‹ Hygiène de la première enfanceChapitre 65 sur 171 · I. Modifications du lait par les substances · texte numérisé non relu

I. Modifications du lait par les substances

21ft L'ALLAITEMENT.

médicamenteuses ou autres. — Le principe amer de Y absinthe, les principes odorants de Yail^ du thym^ le principe purgatif de la gratiole^ passent dans le lait, VEuphorbia paralias ou Épurge de mer donne au lait des chèvres qui s'en nourrissent des propriétés muqueuses et toxiques graves. Et ce lait, mis dans le creux de la main pour y être étendu avec le doigt, offre des striés jaunâtres qui permet de reconnaître son altération. Le docteur Mackay (1 ) a rapporté l'histoire de plusieurs empoisonnements observés à Malte, à bord du Mariborough et de Y Agamennon, qui n'avaient pas d'autre origine. Les malades eurent des nausées, des vomissements bilieux, de la diarrhée pendant dix heures, et après tout cela une faiblesse extrême.

Le Pimpinella anisum, donné aux nourrices, dit Cullen, produit un effet sensible sur leurs nourrissons et remédie aux coliques dont ils sont affectés.

Certaines matières colorantes, telles que celles de la garance^ passent dans le lait et colorent en rouge les os de l'enfant. Une autre parait s'y développer chez quelques ruminants : je veux parler de la matière bleue, analogue à l'indigo par ses qualités physiques et chimiques, qui recouvre parfois le lait des vaches ou des brebis dont la

(1) Mackay, Gazelte hébdùmadaire, 1863, p. 263.

MODinCATlOMS DQ LAIT PAR LES MÉDICAMENTS. 215

constitatioû'se trouve favorable, et qui sont soumises à l'usage du sainfoin.

a Dans la séance du A juin 1860, et dans celle du SI de la même année, dit M. Flourens (1) , je présentai à T Académie des fœtus dont les os avaient été colorés par Faction de la garance^ mêlée à la nourriture de la mère. Je lui présente aujourd'hui un fait qui démontre d'une manière complète la ^ prolongation de l'influence de la mère sur le nouvel être : ce sont des squelettes d'animaux nouveaunés dont les os ont été colorés par la simple lactation de mères à la nourriture desquelles de la garance a été mêlée.

> Dans le cas des os de fœtus colorés pendant la gestation, c'était évidemment le sang de la mère qui avait porté dans le fœtus le principe colorant de la garance. Je ne doutai pas que ce que faisait le sang, le lait ne pût le faire.

> Je fis mettre aussitôt en expérience de jeunes porcs qui venaient de naître ; ils furent soigneusement séparés de la mère tant que dura l'expérience, et n'y étaient réunis que pendant les moments nécessaires à la lactation. La mère fut en même temps soumise à une nourriture mêlée de garance. Au bout de quinze à vingt jours, tous les os des jeunes porcs se trouvèrent rouges.

(1) Flourcas , Comptes rendus de V Académie des sciences t 13 janvier 1802.

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» (lO résultat était pnédeux, mais dans les coni\{\om où je l'aTais obcenn, il pouvait laisser quoique prise au doute. Lorsque la coche arrivait au milieu de ses petits, elle avait le museau tout barhMMHllé de sa nourriture, et les petits léchaient ceite nourri lure à qui mieux mieux.

Y II fallait |K>ur ces expériences des animaux dont on fut ^ûr qu'ils ne mangent point et qu ils ^f homent à teter pendant les premiers temps de h hrtntifm.

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