‹ Hygiene de la voix parlée ou chantéeChapitre 17 sur 107 · MANUEL W. L'II YC.IK.M'; DE \A VOIX · texte numérisé non relu

MANUEL W. L'II YC.IK.M'; DE \A VOIX

que par siiilc de la grande variabilité de l'orme, de jnollesse, d'élasticité, d'humidité, etc., des paro's organiques de ces résonnateurs, leur nombre peut être facilement porté à un chiffre beaucoup plus considérable.

Lorsque, dans l'émission, la voix est analogue à celle qu'exige, la production normale des voyelles a, e, i, on dit que le timbre est clair et la voix blanche : lorsqu'elle est au contraire analogue à celle qui prédomine dans la production des voyelles 0 et u, on appelle la voix et le timbre sombres.

Le timbre sombré convient de préférence aux pensées graves ; il donne au son moins d'éclat, mais plus -de rondeur. Le timbre clair communique l'éclat et le brillant; exagéré, il rend la voix criarde et glapissante.

De là les timbres dits métalliques, argentins, mordants, cristallins, sourds, stridents, etc. Le volume de laToix, qui dépend de la résonnance des cavités pharyngo-laryngées, ne doit pas être confondue avec l'intensité.

La constitution de l'individu, la construction particulière de ses muqueuses, l'abondance dos glandules, la configuration des parties osseuses , l'épaisseur et la contractilité des fibres musculaires, impriment toujours au timbre de chaque individu un cachet particulier qui le fait distinguer des autres individus. Par l'exercice, lorsqu'on possède une configuration à peu près analogue, on parvient à imiter la voix d'une aulre personne, mais seulement passagèrement, pendant quelques phrases; cependant on ne peut prolonger l'imitation sans se trahir par une inflexion de la voix, par

PHARYNX. — TlMlillli. 57 uu cluingeme.it brusque du timbre; au surplus, ces exercices fatiguent toujours plus ou mouis la voix.

En éludiaût la hauleur des sons propres des cavités pharyngées des voyelles, obtenues sans le concours de la glolLe, on voit qu'en prenant VOu pour son fondamental, VO représente la première octave, l'A la seconde, VE la troisième et 1'/ la c[uatrième.

Le moyeu le plus sùr de trouver la hauteur à laquelle la masse d'air bucco-pliaryngée est accordée dans les diverses positions de la bouche, lorsqu'elle est disposée a produire les difTérentes voyelles , c'est de faire vibrer des diapasons de différentes hauteurs devant la bouche ouverte. Le résultat que nous avons noté a été obtenu par les.recherches de Helmholtz et de Kœuig. Pour la prononciation des Allemands du Nord, Vou correspond au si ''■>, mais on comprend que la voix humaine puisse produire un nombre indéfini de variations dans la hauteur et les timbres des voyelles, ce qui est un des éléments de la diversité des dialectes.

La hauteur des sons pharyngés, en l'absence des vibi\alions de la glotte, ne peut donc varier; ce qui explique l'impossibilité de chanter avec la voix chuchotée, sur une et la même voyelle.

bb. Le courant d'air, qui engendre les voyelles en passant à travers la glotte dans la cavité pharyngo-buccal, peut rencontrer des obstacles qui la brisent et qui font naître alors des bruits distincts appelés consonne.^. Ces obstacles sont créés parles

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inouvemenls de la langue, des lèvres, du voile du palais ; de là le nom de consonnes labiales, linguales, etc.

b. Les sons propices des cavités Ihoraciques et des poumons s'entendent, en appliquant l'oreille sur la poitrine d'un individu qui lait des inspirations profondes. C'est le principe de l'auscultalion en médecine. Au moment de l'émission de la voix, on entend celle-ci retentir. Nous reviendrons sur cj sujet, en nous occupant de la pose de la voix.

c. Les sons propres des cavités nasales sont mis en évidence lorsque l'air ne peut pas s'écliap • per librement par la bouche et résonne exclusivement dans les fosses nasales; c'est ce qui donne les timbres nasal, nazillard, nazonnant, etc. Ils se produisent par l'abaissement du voile du palais, par le redressement de la langue, etc.

d. Lorsque la voix retentit avec force dans le gosier, on appelle le timbre guttural: on chante de la gorge.

Go timbi'e se produit par le resseri'cmeut du gosier, suilout dans les notes élevées, par Tengorgement des amygdales, par le retrait de la langue, etc.

l!. De la fatigue du phanjnx.

1. Los divi rsi s méthodes de chaut donneni la pi'élérence, daiis les vocalises, à l'exercice sur

l'IlARViNX. TIMUUE. SU

telle ou telle voyelle, accompagnée de telle ou telle consonne; ainsi les unes conseillent Vâ, les autres Vou, etc. Je pense qu'il est absolument impossible d'établir à ce sujet des règles générales. Le professeur ne doit pas prendre comme type applicable à tous ses élèves, telle disposition de la bouche, telle prononciation qui lui parait la plus favorable à l'émission de sa propre voix : il doit étudier la conformation particulière de la bouche et celle du pharynx de chacun de ses élèves, et, aidé pai' l'expérience, lui conseiller telle ou telle configuration, parce que, suivant cette conformation particulière, le pharynx d3 l'élève est un résonnateur plus favorable pour telle voyelle que pour une autre.

Cependant nous sommes loin de vouloir affirmer que le professeur, doit accepter et respecter les mauvaises comme les bonnes qualités du timbre de la voix de son élève. Il va sans dire qu'il doit corriger les prcm'ères, développer les dernières. Ce que nous avançons, c'est de contester seulement la règle élabiie pai' les uns ou les autres cl suivant laquelle lous les élèves doivent vocaliser sur une et la même voyelle, la seule qui serait favorable au développement de la voix. Je pense au contraire qu'une formule généi'ale peut être funeste, et que chacpie professeur doit ('tudiei' son élève, d(> même que le médecin vai'ie sun trai-

tement, suivant la constitution de son malade.

Dans les diverses méthodes de chant on trouve des renseignements fort dijférents sur les dispositions que l'on doit donner à la cavité buccale, suivent l'intonation et le timbre clair ou sombré. Cette diversité d'opinions prouve que les dispositions décrites sont tout à fait individuelles et uniquement exigées par la conformation du professeur, auteur de la méthode.

2. Le timbre clair, dans lequel prédominent les voyelles a, e, i, est plus favorable aux notes élevées que l'o et Vou.

Nous savons en effet que les voyelles a, e, i sont des sons propres du pharynx dont la hauteur est heaucoup plus considérable que celle des voyelles o et u.

Aussi, à mesure que la voix s'élève, la cavité buccale s'élargit dans le timbre clair, parce que cet élargissement est plus favorable à l'émission des voyelles a, e, i. Cependant les notes très-élevées, chantées sur ces voyelles, sont criardes et désagréables, tandis que chantées sur la voyelle ff, elles possèdent de la rondeur et du charme. Pour d'autres organisations, les voyelles o ou ou sont préférables.

Ces deux voyelles conviennent de préférence aussi à l'émission des notes graves.

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