‹ Hygiène de la première enfanceChapitre 142 sur 171 · DE LA MORTALITÉ D* APRÈS LE SEXE DES ENFANTS · texte numérisé non relu

DE LA MORTALITÉ D* APRÈS LE SEXE DES ENFANTS

On sait depuis longtemps déjà que la mortalité est plus grande chez les garçons que chez les filles, sans qu'on ait pu en préciser bien complètement la cause. C'est là une loi de notre espèce en rapport avec cette finalité qui nous mène fatalement vers une destinée inconnue comme des instruments passifs humblement soumis à une volonté supériem-e. Et, de même qu'il naît plus de garçons que de filles (22 garçons sur 21 filles en France ; 25 sur 24 à Paris; 19 sur 18 à Londres) , il meurt aussi dans la première année une proportion plus grande de garçons, moindi^e cependant que ne l'exigerait la proportion excédante de naissances masculines, si l'augmentation de mortalité chez les garçons était uniquement la conséquence de leur plus gi'and nombre.

Pour pai-ler en chiffres, sur 1000 naissances masculines, il y a au bout d'une année 828 survivances, c'est-à^ire 172 décès, tandis que 1000 naissances féminines donnent à la fin du même temps 868 survivances, c'est-à-dire 142 décès (1).

(1) Berlillon, De la morîalUé dM howbww wrfi (Mm racole, 1860).

En d'autres termes, sur 100 enfants de chaque sexe et de 0 à 1 an d'âge, il succombe annuellement 20 garçons et 16 filles, soit le cinquième des garçons et seulement le sixième des filles. D'après M. Bertillon, cette loi est constante, nonseulement en France et pour chacun de ses départements en particulier, où elle se vérifie avec de faibles oscillations, mais encore dans tous les pays de l'Europe, en Suède, en Belgique, en Hollande, en Angleterre, en Priisse, en Bavière, en Piémont, dans le canton de Genève, partout enfin où les documents statistiques ont permis de l'étudier. Elle est la loi du présent comme elle a été jusqu'ici celle des temps passés. Sera-t-elle aussi la règle de l'avenir? cela est probable, à moins que la science, qui a déjà pu prolonger la durée de la vie moyenne, ne puisse en modifier les effets.

A une époque plus avancée de l'enfance, la différence de la mortalité entre les deux sexes est beaucoup moindre, bien qu'elle reste toujours un peu plus considérable chez les garçons. Ainsi, en sept ans et demi, du 15 mars 1854 au 15 septembre 1861, à l'hôpital Sainte-Eugénie, renfermant 210 lits de garçons et 212 lits de filles, 21 636 enfans de deux à treize ans ont été admis, savoir : 11 458 garçons et 10 088 filles. Sur ce nombre il y a eu 3492 décès, dont 1840 pour les garçons, c'est-à-dire à peu près le sixième ou

MORTALITÉ D'APRÈS LA RICHESSE. à^Z

16,96 pour 100, et 1652 fflles, également le sixième, ou 16,39 pour 100.

Admissiom et décès du 15 mars 1854 au 15 septembre 1861 (1).

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