‹ Hygiène de la première enfanceChapitre 17 sur 67 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DENTITION

Epoque de l'apparition des premières dents. —

Dans un relevé de 500 naissances observées par E. Magitot, la sortie des premières dents s'est effectuée :

à la nsiissance

fois ;

au 7^

mois

fois

au lei-

mois

au 8^

au 28

au 9®

au 38

au 10°

au 4e

au l]e

au 5®

au 12«

au 6«

à la 2°

année

Dans un travail publié à Moscou par le D'' Bensengre, l'époque d'apparition des premières dents se décompose ainsi qu'il suit sur 525 enfants :

2^ mois

1 fois

mois

année

Total

fois

'2 (rachitiques) ,

La moyenne d'éruption des premières dents , est donc du 6^ au 8^ mois. Trousseau, Duclos de Tours, sont arrivés à peu près aux mêmes résultats.

^ Bien que neuf fois sur dix, d'après Trousseau, les incisives médianes inférieures apparaissent tout d'abord,

il arrive pourtant que leur apparition est quelquefois précédée par celle des incisives médianes supérieures; mais dans ces cas exceptionnels, les incisives médianes inférieures suivent de près l'évolution des autres. Il est moins rare que celles-ci et celles-là se développent ensemble, les premières dents se montrant indifféremment à la mâchoire inférieure et à la mâchoire supérieure.

Le même auteur croit que le sexe influe sur Tépoque d'éruption de la première dent. Les filles (12 cas) ont sur les garçons (13 cas) une avance d'un mois.

Symptômes du premier travail dentaire. — Dans les premiers mois qui suivent la naissance, la sécrétion salivaire est très peu abondante. C'est ce qui explique la tendance si marquée chez les nouveau-nés et les enfants très jeunes à la sécheresse de la bouche, dans les moindres indispositions. A partir du quatrième ou cinquième mois, un changement notable se manifeste. La quantité sécrétée augmente beaucoup ; et l'enfant ne faisant point d'effort de déglutition comme l'adulte, la salive cherche une issue au dehors, et s'écoule par l'orifice buccal. Pour absorber cette salive, quand l'enfant bave beaucoup, on place communément au devant de son thorax, une pièce supplémentaire de linge, appelée bavette. Phénomène curieux, la grande déperdition de salive ainsi effectuée, n'entraîne pas de conséquences fâcheuses pour l'organisme infantile. L'abondance de la sécrétion salivaire semble à ce moment avoir une raison d'être. La salive séjourne plus longtemps dans les replis,, sillons et culs-de-sac des gencives, les baigne constamment, modifie par suite la consistance de la muqueuse buccale, et facilite le travail de résorption au

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dessus des extrémités dentaires. En somme ce travail d'accommodation préparatoire rappelle sous une autre forme les sécrétions leucorrhéiques des voies génitales, qui se montrent dans les derniers temps de la grossesse . Peut-être aussi n'a-t-il aucune utilité pratique, et résulte-t-il seulement d'une suractivité des glandes salivaires, éveillée par l'action réflexe du travail d'évolution des premières dents.

Dentition précoce et dentition tardive. — En moyenne, la première éruption dentaire est très tardive chez l'homme si on le compare aux animaux. A la naissance, les jeunes lapins ont toujours deux dents, et les autres apparaissent dans l'espace de dix jours. Chez les différents ruminants les dents ont commencé à paraître avant la naissance ou elles se montrent peu de jours après. Dans l'un et l'autre cas, la dentition est complète au bout du premier mois. Chez les chats et les chiens elle se fait dans les dix premières semaines de la vie.

La retard de l'espèce humaine sur les animaux paraît motivé par la différence de rôle qu'elle a à remplir dans la nature. Les animaux sont plus précoces au point de vue du développement organique (du sevrage, de la marche etc.), parce que, dans la première moitié de leur existence, les différences individuelles sont à peu près limitées à la taille, au volume et au poids. Chez l'homme, ces différences sont peu de chose, si on compare le développement du corps à celui des facultés intellectuelles. Voilà pourquoi la période d'allaitement, étant pour ainsi dire la continuation de la vie mtra-utérine, la nature a refusé pendant quelques mois aujiourrisson, l'usage des dents et des membres inférieurs, pour bien marquer qu'à la naissance, l'enfant

n'est qu'une œuvre à peine ébauchée, à laquelle le temps apportera toute la perfection désirable. L'absence de dents implique la nécessité absolue d'une nourriture liquide, le lait.

Il n'y a pas de règle sans exception. Dans l'espèce humaine le terme moyen de l'éruption dentaire est parfois devancé ou retardé.

