ÉDUCATION PHYSIQUE CHEZ LES MODERNES
si l'on avait su lui donner un corps robuste et vigoureux. Sans vouloir prétendre qu'un être bien portant l'emporte nécessairement par les qualités de l'esprit sur l'homme valétudinaire ce qui ne serait qu'une utopie, il est incontestable que l'affaiblissement du corps entraîne inévitablement celui de l'intelligence. Mens sana in corpore sano.
Il faut qu'on le sache bien, tout l'avenir de l'individu et de la société repose sur l'hygiène de la première enfance. Sans la santé, pas de bonheur pour l'homme, pas de richesse pour la famille, pas de prospérité pour la race, et si l'on néglige le temps où Ton peut encore agir sur le jeune être pour lui donner une force qu'il n'a pas, il sera trop tard lorsque les années en auront fait un homme. A notre époque, on cultive beaucoup trop Fesprit aux dépens du corps, on se hâte trop d'exciter le cerveau au préjudice des membres, et dans la précipitation où l'on est de vivre et de jouir, les familles poussent leurs enfants à une maturité précoce, en oubliant que les fruits hâtifs sont sans saveur, que ce qui vient trop vite n'a pas de force et que certains organes prématurément mis en action se fatîguentetse désorgaïiisentrapidemeiit. Oji gémit aur le nombre des lymphatiques, des scrofuleux, des phthisîques et tlt^s ali^'M^és qui augmente, de Jour en jour, mais W '^? n'ont k
/i78 L'ÉDUCATION PHYSIQUK DE LA SECONDE ENFANCE.
s'en prendre qu'à elles-mêmes, et à notre système d'éducation, des chagrins qu'entraînent ces différentes maladies dans leur intérieur. Tant qu'on mettra les enfants en serre chaude, sans leur faire prendre beaucoup d'exercice et en surexcitant leur esprit par des spectacles et des idées au-dessus de leur âge, nous verrons les mêmes effets se produire, et ils deviendront de jour en jour plus affligeants pour l'humanité.
Dans mon opinion, et pour diminuer autant que possible la disposition au lymphatisme, à la scrofule et à la phthisie qui s'observe si communément sous des formes différentes chez les enfants, il faut consacrer exclusivement les premières années de la vie au perfectionnement de la constitution physique, et même lorsque l'âge des études est arrivé, il faut encore, sans faire d'exagération, que ce côté matériel de l'éducation tienne une place importante dans la vie des individus. Il y a ici comme en toutes choses une question de proportion et de doses, car il ne s'agit pas de tràlisformer l'homme en athlète lourd et imbécile, éi une masse de chair dépourvue d'esprit (1) etgàîr^ nie de vices, ce que l'on produit aisément pi^ l'exagération des exercices corporels, il s'agît t»a- ^
lement de lutter cor" * .malaria î&KÉi oii
(1) Voy. Galien, OEu \,
DÉTAILS Tiï L'ÉDlXAT[OH PHYSEtiUK, 479
influence (.lébiliiaiile des villes, contre les effets de la claustration prolongée, de Texcitation pré-niaturée du cerveau par les fêtes ou par le travail, de la fatigue d'estomac par une nourriture peu appropriée, ti*op forte ou insuffisante, et conti-e un travail intellectuel exagéré, commencé trop tôt ou durant beaucoup trop longtemps.
A tpielles doses et dans quelles proportions le médecin doit-ii conseiller la promenade, Texercice, la gymnastjr|ue, Teau froide et ralimentation tonique nécessaires à ce qu'on pourrait appeler Xendnrcissement. Voilà ce qu'il faut à présent déterminer.