CHAPITRE PREMIER
LA JOURNÉE DE l'eNFANT.
Dès qu'un enfant peut marcher avec assez d'assurance pour courir et pour jouer avec les autres enfants de son âge, ce qui arrive à l'âge de quatre ans, il faut le laisser presque constamment dehors et du matin au soir lui permettre de courir à sa volonté. Il faut à son réveil le laver par une ablution froide, le frotter de laine en faisant un massage général, l'habiller, le faire manger et l'envoyer courir au grand air. Libre de ses mouvements et de ses jeux, seul ou réuni à ses camarades, il devra s'exercer à la course, à la balle, à la corde, au cerceau, à l'escalade, et à tous les jeux de l'enfance, qui sont la meilleure des gymnastiques.
Le déjeuner doit se composer d'une petite quantité de viandes, de légumes féculents ou herbacés, d'eau rougie et d'un peu de dessert.
L'intervalle du déjeuner au dîner doit être rempli par les mêmes jeux, les mêmes exercices, par les manœuvres du gymnase luç j'exposerai plus loin, et par un goûter aver -■■™^' — ^ )es trois ou quatre heures. .
JOURNtE DE L'ET^FAKT. Ù81
Au diner, un potage, du poisson, de la viande rûtie ou bouillie, du ragoût, des légumes herbacés ou féculents, des fruits, du dessert^ doivent constituer le dernier repas.
A huit ou neuf heures, on fera coucher les enfants, de façon à leur accorder assez de sommeil pour réparer leurs forces sans inconvénient*
Tout d'ahoFd il ne doit y avoir aucune place pour la culture de Tesprit autrement que par les enseignements empiriques de la mère, de la gouvernante ou de ceux qui gardent les enfants, enseignements bornés à Tacquisition des noms vulgaires et usuels journellement employés, mais à partir de Tàge de quatre ou cinq ans, l'étude de Talphabet et du syllabaire peut être commencée sans inconvénient. On peut consacrer une heure par jour h ce travail, soit par la méthode individuelle ancienne, soit par le système mutuel de.4 snlleH d* asile de France, ou des jardins d'enfants institués dans quelques villes d'Allemagne par Frœbel (1). Plus tard on augmentera les heures de travail, mais c'est alors qu'il sera nécessaire de les régler de façon à faire la part de Tesprit et celle du corps dont la croissance et le développement exigent des soins tout particuliers. Si l'on se Jwrnaità un travail colhïctif, entremêlé d'heures
(!) Frœber, VÉdûûaiio\^ ■ ^ truiluît Je rnJtcmanih
Bruxelles, 18GS, in-fï.
d'exercice corporel, le mal ne serait pas grand, mais en dehors des classes où se commencent et se perfectionnent les études, il y a des devoirs particuliers à faire qui excèdent de beaucoup ce qui serait convenable et qui prennent sur le temps à donner aux récréations.
Cela étant dit comme exposé général, je vais maintenant indiquer d'une façon plus particulière les règles que les mères doivent observer dans l'éducation de leurs enfants, et je parlerai du 50/;?meil et des vêtements de nuit, des soins du corps ou les bains et l'hydrothérapie, du vêtement^ de \' exercice, de la gymnastique et enfin du rér/ime,