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AVORTEMENTS

MORT avant les couches

Transmission à la descendance de la phthisie des parents. — Sur 1000 phthisiques, Smith a trouvé des

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causes morbides chez 730, dans leurs ascendants. Les parents étaient simplement valétudinaires pour 180; ils étaient presque constamment malades pour 340; ils avaient succombé à la phthisie pour 210.

Leudet, sur 108 familles entachées d'hérédité tuberculeuse, a constaté cette hérédité directe : de la mère aux enfants dans 57 familles,

du père aux enfants — 21 —

du père et de la mère aux enfants — 4 — de la grand'mère aux petits-enfants — 4 — du grand-père aux petits-enfants — i — de la tante aux neveux et nièces — 14 — de l'oncle aux neveux et nièces — 7 —

Gialussi admet l'hérédité dans i o 0/0 des cas ; Louis dans 1 1 0/0; Rilliet et Barthez dans 14, 3 0/0; Lebert dans 16,660/0; Piorry, Pidoux, Ancell, Walsh dans 25 0/0; Briquet, Cotton, Hérard et Cornil, et Bokendahler dans 33,33 0/0; Hill dans 50 0/0; Portai dans 66,66 0/0; Rufz dans 83,30 0/0.

Les expériences de Landouzy et Martin ont démontré la réalité de cette hérédité, mise en doute par les nouvelles doctrines concernant la tuberculose. Faisant table rase des traditions anciennes, l'école moderne, dans ces dernières années, a considéré la tuberculose comme essentiellement et uniquement infectieuse. Elle a nié la transmission par hérédité de cette diathèse. Si cette affection sévit avec tant d'intensité sur la, descendance des tuberculeux, c'est, dit-on, parce qu'elle se compose de sujets non point tuberculeux, mais éminemment tuberculisables. Les données expérimentales conduisent à des conclusions contraires.

Elles prouvent l'existence, dans l'organisme fœtal, pendant la vie intra-utérine, de la diathèse à l'état latent, même sans aucune localisation organique appréciable à la vue ou aux analyses chimiques et microscopiques. C'est, si l'on veut, l'hérédité d'un germe qui se développera plus tard, et dans des conditions déterminées. Mais ce germe n'en est pas moins la diathèse à l'état rudimentaire.

En inoculant à des cobayes, soit des morceaux de fœtus, chez lesquels on ne trouvait aucune lésion tuberculeuse, mais issus d'une mère tuberculeuse, soit des débris de placenta provenant d'une phthisique, soit du sperme recueilli sur un cobaye tuberculeux, Landouzy et Martin ont obtenu des résultats positifs. Toutes ces substances ont tuberculisé les sujets sur lesquels elles avaient été transplantées; elles ont amené leur mort par tuberculose. On comprend dans ces conditions, la mortalité considérable des enfants de tuberculeux.

Bourgeois nous fournit de tristes renseignements sur l'avenir de cette descendance. Sur 96 enfants nés à terme et vivants, de femmes atteintes de tuberculose au • premier degré ou prédisposées à cette diathèse, un tiers présentaient tous les signes d'une -bonne santé. Quelques-uns sont morts en bas âge de maladies accidentelles ou épidémiques indépendantes delà tuberculose; 60 ont été atteints de scrofule plus ou moins marquée , parmi lesquels, 22 ont été enlevés avant la septième année, par des maladies tuberculeuses ou des maladies diathésiques survenues pendant le cours d'une affection étrangère, accidentelle ou épidémique. Sur 69 enfants nés à terme et vivants, de tuberculeuses au

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second degré, un quart seulement, 19, ont présenté tous les signes d'une bonne constitution et d'une bonne santé. Quelques-uns sont morts en bas âge d'affections indépendantes de la tuberculose. Les 50 autres, d'une constitution plus délicate, d'un tempérament lymphatique exagéré, furent atteints de scrofule à divers degrés ; 2 1 de cette catégorie ont succombé à la tuberculose spontanée ou secondaire.

Lebert a résumé ses recherches, en affirmant que les enfànts nés de phthisiques, sont le plus ordinairement faibles; souvent ils deviennent scrofuleux d'abord, et tuberculeux ensuite.

Syphilis. — Origine de la syphilis héréditaire. A en croire Cullerier, Notta, Charrier, Langlebert, Œv/re, etc., la transmission héréditaire de la syphilis ne peut se faire que par la mère ; Mayr ( de Vienne ) croit par contre à l'influence exclusive' du père. Ces doctrines sont dangereuses dans leur application pratique. Il est bien prouvé que l'un et l'autre des conjoints possède, isolé, le pouvoir infectant.

Le nombre des adversaires systématiques de l'hérédité paternelle a toujours été petit, et les arguments les plus récents (Roth, Lewin, Sturgis, Flindt, R. Cory, et Wolf ) tombent devant ce fait bien établi que des femmes, n'ayant jamais présenté aucun signe de vérole, peuvent engendrer des enfants syphilitiques. Ainsi dans la maternité de Dresde, on compte 109 enfants syphilitiques provenant de 108 mères parfaitement saines, à Munich 5 3 , et à Berlin 1 5 . Taylor cite l'exemple d'une femme qui adonné le jour à 8 enfants syphilitiques, et qui n'a jamais présenté de symptôme spécifique. Hyde, Hutchinson, Fournier, Dyday, etc. publient des exem-

pies analogues (Kassowitz). Fait beaucoup plus grave, Martinez y Sanchez et Trousseau ont chacun rapporté des observations de transmission héréditaire de la syphilis, par de jeunes médecins se croyant guéris depuis longtemps de cette diathèse.

