort la vie et avec elle la promorphose de la matière ^ distincte selon les races, les espèces, les variétés des êtres vivants, et chez rhomme selon ses variétés, son tempérament, ses vices organiques et ses diathèses. « En effets la liqueur séminale provient de toutes les parties du corps ^ saine des parties saines^ altérée des parties malades^ » dit Hippocrate (1) . Elle produit chez les enfants, soit une maladie héréditaire, mortelle avant la naissance ou constatée à ce moment, et ailleurs des maladies héréditaires à longue échéance qui ne doivent paraître qu'au bout de plusieurs jours, de plusieurs mois, et même de plusieurs années ; il en est qui ne se montrent qu'à Tâge de cinquante ou soixante ans.

La syphilis héréditaire tue souvent les enfants dans le sein de leur mère, et provoque Tavortement.

La même syphilis héréditaire apparaît quinze jours, six mois, trois ans après la naissance. . La scrofule se montre au bout de plusieurs mois et de plusieurs années.

C'est dans la période moyenne de la vie que viennent les coliques néphrétiques, l'aliénation mentale, la goutte, etc., etc.

(1) Hippocrate, Dez a\r%^ ûes eaux et des lieux (Oeuvres complètes, trad. Litlrè. Paris, 1840, t. U, p. 60) et De la maladie sacrée {Ibidem, Paris, 1849, t. Vï, p. 365).

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et il iiuit seooocaiier a enblar ie ûit de faptitude béré&aiie, pféaJaUe aa défebppenent des ma^ bdies de fiflille.

L'nnpressioD séiDÎnale est dTaaUnt plus certainement siime d'effets morbides^ que les parent"^ fiùni plus avancés en âge, et les maladies héréditaires se développent souvent à la même époque de la vie que chez leurs auteurs.

Quelques personnes ont dît que les enfants n'héritaient point des maladies de leurs père et

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mère quand ils étaient conçus avant le déyeloppement de ces maladies chez leurs générateurs. Gela n'est pas exact en général. Ainsi j'ai vu des parents perdre leurs enfants et leurs petits-enfants de pbtbisie ou de maladies scrofuleuses, sans qu'on en soupçonnât l'origine héréditaire, lorsque plus tard la mère, prise d'hémoptysie à soixante-cinq ans, mourait en quelques mois d'une maladie de poitrine. J'ai connu un colosse, le concierge de la Charité de Paris, haut de six pieds, et lourd de pliis de 100 kilogrammes, qui perdit ses deux filles de phthîsie pulmonaire à vingt-cinq et trente 1^, et qui mourut après elles d'hémoptysie et de phthisie tuberculeuse. Je cite ces faits, qui me sont personnels, pour appuyer tous ceux qui sont dans la mémoire de chaque médecin. Les enfants ont plus de chances pour échapper aux maladies transmissibles par l'impression générative lorsqu'ils sont conçus avant le développement de la maladie chez leurs parents, et qu'on peut considérer le mal comme accidentel et acquis par la débauche. Il est évident que le podagrisme acquis par les excès de table après la naissance d'un enfant ne peut influer sur sa santé, ni le prédisposer au développement de cette diathèse.

On a beaucoup discuté pour savoir laquelle des deux impressions génératives , paternelle ou maternelle, avait le plus de force pour donner l'im-

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pression régulière ou viciée à l'ovule ; mais les théories exclusives sur ce point ne peuvent résister à l'autorité des observations particulières. La part du père et de la mère est sans doute variable, mais elle est également certaine : la proportion seule diffère et n'a pu encore être déterminée par aucun observateur.

Voici les règles que Ton pourrait établir à cet égard (1) :

a l'* Dans Tordre régulier de transmission séminale , toutes les maladies exclusives au sexe mâle seront généralement propagées par les pères aux seuls produits mâles ; toutes les maladies exclusives au sexe femelle seront généralement propagées par les mères aux seuls produits femelles.

)> 2** Toutes les maladies commîmes aux deux sexes, mais qui, de leur nature, prédominent dans le sexe mâle ou dans le sexe femelle, seront généralement, dans le premier cas, plus fréquemment transmissibles aux mâles, et, dans le second, plus fréquemment transmissibles aux femelles.

» S* Les maladies communes et d'une fréquence égale entre les deux sexes seront également et indistinctement transmises aux produits des deux sexes, à moins peut-être que les pères ne transmettent de préférence aux mâles celles qui

(1) p. Lucas, Traité de l'hérédité dans les élats de santé et de maladie, Paris, 1847.

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proviennent natîvement des pères, et les mères aux femelles celles qui proviennent natîvement des mères. »

Si telles sont les règles, il faut savoir qu'elles soufirent des exceptions et qu'on ne doit les considérer que comme im ordre régulier de transport séminal n'ayant rien d'absolu dans leurs effets.

Ainsi, la première règle offre deux exceptions : 1** le transport anormal des caractères sexuels oa hermaphrodisme^ et, 2** Y hérédité en retour^ ou atavisme^ lorsqu'un des parents sert de conducteur latent aux maladies d'un sexe qui n'est pas le sien : exemple, l'hypospadias passant de l'aïeul au petit-fils par la iSUe.

Dans les deux autres règles, il y a aussi des exceptions terminées par les mœurs, l'éducation, les habitudes, le temps, les lieux, les climats, etc. , qui peuvent changer le mode de transmission séminale d'affections communes au père et à la mère. L'aliénation, la phthisie, plus fréquentes dans un pays chez la femme que chez l'homme, sont ailleurs, au contraire, plus communes chez l'homme (1). Enfin, à côté de ces exceptions, dans la production régulière des maladies par le transport séminal, existent celles dont on ne peut jamais découvrir la cause, et qui sont le résultat des perturbations de l'adultère.

(1) p. Lucas, t. n, p. 844.

5S U HAISSiRGE.

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