Nous avons déjà dit que l'exagération dans
PHARYNX. — TlMBiîb;. 61
l'intensité de la respiration ou de l'intonation brise la voix et que l'on n'y est amené que par des fausses idées sur la puissance de la voix. L'exagération du timbre, c'est-à-dire l'emploi exclusif de tel ou tel timbre avec la voix forcée, détruit également la voix ou la prive, pour le moins, de ses qualités les plus précieuses.
Ainsi, l'emploi du timbre sombré, quand même on se met à crier, rend la voix sourde, confuse et inintelligible à une certaine distance. Aussi arrive-t-il souvent que les prédicateurs, les avocats, les tragédiens, qui emploient un timbre conforme au caractère grave, sérieux, triste du sujet et forcent la voix, deviennent inintelligibles aux auditeurs un peu éloignés ; d'autre part, le son devient criard, déchirant, avec le timbre clair dans la voix forcée.
Des congestions passagères d'abord, permanentes et chroniques plus lard, se manifestent dans les muqueuses de l'arrière-gorge et y déterminent soit une pharyngite chrotiique (voy. chap. II, Refroidissement), soit une angine ou pharyngite granuleuse.
Dans la forme la plus simple et la plus fréquente de cette dernière affection, on voit, sur les parois postérieures du pharynx , un nombre sensible de petites saillies plus ou moins proéminentes, paies ou jaunâtres, isolées ou conlluentes, trans-
parentes ou opaques, fonnant des îlots puncliibi-mcs, leudculaii'es, elliptiques, arborescents ou ramifiés dans une région circonscrite du pharynx ou dans plusieurs points, ou sur toute la surface postérieure. Ce sont des glandules tuméfiées.
Ce que l'on éprouve tout d'abord dans les cas les plus légers, c'est une sensation de sécheresse ou de picotement, de chatouillement, de cuisson dans le gosier ; la voix est altérée, surtout dans son timbre, et devient, par la plus légère fatigue, voilée ou rauque, moins puissante : et cependant il n'existe pas la moindre trace d'une affection du larynx ; c'est le pharynx seul qui est malade. Plus lard, survient la sensation d'embarras; on fait des efforts continuels pour expectorer un crachat qui n'existe pas, mais que l'on amène finalement par l'irritation de la muqueuse. Ces crachats sont visqueux, transparents, épais, grisâtres, rarement mêlés de sang. La toux est rare. On devient trèssensible aux variations atmosphériques.
Dans les cas plus graves , ks symptômes sont plus accentués : les sensations de sécheresse , de cuisson, de picotement, de contractions, deviennent plus vives , parce qu'il existe en même temps une pharyngitechronique;lavoixdure,érailléc,rau(iue,
s'éteint par moments; il peut exister en même temps une petite toux sèche , fréquente, pénible. Ainsi, la laliguc du pharynx amène une aile-
l>IIAnVN\ - TIMBIU:. 63
iMlioii ossciilicllp (lu timbro, donl habitiifllornoiil on cherche à lorl le siège dans le larynx. Celte fatigue rend ensuite également pénible l'émission même de la voix , parce C{ue les muscles du pharynx sont irrités el que leur contraction est pénible ou même douloureuse.
On a voulu expliquer la fréquence de celle affection, chez les chanteurs sari ont, par l'impression exercée par l'air froid pendant les inspirations fréquentes. Cette explication n'est pas exacte. L'air n'est pas froid, lorsqu'on l'inspire , mais seulement lorsqu'on l'aspire, c'est-à-dire lorsqu'on inspire avec effort. Or, dans ce cas, le mode respiratoire est mauvais et-la fatigue qui en résuUe explique d'une manière bien plus précise l'engorgement des glandnles que l'influence hypothétique de l'air froid.
4. L'irritation du pharynx se propage souvent aux piliers postérieurs et à la luette, ou elle gagne les amygdales, ou le tube d'Euslache (fig. 40, r), ou elle peut même atteindre le larynx.
• Les symptômes qui surviennent alors sont les mêmes que l'on constate dans l'inflammation chronique de ces parties et dont nous nous occuperons plus tard (voy. Refroidissemenl). L'irritation, lorsqu'elle envahit le tube d'Eustache, peut déterminer un affaiblissement de l'ouïe.