Pline le jeune raconte que Marcus Curius, surnommé pour celaDentatus, avait toutes ses dents au moment de la naissance. Un des Papirius aurait eu le même privilège (Schenk). J. Franck rappelle les noms fournis par l'histoire, de Richard 111 roi d'Angleterre, de Louis XIV, de Mazarin, venus au monde avec plusieurs dents. Mirabeau passe pour avoir présenté le même phénomène. De pareils exemples ne sont pas extrêmement rares. A lui seul Haller en a recueilli 19. D'autres ont été rapportés par Jacobi, Dastol (de Mons), Tissier (de Remiremont), Thore, Sappey, Depaul, Giraldès, Tarnier et Gueniot, André Sanson, J. Besnier, Magitot, Mattei, Cordes, Dumas (de Cette) etc. On ne conçoit donc pas que Blot ait mis en doute l'existence de ces faits, alléguant qu'il n'en a point rencontré sur plus de 20000 naissances. E. Besnier et Gueniot exagèrent dans le sens contraire en regardant ces observations comme assez communes. De 1858 à 1868 sur 17 578 nouveau-nés à la maternité de Paris, 3 seulement sont venus au monde avec des dents.

Baudelocque a prouvé que l'éruption de quelques dents avant la naissance, n'est pas toujours la suite du développement extraordinaire de l'enfant, ou le présage d'une meilleure constitution. C'est à juste raison, car il existe des faits de précocité, observés chez des enfants

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débiles ou affectés de diathèse syphilitique, scrofuleuse etc.

L'éruption trop précoce des dents est quelquefois une cause d'ulcération de la langue et oblige à la suite de coryza, de coqueluche, d'en pratiquer l'extraction.

L'éruption tardive des premières dents de 18 mois à 2 ans, peut coïncider avec un état général satisfaisant, mais plus souvent elle est la conséquence d'un affaiblissement général ou d'un état morbide comme l'entérite chronique, l'hydrocéphalie et surtout le rachitisme.

Influènce de certains laits sur l'éruption dentaire.

— La relation des faits suivants dus au de Darvieu démontre l'influence de certains laits sur la dentition. M'^'^X. a eu cinq enfants: i"" L'aîné Paul, né dans de mauvaises conditions, et un peu avant terme, d'une mère très affaiblie, fut confié à une nourrice mercenaire. Après quatorze mois d'allaitement, Paul n'avait pas de dents. X. eut un second enfant, et fit un échange avec la nourrice. Paul l'aîné, allaité par sa mère 17 jours, eut trois incisives ; rendu à sa nourrice pendant deux mois, il n'eut pas de nouvelle dent. Enfin repris par sa mère, il eut une molaire au bout de dix jours.

L'observation de ces phénomènes, engagea JVI"^® X. à nourrir dans la suite tous ses autres enfants. 2^ Jean le second, eut quatre dents à trois mois et demi, huit dents à six mois, dix-huit dents à onze mois. Sevré à quatorze mois, il eut les deux dernières molaires à seize mois. 3° André le troisième, a eu sept dents à 7 mois, seize dents à 10 mois; à 18 mois, la dentition était complète. 4° Marie, quatrième enfant, a eu les huit incisives à 7 mois, quatre molaires à neuf mois, les

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quatre canines à onze mois, et trois molaires à treize mois. La dernière molaire n'est venue qu'au vingt-troisième mois, un peu avant le sevrage. 5"^ Pierre a eu quatre incisives à sept mois, les quatre autres incisives à neuf mois, quatre molaires du onzième au treizième mois; il a eu à quinze mois deux canines, et à dix-huit mois les deux autres ; il n'était pas sevré au moment où son observation fut publiée.

Ordre et époque d'apparition des dents de lait. — Les dents de lait apparaissent par groupes séparés par des intervalles, d'après Trousseau et les auteurs qui ont reproduit ses conclusions.

Premier groupe. Du 6^ au 7® mois apparaissent à peu près simultanément les deux incisives médianes inférieures. Leur évolution s'accomplit dans un espace de temps compris entre un et dix jours. Puis vient une pause de trois à neuf semaines.

Second groupe. Du 9® au 10® mois, se montrent les quatre incisives supérieures qui se succèdent rapidement en quatre ou six semaines. D'abord les deux moyennes, ensuite les deux latérales. La deuxième pause est de six à douze semaines.

Troisième groupe. Du 12® au 13® mois sortent les quatre premières molaires et les deux incisives latérales inférieures dans l'ordre suivant, les molaires de la mâchoire supérieure, ensuite les incisives inférieures, en dernier lieu les molaires inférieures. Cette éruption demande un à deux mois pour s'effectuer. La pause suivante se prolonge jusqu'au 1 5® ou 16® mois.

Quatrième groupe.Entre les 15® et 16® mois, percent les canines qui peuvent mettre deux ou trois mois à sortir.

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Cinquième groupe. Du 20^ au 21® mois, apparaissent enfin les quatre secondes molaires qui achèvent la première dentition.

La statistique de Trousseau, basée sur un nombre trop restreint d'observations, devait forcément être entachée d'erreur ; ses moyennes devaient être un peu arbitraires. Magitot a repris ce travail, et d'après 500 observations, il a pu établir des moyennes plus exactes. Ses recherches montrent que la première dentition se fait non point en cinq groupes, mais en neuf groupes.

PLes incisives centrales infér. apparaissent vers le 7^ mois tombent vers 7 ans 2° — — — supér. — loe — 7

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