DES RAPPORTS SEXUELS CHEZ LES NOURRICES
Quand on a une nourrice sur lieu, il faut tâcher de la surveiller d'assez près pour quelle ne puisse pas faire de mauvaises connaissances, si elle est fille, et pour la tenir aussi éloignée de son mari que possible, si elle est mariée.
Cette observation me conduit à parler de l'espèce de privante dans laquelle il faut tenir les nourrices, cojuliiite généralement adoptée par tous
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les médecins jusqu'au xvi* siècle. A cette époque, une opinion contraire s'est produite , et Martianus (1) entreprit de démontrer que le coït ne favorisait pas moins la qualité et la quantité du lait, qu'il égayait la nourrice, la maintenait en santé tandis que tous les effets contraires résultaient de la privation des plaisirs amoureux. Ce fut aussi la manière de voir de Ramazzini (2) .
Bien que je ne croie pas que l'union des sexes puisse altérer les qualités du lait, et aucune ana^ lyse n'a été faite, on doit l'interdire. La conception peut en être la conséquence, dans ce cas seulement, le lait diminue, s'altère, reprend les qualités du colostrum, et devient nuisible à l'enfant. Tou« tefois si les rapports sexuels doivent être interdits à une nourrice que Ton a dans son intérieur, en raison des embarras qu'une grossesse possible pourrait entraîner, je ne serai pas aussi affirmatif en ce qui concerne les rapports du mari et de la femme, lorsque celle-ci, dévouée à ses enfants, a pris la tâche de les nourrin Comme il n'est pas prouvé que les rapports sexuels altèrent le lait (voy. page 118), et qu'on ne les défend que par crainte d'une grossesse, qu'une nourrice merce-
(1) Dujardio, Histoire de la chirurgie, Paris, 1780, t. II, p. 642.
(2) Ramazzini, Traité âet maladies des artitans , par Pb. PatÎMien Paria, 1822, p. 18â.