‹ Hygiène de la première enfanceChapitre 4 sur 171 · HYGIENE · texte numérisé non relu

HYGIENE

Nous voyons chaque jour des hommes, fort habiles dans Tart d'élever des animaux domestiques, qui peuvent à volonté, pour ainsi dire, en améliorer la race et surtout la constitution, dans le but d'obtenir de ces animaux des produits aussi nombreux que variés, et des services qu'ils seraient incapables de remplir sans une préparation spéciale. On dispose ceux-ci pour le trait et la course, ceux-là pour la chasse et les combats, d'autres pour le travail, le lait et la chair qu'ils fournissent; les hommes même, poussés par la spéculation, se dressent au pugilat, se font coureurs à volonté : et tous ces résultats si variés, si divers, s'obtiennent par une modification lente et profonde de l'organisme sous l'influence du régime^ de Y exercice ^ du lieu d! habitation .^ et

de toutes les circonstances qu'une hygiène bien entendue sait toujours mettre à profit.

Une fois produites, ces modifications se transmettent par hérédité k des 'générsiiions nouvelles, et elles sont le point de départ de races ou de variétés plus ou moins curieuses.

En présence de ces faits, bien susceptibles de démontrer toute Tinfluence exercée par Téducation ou par Thygiène sur l'homme et sur les animaux, on se demande s'il est possible que l'espèce humaine soit assez peu soucieuse de sa conservation pour ne point mettre en usage à son égard les moyens qu'elle emploie pour la conservation et Tamélioration des races animales. On est étonné de ne pas voir l'art d'élever les enfants cultivé d'une manière toute spéciale, de même qu'on s'occupe de l'art d'élever les animaux domestiques. On est surpris enfin de voir combien Thygiène de l'enfant est peu connue , et combien les préceptes relatifs à son éducation sont négligés par les médecins qui, chaque jour cependant, sont consultés par de jeunes mères sur la manière de diriger les habitudes d'un nouveau-né.

L'éducation physique des enfants est donc un sujet d'étude bien intéressant pour le médecin. 11 ne faut pas s'illusionner. Dans le choix réciproque de la personne des époux réside l'avenir des générations, sous le double rapport de la vigueur phy-

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES. â

sîque et morale. C'est au berceau qu'il faut prendre l'homme pour en faire un citoyen robuste et vigoureux, et pour modifier sa constitution, si, par hasard, elle est viciée dans son origine. C'est dans Tenfance, enfin, que l'observation sévère des lois de rhygiène est nécessaire, soit pour conserver la santé, soit pour la réaliser, lorsqu'une maladie vient à en interrompre le cours. La connaissance de ces lois est d'autant plus importante qu'on a souvent à combattre dans le monde pour détruire de vieilles erreurs sur la manière d'élever les enfants. Comment, dès lors, le faire avec succès, si l'on ne possède pas une connaissance approfondie du sujet.

La médecine des enfants repose presque tout entière sur leur hygiène, et moins on leur donne de médicaments, mieux on réussit à les guérir. Il suflBt souvent de régler un régime pour faire disparaître quelques accidents morbides que l'on voudrait en vain combattre par F usage des moyens thérapeutiques. Ainsi, plus d'une fois, en réglant d'une manière convenable les heures de l'allaitement chez les enfants, j'ai fait cesser les vomissements, la diarrhée verte, qui résultaient d'une alimentation trop abondante, et provenaient de ce qu'on lem- donnait trop souvent à teter. C'est par suite d'un mauvais régime que la nutrition de quelques enfants est tellement altérée, que leurs

poumons deviennent tubetxuleux^ ou que leurs os se ramollissent en produisant le rachitisme. Dans beaucoup de circonstances, des influences analogues agissent de même pour la production d'autres maladies , telles que la scrofule , le carreau , la chlorose, etc. (1).

La connaissance des préceptes relatifs au mariage pour le choix d'époux exempts de difformités ou de maladies héréditaires, ainsi que la recherche des lois de l'éducation physique des enfants, sont donc indispensables au médecin qui veut apprendre à guérir les maladies du premier âge. C'est l'introduction nécessaire à la pathologie de l'enfance, et aucun médecin ne peut se dispenser de ces études. Dans ce travail, divisé en six parties, je parlerai :

1° Des lois de la procréation dans leurs rapports avec la constitution physique et morale de l'enfance , c'est-à-dire de Y hérédité naturelle et morbide.

T Des soins à prendre par les femmes pendant la grossesse:

3° Des soins à donner aux enfan.ts après là naissance.

4° De l'allaitement.

(1) E. Bouchut, Traité pratiqua des maladies des nouveai^nés^ des enfants à la mamelle et de la seconde enfance^ 4^ édition. Paris, 1862, p. 951, 970 et suiv.

ô** Du lait en général.

6° Du lait de femme.

T Des nourrices.

8** De Tallaitement artificiel au petit pot et au biberon.

Q» De l'allaitement par un animal.

10** Du sevrage.

11* De la dentition.

12* Des habitudes, de Texercice, du sommeil et du coucher.

13« Des vêtements.

Me De la toilette, des soins du corps et des bains.

1 5** De l'allaitement par une nom-rice malade.

16"* Du changement de nourrice.

\T De quelques maladies du nouveau- né et des enfants à la mamelle.

18** De l'influence des maladies de l'enfant sur la santé des nourrices.

19° Des lois de la mortalité des enfants.

20° De l'éducation physique de la seconde enfance.

Page 1