‹ Hygiène de la première enfanceChapitre 66 sur 171 · MODIFICATIONS DU UIT PAR LES MÉDICAMENTS · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS DU UIT PAR LES MÉDICAMENTS

Au bout de onze jours, j'ai examiné les petits : tout ce qui était déjà osseux dans leur squelette était rouge.

» J'ai fait soumettre au même régime, mêlé de garance, une femelle de lapin qui venait également de mettre bas : au bout de neuf jours, tout ce qu'il y avait d'osseux dans le squelette du jeune lapin était rouge.

)) Déplus, j'ai scrupuleusement examiné la bouche, l'œsophage, l'estomac, les intestins de tous ces animaux, rats et lapins, et je n'ai trouvé nulle part aucune trace de garance.

» Le fait est donc certain : la lactatioii agit comme la gestation ; le lait a le même pouvoir que le sang de porter au fœtus le principe colorant de la garance, de rougir ses os. En d'autres termes, la inère influe sur le petit par la lactation comme elle influait sur lui par la gestation; et sous ce point de vue, la lactation n'est qu'une prolongation de la gestation : prolongation précieuse de l'influence de la nourrice sur le petit, phénomène physiologique du plus haut ordre, et ressource thérapeutique dont la médecine savante de nos jours ne manquera sûrement pas de tirer parti. »

Mais ce qui nous importe surtout, c'est de savoir que les substances médicamenteuses passent dans le lait, et peuvent ainsi parvenir de la mère à l'enfant.

On a retrouvé dans le lait de femme le fer donné à la nourrice, le sulfate de quinine^ le chlorate de jt?(?^«55e, médicaments faciles à retrouver au moyen des réactifs, etc.

Pour découvrir la présence du chlorate de potasse, on teint le lait en bleu clair avec du sulfate d'indigo, et en y faisant tomber quelques gouttes d'acide chlorhydrique, la coloration bleue disparaît ; l'acide a enlevé à l'acide chlorique son oxygène, et dégagé du chlore qui anéantit la couleur bleue de l'indigo.

Le sulfate de quinine s'y révèle à l'aide de l'iodure de potassium ioduré, et l'on remarque en outre que le lait a perdu une partie de sa saveur sucrée. On traite 60 grammes de lait par de l'alcool à 40 degrés pour enlever les matières grasses du caséum, et, dans le résidu filtré, on ajoute l'iodure de potassium ioduré qui forme un léger prédpité jaunâtre (1).

V opium donné à la nourrice peut apaiser l'enfant ou lui donner de la constipation. Ainsi, une de mes clientes, qui nourrissait son enfant, Ma-^ dame B. .. , se trouva atteinte de névralgie tempoi^ale très^iguë. D'après mon conseil, elle prit des pilules de morphine, et à partir de cet instant son fils âgé de quatre mois eut un échauffement très-

(1) Ce réactif n'est pas spécial au sulfate de quiniae et sert également pour tous les autres alcaloïdes végétaux.

MObl^GÂtlONâ t)t lAit HK L*ÉTAT MORAL. 2ld

difficile à vaincre qui ne cesda que longtemps

Viode de riodoforme n'y a été rencontré que dans l'urine des petits nourrissons, par M. Maitre. Voici l'expérience : une chienne de moyenne taille, allaitant deux petits, a été soumise à l'action de riodoforme, deux fois par jour, pendant une semaine. Chaque jour elle prenait matin et soif 10 centigrammes d'iodoforme dissous dans 10 grammes d'huile d'amandes douces. L'animal n'a éprouvé aucun trouble fonctionnel. Une heure après l'ingestion du médicament, l'iode a été retrouvé dans les urines et dans le kit de la mère, et quatre heiu'es après, dans Yurine des petits qu'elle nourrissait.

Sur des ânesses, M. Peligot a reconnu dans leur Ifidt de Yiodure de potassium au bout de six jours d'administration ; il y a retrouvé le sel marin, etc.

II. Altérations du lait par les affections mo-^ raies. — On trouve relatés partout des faits ten-dant à démontrer la funeste influence qu'exercent sur la quantité et les qualités du lait la frayeur, la colère, les attaques nerveuses, mais on ignore complètement la nature, le genre d'altérations que subit cette sécrétion en pareilles circonstances ; altérations parfois assez profondes pour amener la mort immédiate du nourrisson, comme on en cite plusieurs exemples.

Il en est des glandes mammaires comme de la glande lacrymale et de quelques autres organes glanduleux placés à la surface du corps : leur fonction sécrétante se rattache intimement à l'énergie de la vie morale, et elle subit très-facilement l'influence des passions (1).

Quand la mère éprouve de violentes impressions morales, l'enfant qu elle noumt est agité, mal à son aise, et il est quelquefois pris de convulsions. On prévient ce fâcheux accident en laissant, perdre le lait renfermé dans la mamelle au moment de la perturbation morale, et en ne permettant à l'enfant de teter que si le calme est complètement rétabli chez la mère.

Ainsi Petit-Radel rapporte qu'un enfant fut promptement saisi de convulsions pour avoir teté sa nourrice, après que cette malheureuse femme avait été maltraitée et fouettée pour une faute trèslégère. Boerhaave assure qu'un enfant fut tourmenté de mouvements convulsifs après avoir teté le lait d'une femme qui était ivre. Parmentier et Dey eux rapportent également que, chez une femme en proie à des attaques de nerfs, le lait devenait en moins de deux heures presque transparent et, de plus, visqueux comme du blanc d'œuf, et ne reprenait ses qualités naturelles qu'après la cessa-

(1) Voyez plus haut le chapitre De Vin/luence des émotions morales sur la structure de V enfant.

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