LIVRE PREMIER
DE l'éducation physique CHEZ LES ANCIENS.
Toutefois, avant d'exposer nos principes d'éducation à la moderne, je veux brièvement raconter ce qui se faisait chez les Grecs et au temps de Galien, afin de comparer à celles du présent les coutumes du passé. Voici ce que disait Oribase en parlant de Xéducation des enfants jusqvlà quatorze ans :
« Au commencement il faut nourrir Tenfant avec du lait seul ; mais, quand il a fait ses dents de devant, il faut l'habituer déjà en quelque sorte à supporter une nourriture plus consistante, comme, d'ailleurs, les femmes le font, guidées par Texpérience, en mâchant préalablement des aliments qu'elles mettent ensuite dans la bouche de l'enfant, et qui consistent d'abord en un peu de pain^ et, plus tard, en graines farineuses^ viande^ ou toute autre chose semblablci
ÉDUCATION PHYSIQUE CHEZ LES ANCIENS. àli
» On frotlera le corps des petits enfants avec de riiuile douce, ainsi que la plupart des nourrices le font bien à propos, en modelant et en figurant immédiatement leurs diverses parties. Mais, pour l'enfant dont il s'agit ici, et qui jouit d'une structure de corps irréprochable, la nourrice n'aura aucune peine à 'prendre pour donner une forme bien proportionnée aux membres; seulement elle doit les frotter modérément et les laver tous les jours, en choisissant, autant que possible, un moment où l'estomac ne contient point de lait mal digéré, car il y a danger de voir ce lait résorbé avant qu'il soit digéré; h bien plus forte raison si l'on frotte l'estomac luimême quand il est plein de lait, on remplira le corps de nourriture mal digérée et Ton produira de la plénitude à la tête : pour cette raison, il faut faire grande attention à ce que l'enfant ne prenne point d'aliment^ ni avant le bain ni avant les frictions. On arrivera à ce but si la nourrice s'en tient rigoureusement au temps qui suit un sommeil plus ou moins prolongé ; alors on trouvera surtout, ou que l'estomac est complètement vide, ou qu'il contient des aliments déjà digérés ; or, cette époque tombe tantôt sur telle heure du jour ou de la nuit, et tantôt sur telle autre. Mais, quand les enfants sont déjà plus grands et qu'ils peuvent obéir aux coups, aux menaces, aux répri-
mail des et aux admonestations, il existe deux moments opportuns pour les frictions et pour le bain ; le premier est le meilleur, c'est lorsqu'ils s'éveillent le matin, et qu'après avoir joué ils demandent à manger; car c'est alors surtout qu'il faut les attaquer et donner à leur corps des habitudes à la fois de santé et de bonne apparence, et à leur âme des habitudes de docilité et de sagesse, en disant qu'on ne leur donnera pas d'aliments s'ils ne se prêtent de bonne grâce aux frictions auxquelles on veut les soumettre et au bain qu'on doit leur administrer. C'est donc là le meilleur temps; mais, si quelque occupation détourne celui qui s'est chargé de l'éducation, on donnera à l'enfant une quantité modérée de pain, on lui permettra de jouer autant qu'il veut, ensuite on le frictionnera et on le baignera de nouveau s'il veut bien le supporter. Mais il ne faut jamais permettre aux enfants de boire avant le bain et après le repas ; car, de cette manière, les aliments contenus dans l'estomac se distribueraient d'une manière trop soudaine dans le corps.
» Plus tard, à l'époque où les enfants peuvent déjà fréquenter l'école, il n'est plus nécessaire de recourir continuellement au bain; il suffit atoni, après leur avoir appris à lutter, de les exercer hmh dérément avant le repas. Mais les ezerckee esoet» sifs ne sont pas du tout bon MHS i cÉTf