Syphilis du père. — La syphilis du père est pour sa famille une source de dangers perpétuels.

i"* Pour sa femme d'abord. L'infection syphilitique se produit directement, dans les rapports ordinaires de la vie conjugale, par le contact des accidents primitifs ou secondaires. Ce mode de contamination n'est malheureusement pas le seul. En dehors de toute manifestation apparente de la diathèse chez le mari, la femme peut être infectée, après la fécondation, par l'intermédiaire de l'ovule. Les syphiligraphes et les accoucheurs s'accordent à admettre ce point de doctrine.

On a expliqué l'immunité maternelle, quand le produit de la conception est cependant atteint de syphiHs héréditaire, par une hypothèse que rien encore ne justifie. Il y aurait chez la mère, dit Biaise, existence d'une syphilis imperceptible, reliée à la pénétration à travers le placenta d'une faible quantité du microbe parasitaire.

En somme, pour la femme enceinte n'ayant pas pris directement la vérole de son mari, trois cas peuvent se présenter : a. L'enfant naît sain, la mère restant saine (faits de Cullerier, Notta, Charrier, Mireur, Langlebert etc.); b. L'enfant naît syphilitique, la mère restant saine en apparence (faits de P. Diday, Depaul, Trousseau, Brebant, Mayr, Bœrensprung, Langston etc.); c. L'enfant naît syphilitique, après avoir infecté sa mère (faits de Hutchinson, Trousseau, P. Diday, Caspary, Maigrot, Beyran, etc.).

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2^ Pour sa descendance. Elle est exposée à une multitude d'accidents pendant la vie intra-utérine et après la naissance. Beaucoup de grossesses sont interrompues avant terme, par des fausses couches répétées. Dans les grossesses régulières en apparence, la proportion des morts-nés est considérable.

Dans une série de 200 observations toutes personnelles, relatives à des maris en état de syphilis latente, et ayant eu l'heureuse chance de ne pas contaminer leurs femmes, Fournier a rencontré 403 grossesses, sur lesquelles 288 enfants ont survécu et 1 1 5 enfants sont morts. Tous les décès, en moyenne 2 5 0/0, à quelques rares exceptions près, sont survenus, soit dans le cours de la grossesse, soit pendant le travail, soit dans les premières semaines de la vie.

Dans les premiers mois de l'existence, et même plus tard, l'enfant procréé par un syphilitique est facilement atteint de la syphilis héréditaire ou de ses dérivés, scrofule, méningite, convulsions, hydrocéphalie, débilité physique et intellectuelle, malformations diverses etc. (Fournier). La gravité des accidents est en rapport avec l'ancienneté de l'affection et le défaut plus ou moins complet de traitement.

Conditions que doit remplir un syphilitique pour pouvoir se marier. — Pour se marier, sans danger pour sa famille et sa descendance, le syphilitique doit, d'après Fournier, réunir les conditions suivantes: Absence de manifestations actuelles de toute période. 2« Vérole déjà traitée dès l'origine, et remontant au moins à trois ou quatre ans. f Laps de temps de 18 mois ou deux ans, écoulé depuis les dernières manifestations spécifiques. 4' Caractères bénins de ces

manifestations : les syphilis malignes, les localisations sur le cerveau, l'œil, les centres nerveux, sont presque incompatibles avec le mariage. 5° Traitement spécifique suffisant depuis trois ou quatre ans.

Syphilis de la mère ou des deux époux. — La proportion des cas de syphilis chez les femmes enceintes, va toujours en augmentant dans les maternités.

A la maternité de Dresde, du i^"* octobre 1872 au i^'' janvier 1878, la syphilis a été constatée par Mewis, chez 167 femmes sur 5 541 accouchées, soit 3 0/0. Sur un total de 572 femmes infectées qui se sont présentées à Fournier dans la pratique civile, 81 avaient contracté la syphilis avec leurs maris, dans les premiers temps du mariage.

La syphilis de la mère ou des deux parents est une cause de mortalité effi-oyable pour les enfants. La syphilis prédispose à l'avortement et à l'accouchement prématuré, et son influence néfaste se prolonge souvent sur plusieurs grossesses et se traduit par des avortements multiples. On a vu des femmes syphilitiques mariées à des sujets sains, avorter jusqu'à onze fois de suite (Fournier, Grefberg).

Les conséquences graves de la syphilis pour le produit de la conception, sont en raison inverse de l'ancienneté de l'infection de la mère. 44 femmes de la clientèle de Fournier, dévenues enceintes alors qu'elles étaient affectées d'une syphilis toute récente, ont eu 43 enfants morts : un seul a survécu. En tenant compte des avortements, des accouchements prématurés, des morts-nés et des enfants morts à courte échéance, les femmes infectées parleurs maris, donnent pour leurs enfants une mortalité générale de 71 0/0 (Fournier).

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Ribemont-Dessaignes cite une femme infectée par son mari, qui eut 19 grossesses successives terminées par 19 morts. En réunissant les documents publiés par Trousseau, Depaul, Ricord, Henri Roger, Parrot, Jacquemier, Diday, Marjolin, Lancereaux, Lannelongue etc., Fournier trouve que, sur ^c)i grossesses observées dans les familles syphilitiques, il y a eu 109 enfants vivants et 382 enfants morts, soit une mortalité de 77 0/0.

Le tableau suivant est des plus instructifs :

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