DÉCLARATION DE NAISSANCE
la mortalité des enfants dans la saison froide et dans le nord dé la France, que les décès dans la première année de la vie sont proportionnellement plus nombreux dans les régions septentrionales de la France, et, partout dans l'hiver, que dans les départements du Sud et dans les mois d'été. C'est là un point acquis à la science, sur lequel tout le monde est d'accord (1) .
En présence d'un pareil fait, sur lequel je me propose de revenir plus loin en parlant de la mortalité des jeunes enfants, je défends la sortie des nouveau-nés avant la chute du cordon, et souvent même avant le dixième jour révolu dans l'hiver ou dans les temps froids. On ne peut sans danger enfreindre cette règle.
Comment faire cependant? Ne faut-il pas présenter les enfants à la mairie pour la déclaration de la naissance et à l'église pour recevoir le baptême. Cela est vrai. La loi est formelle dans un cas, et c'est la foi qui oblige dans l'autre. Pour le moment, nous n'avons qu'à obéir; mais je protesterai contre une pratique essentiellement mauvaise, contraire aux préceptes de l'hygiène et préjudiciable aux intérêts de l'humanité.
Bien des fois déjà des réclamations se sont fait entendre, et dans quelques localités, à Paris
(1) Voyez le chapitre dernier, Des lois de la mortalité des e^fànii.
même, dans quelques arrondissements, Tofiicier ' de l'état civil a dispensé de la présentation à la mairie le nouveau-né trop faible , ou arrivé au moment où la température est très-froide. Quelques évêques ont fait administrer le baptême à domicile ; mais toutes ces mesurés sont exceptionnelles et s'inspirent du privilège de la haute naissance, de la fortune, de l'amitié, en un mot de la faveur. En pareille matière, le privilège est particulièrement blâmable et ne se justifie point. Pourquoi, s'il y a danger de mort à sortir un nouveau-né quand il fait très-froid, obliger les ans à une présentation à la mairie qui entraîne presque partout la présentation à l'église, quand on en dispense les autres? Une semblable raison exclut toute faveur, et pour l'autorité, la vie des enfants riches ne mérite pas plus de sollicitude que la vie des enfants pauvres. — Il faut donc aviser, modifier la loi, si cela est nécessaire, ou la changer en pratique, comme on a fait pour la loi impraticable de la constatation des décès si Ton s'en tient à la lettre du Code civil.
Ici, la loi oblige le maire à constater les décès; mais sans avoir été rapportée on ne l'exécute point, et Tofficier de l'état civil délègue ses pouvoirs à un médecin, seul capable de distinguer la vie de la mort (1) .
(^^ lUi dêi iignes de la mort et des moyens