‹ Hygiene de la voix parlée ou chantéeChapitre 10 sur 107 · L'expiration doit avoir une certaine iwiewstfé · texte numérisé non relu

L'expiration doit avoir une certaine iwiewstfé

pour que la voix puisse se l'aire entendre à une tlislancc voulue. Tous les bons professeurs de chant s'accoi'dent à dire qu'il ne faut pas faire les exercices en fredonnant, mais à pleine voix.

7. On est disposé à forcer la voix lorsqu'on sent qu'elle ne porte pas assez loin, ou que les auditeurs se plaignent de sa faiblesse, ou que des fruits accessoires ou l'orchestre l'étouffcnt, etc. Alors, par une fausse intelligence des forces naturelles, on se met à crier. Orvoilà où réside l'erreur : laforcedusonestproduitcparl'intensité de l'ébranlement déterminé par l'expiration et par l'amplitude consécutive des vibrations des cordes vocales. L'intensité de l'expiration dépend entièrement de la volonté, tandis qu'il n'en est pas ainsi des vibrations. Or les gens dont la voix est faible, au lieu de concentrer toute leur attention sur les moyens propres à augmenter la puissance de l'expiration et par conséquent la force de l'ébranlement initial, ne sont préoccupés que des cordes vocales ; ils opèrent des conti-actions dans le larynx, étranglent la gorge et se mettent à crier ou du moins à pousser des sons d'une force disproportionnée.

Cette exagération de Vinlcnsilé amène toutes les conséquences de la fatigue précédemment décrites (p. 16), et qui envahissent peu à peu toutes les parties des organes qui produisent la voix. Des

POUMONS, SOUFFLERIE, INTENSITÉ. 2i

congestions passagères d'aboi'd, permanentes plus tard, se manifestent dans les muqueuses ; les fibres musculaires perdent leur contractibilité et ne sont plus capables de remplir leurs fonctions dans les conditions normales. Alors les artistes ne peuvent pas filer un son, ni chanter àmezza-voce ; ils cherchent leurs succès dans des oppositions brusques du fortissimo au pianissimo ; leur voix cassée ne se fait entendre que par éclats étourdissants ou avec le souffle du moribond ; elle a perdu la force de la virilité et le charme de la douceur et finit par se perdre complètement. On dirait que l'art se venge des injures faites au bon goût.

On évitera le rire à gorge déployée, les vociférations, les hurlements, etc., ou, si c'est avec l'un ou l'autre de ces moyens expressifs, il faut les simuler avec le moindre effort possible.

8. De même que l'exagération, la faiblesse de Vintensité peut faire tort à la voix, parl'absencede l'exercice des muscles des organes pharyngo-laryngés. «Rien n'est plus nuisible et ne retarde le progrès dit Lablache (méthode, p. 89), comme l'habitude de chanter dans les dents ou de s'exercer en fredonnant. » Le son ne serajamais plein, la voix ne sera pas assise, la parole est privée d'autorité, l'intonation et le timbre sont hésitants. Cependant, on le voit, ces conséquences sont moins fâ-

cheuses que celles que nous venons d'énumérer et qui forment le cortège de l'abus de la force.

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