INFIRMITÉS
mécanique. D'autres fois, on remplace une habitude par une autre moins gênante ; on peut aussi la rendre désagréable,' repoussante, par exemple en donnant aux buveurs un émétique dans leur boisson.
Mieux vaut ne pas prendre de mauvaises habitudes et surveiller sévèrement sous ce point de vue l'éducation vocale. Une habitude que de bonne heure il faut donner aux artistes, aux orateurs, etc., c'est de chanter et de parler en pu^ bhc.
YH. — Toute altération permanente compatible avec une bonne santé constitue une infirmité. Celles qui concernent la voix sont comme toutes les autres, soit organiques, c'est-à-dire résultant de vices de conformation et de l'imperfection des organes, soit fonctionnelles, c'est-à-dire résultant de l'irrégularité de la fonction.
Les unes et les autres sont congénitales, c'està-dire apportées en naissant, ou bien acquises, c'est-à-dire résultant d'une maladie, d'une opération chirurgicale, d'une mauvaise habitude, du défaut de concordance entre les mouvements et l'intelUgence.
Nous citerons, comme exemples des infirmités organiques congénitales, le bec-de-lièvre et l'absence de la cloison nasale ; la perte de dents, celle
d'une poliion du voile du palais, etc., sonl des infirmités organiques acquises. Des infimnilés Ibnrtionnellcs, avec conformation apparente normale de l'organe, causent des vices de prononciation, qu'ils tiennent à une mauvaise habitude, tels que le grasseyement, le blaiscment et le zézayement, ou bien au manque d'harmonie entre le mécanisme et la volonté qui le dirige, tels que le balbutiement, le bredouillement, le bégayement (Mennechet, Lectures à haute voix; Paris, 4855, p. 100 et suiv.).
Les infirmités qui ne se trouvent pas en rapport direct ou indirect avec les organes de la phonation n'exercent aucune influence sur la voix. Tels sont, par exemple, un grand nombre de vices de conformation des extrémités, la claudication, le pied-bot , etc. , ou les infirmités fonctionnelles de la vue, par exemple, la myopie, etc. Elles peuvent gêner ou entraver la carrière artistique, mais l'émission de la voix reste entière.
Il n'en est plus de même lorsque les organes intéressés dans la production de la voix sont euxmêmes le siège d'infirmités, soit organiques, soit fonctionnelles. Parmi ces dernières, les vices de prononciation dont nous avons déjà parlé occupent le premier rang; elles entravent l'exercice de la voix et le rendent fatiguant pour l'auditeur et l'exécutant. Il ne faut pas confondre avec ces