DE LA MORTAUTÉ D* APRÈS LA TEMPÉRATURE EXTÉRIEURE
On sait, depuis les observations de Williams Edwards (1) sur les mammifères et sur les oiseaux, combien l'abaissement de la température est nuisible aux jeunes animaux à sang chaud qui viennent de naître, et combien est faible leur faculté productrice de chaleur lorsqu'on vient à les séparer de leur mère.
A leur tour, MM. Villermé et Milne Edwards (2) ont repris la question et ont, en 1829, fait connaître les rapports de la température extérieure avec la mortalité des enfants dans le premier âge de la vie. Rien n'a été changé jusqu'ici aux conclusions de ce travail, et les recherches ultérieures de M. le docteur Loir n'ont fait que les confirmer.
Au-dessus du 49* degré de latitude, c'est à-dire dans le nord de la France, la mortalité a été comme 1 est à 7,96 pour l'année 181 8, comme 1 est à 9,12 en 1819, tandis qu'au-dessous du 43* degré de
(1) Williams Edwards , De Vinfluence d$t agenU jA^lifl sur la vie, Parls^ 1824.
(2) Villermé et Milne Edwards^ De Vinfi^^ ture sur la morlalUé des en{(\ntt giène, Paris, 1829, t. II, p. 294).
latitude, en 1818 elle a été comme 1 est à 10,72, et comme 1 à 1 1 ,70 en 1819.
Dans ces mêmes années, c'est pour les mois de décembre, de jan\'ier et de février, que la mortalité a été la plus forte chez les enfants âgés de moins de trois mois, soit 1 décès sur 7,81, tandis qu'en mars et avril elle a été de 1 siu* 8,78, et pendant les mois de mai, juin et juillet, de 1 sur 9,75.
Ces chiffres se retrouvent à peu près les mêmes ou du moins avec la même signification pour toutes les années, et dans chaque département, ainsi qu'on peut le voir dans le tableau dressé par Villermé et M. H. Milne Edwards.
Il est évident, d'après ces chiffres, que l'abaissement de la température extérieure est la cause d'une augmentation considérable de la mortalité des nouveau-nés. En France, comme on vient de le voir; en Italie, d'après MM. les docteurs Trevîsan (1) et Zeviani (2) , en Allemagne (3), en Russie (4), etc. , les résultats de l'enquête ont été les mêmes, et c'est avec raison que M. Tealdo (dç
(1) Trevisan, SuUe caghni délia morlàlUa dei banibini (A%' nali d*Omodei, t. XXXV, p. 356).
(2) Zeviani, Délie numerosc morle dei hambini, 1774.
(3) Marc, Diclionn. des scienc.méd. Paris, 1812, U 111, p. 8, art. Baptême. Eu 1790, le prioce-évôque de Wurtebourg ordonna de baptiser à domicile pendant les mois de décendire, janvier et février, quand on le demanderait.
(4) Voyez Gouroff, Recherches sur les tnfanU Irottotff. Paris, 18/iO.